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COVID-19 | L’OMS se réunit virtuellement pour la 1ère fois

COVID-19 | L’OMS se réunit virtuellement pour la 1ère fois

Les 194 pays de l’OMS se réunissent lundi virtuellement pour la première fois de son histoire afin de débattre de la réponse internationale à la pandémie, avec les tensions sino-américaines et les discussions sur Taïwan et les vaccins comme sujets de friction.

De nombreux chefs d’État, de gouvernements et de ministres doivent prendre la parole à l’occasion de cette Assemblée mondiale de la santé, organe décisionnel de l’agence onusienne, qui s’ouvre à 12h00, et doit s’achever le lendemain à la mi-journée.    

Malgré l’escalade des tensions entre Washington et Pékin, les pays espèrent adopter par consensus une longue résolution portée par l’UE. Elle demande de lancer «au plus tôt […] un processus d’évaluation» pour examiner la riposte sanitaire internationale et les mesures prises par l’OMS face à la pandémie.    

Le texte appelle aussi l’OMS à «collaborer étroitement avec l’Organisation mondiale de la santé animale, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et les pays […] en vue d’identifier la source zoonotique du virus et de déterminer par quelle voie il s’est introduit dans la population humaine, […] notamment moyennant des missions scientifiques et des missions de collaboration sur le terrain».    

Il réclame également «l’accès universel, rapide et équitable de tous les produits […] nécessaires à la riposte contre la pandémie», et souligne le rôle d’une «vaccination à grande échelle contre la COVID-19, en tant que bien public mondial, pour prévenir, endiguer et éliminer la transmission afin de mettre un terme à la pandémie».    

«Un accord informel a été marqué pour adopter la résolution par consensus. Ce sera un résultat important parce que l’OMS sera le premier forum mondial à se retrouver de manière unanime sur un texte», a indiqué une source diplomatique européenne. Selon cette source, même les questions «difficiles» y sont abordées, y compris l’origine du virus et la réforme de l’OMS, réclamée à grands cris par les États-Unis.    

«Aucun sujet n’a été évité» dans la résolution, qu’il s’agisse notamment de «continuer à réformer l’OMS et notamment ses capacités qui se sont révélées insuffisantes pour prévenir une crise de cette ampleur», a assuré la même source européenne à l’AFP.    

«J’espère que nous pourrons nous joindre au consensus», a déclaré vendredi l’ambassadeur américain à l’ONU à Genève, Andrew Bremberg.    

Washington, qui accuse Pékin d’avoir dissimulé l’ampleur de l’épidémie, est engagé dans un bras de fer avec l’OMS, accusée par le président américain Donald Trump de s’être «plantée» dans la gestion de la pandémie en s’alignant sur la position chinoise. Il a dans la foulée suspendu la contribution américaine à l’OMS.    

Réforme institutionnelle, Taïwan, accès aux vaccins, envoi d’experts en Chine… Les sujets qui fâchent ne manquent pas, mais la question de l’origine du virus reste le point central de la guerre des mots sino-américaine. Les États-Unis réclament une enquête sur le sujet, tout comme l’Australie, et soupçonnent Pékin d’avoir caché un accident de laboratoire qui aurait été à l’origine de la pandémie.    

Washington accuse désormais la Chine de tenter de pirater la recherche américaine sur un vaccin, en pleine rivalité américano-européenne sur un futur vaccin. Et le président américain Donald Trump a menacé de «couper toute relation» avec Pékin.    

Parallèlement, le gouvernement américain estime que l’OMS a négligé une alerte précoce venue de Taïwan sur la gravité du coronavirus – ce que dément l’agence onusienne. Et les États-Unis, soutenus par certains pays, ont appelé l’OMS à «inviter Taïwan» à l’AMS, malgré l’opposition de la Chine.    

Or, après avoir bénéficié d’un statut d’observateur, Taïwan a été exclue de l’OMS en 2016, année de l’arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen. La présidente refuse de reconnaître le principe de l’unité de l’île et de la Chine continentale au sein d’un même pays.    

À Genève, l’OMS assure que c’est aux seuls États membres que revient la décision d’accepter ou pas Taïwan. Reste à savoir si un pays va appeler à un vote.    

S’il venait à y avoir un vote, cela «torpillerait» le fonctionnement même de l’assemblée en raison des problèmes logistiques qu’il poserait, a commenté une source diplomatique.

LR/AFP

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