Algérie-Maroc-Sahara | Quand Oualid Kébir assène une grande leçon d’Histoire à Abdelkader Bengrina

Oualid Kébir Algérie-Maroc-Sahara

Oualid Kébir

Oualid Kébir plaidant pour la réouverture des frontières entre le Maroc et l’Algérie

L’Histoire est l’Histoire, avec ses faits que nul ne peut plus changer. Ces faits se sont produits et nul ne peut changer ce qui s’est produit. Ceux qui essayent de travestir l’Histoire pour l’adapter à leurs agendas personnels, ne leurrent qu’eux-mêmes. Leur «Manip» est, tôt ou tard, vouée au «Flop». Cette leçon, le président du mouvement algérien «El Bina», Abdelkader Bengrina, ferait bien de la retenir. La cinglante leçon d’Histoire que vient de lui infliger un de ses compatriotes, en matière de relations maroco-algériennes, est un véritable exercice de «Mouharabat Al Oummiya» (lutte contre l’analphabétisme).

En effet, dans une lettre ouverte adressée au président du mouvement algérien «El Binae», Abdelkader Bengrina, en réaction à une publication sur le Traité d’amitié de bon voisinage et de coopération signé le 15 janvier 1969 à Ifrane entre le Maroc et l’Algérie, l’activiste algérien Oualid Kébir revient sur les relations maroco-algériennes qu’envenime le dossier du Sahara depuis près d’un demi-siècle et explique, avec honnêteté et courage, la responsabilité du régime algérien dans ce différend.

Oualid Kébir interpelle son compatriote Bengrina sur le fait que l’Algérie est censée être le premier pays à soutenir le Maroc dans le dossier du Sahara, que les Algériens considéraient comme marocain, selon plusieurs déclarations et engagements du Président Houari Boumedienne.

Pour O. Kébir, le soutien de l’Algérie à un mouvement séparatiste (le Polisario) contre un pays voisin (le Maroc) est un «acte maladroit» et un «grand péché», visant à porter atteinte aussi bien à l’Algérie elle-même et à son avenir, qu’à celui de la région maghrébine dans son ensemble.

Il ajoute, en s’adressant encore à Bengrina, que le Maroc n’a jamais ni représenté une menace pour la souveraineté de l’Algérie, ni attaqué ses territoires après la signature du traité d’Ifrane.

«Le régime de notre pays a, à contrario, abrité sur son territoire un groupe séparatiste, (…) soutenu le -Polisario- avec des armes et du matériel et l’a autorisé à mener des attaques contre le Maroc depuis le territoire algérien», a-t-il dénoncé.

Et Oualid Kébir de faire remarquer à Bengrina que c’est cela qui est une violation flagrante du Traité d’Ifrane, en particulier de ses quatrième et cinquième articles. De même que c’est un déni des concessions faites par le Maroc qui a reconnu les frontières en 1972.

Puis il le bombarde de questions: «Qui est l’agresseur, alors, Mr Bengrina ? N’est-ce pas le régime d’Algérie ? De quelle autodétermination parliez-vous ? Ne s’agit-il pas d’une contradiction entre votre approche islamique qui défend l’unité de la nation, d’une part ; et l’appel à la division d’un pays musulman voisin, d’autre part ? Vous ne vous rendez pas compte que tout le monde arabe et islamique, sauf l’Algérie, soutient le Maroc et son intégrité territoriale ? Vous croyez qu’ils ont tous tort, sauf nous, les Algériens??», lance-t-il.

Il poursuit, faisant part de son scepticisme: «le régime au pouvoir en Algérie ne se soucie ni du sort de ces populations des camps de Tindouf, ni de celui des peuples de la région qui se sont lassés de voir que leur espace maghrébin reste paralysé», ajoutant que, malheureusement, l’Algérie ne se soucie pas non plus de son avenir, ni son intégrité territoriale, expliquant que «le soutien à un mouvement séparatiste hors de ses frontières favorisera, d’un point de vue logique, l’émergence de mouvements séparatistes à l’intérieur du pays».

Puis il appelle Bengrina à tirer profit des leçons de l’Histoire pour bâtir l’avenir, lui faisant savoir que le Maroc n’est pas un ennemi ou un simple voisin, mais un pays frère.

Rafraichissant la mémoire de son compatriote et étayant son argumentaire de faits historiques concrets, le militant algérien Oualid Kébir a rappelé au président d’«El Binae», Abdelkader Bengrina, les différentes étapes historiques au cours desquelles le Maroc a soutenu la révolution algérienne. A commencer par l’épisode du Sultan Moulay Abderrahmane, qui a dénoncé l’intervention militaire française contre l’Algérie, quand d’autres pays de la région l’ont approuvée. D’où même une allégeance des habitants de Tlemcen au Sultan (dont la trace, informe-t-il, existe dans les archives de Fès). Ou encore, la décision de feu Sa Majesté le Roi Mohammed V de soutenir les Algériens pour récupérer leur indépendance, soulignant que: «le colonialisme français a tenté de courtiser le Roi du Maroc afin qu’il renonce à son soutien à la résistance algérienne, en échange de la relance des négociations sur les territoires marocains spoliés, mais feu Sa Majesté le Roi Mohammed V a rejeté avec véhémence cette offre et a continué de soutenir la révolution».

Il a ajouté qu’un accord avait été conclu entre le Maroc et le gouvernement intérimaire algérien pour reporter les discussions sur la question des frontières après l’indépendance de l’Algérie, mais le destin a voulu que SM le Roi Mohammed V décède un an avant l’indépendance de ce pays.

O. Kébir a aussi mis l’accent sur le traité de Lalla-Maghnia qui fixe la frontière entre le Maroc et l’Algérie française, dans une région s’étalant de Saïdia au nord à Tenïet-el-Sassi au Sud, précisant que les habitants des autres régions s’étendant vers le Sahara ont toujours entretenu des liens juridiques d’allégeance avec les Sultans du Maroc, et administratifs à travers les dahirs de nomination des Caïds, dont Idriss ben El Kouri qui dirigeait la région de Touat.

Il a aussi fait savoir que les habitants de Tindouf, dont le dernier chef était un pacha nommé par Dahir royal, avaient refusé en 1962 de participer à un référendum organisé par la France leur demandant de choisir entre «l’Algérie française» ou leur indépendance, revendiquant plutôt leur attachement à la nationalité marocaine.

Pour O. Kébir, le régime algérien n’a pas apprécié à sa juste valeur les concessions faites par le Maroc, en échange de la paix et du bon voisinage.

L’ancien président Boumediene, note-t-il, a commis un «péché» en rompant le pacte qu’il avait conclu avec feu SM le Roi Hassan II, lors de la signature du traité de délimitation des frontières en 1972.

En conclusion, le militant algérien a indiqué avoir rappelé ces étapes de l’Histoire pour montrer l’ampleur du «péché» que le régime algérien a commis envers le Maroc, qui a fait de grandes concessions et a agi avec sagesse, «mais nos dirigeants étaient arrogants et vivaient dans le déni de la réalité et des sacrifices consentis», déplore-t-il.

Nous ajouterons, pour notre part, que ceux d’aujourd’hui en font de même, s’entêtant à ne jamais cesser de faire du tort au Maroc, alors que leur aveuglement les empêche de voir que c’est à eux-mêmes qu’ils en font. 

KB (avec MAP)

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