
Le Maroc, qui assure la présidence du Groupe des Ambassadeurs Francophones (GAF) à Genève, a organisé, lundi au Palais des Nations, un événement parallèle consacré au thème: “Intelligence artificielle (IA) et désarmement : processus en cours et applications concrètes”, en marge des échanges informels des Nations Unies sur l’usage de l’IA dans le domaine militaire et ses implications pour la paix et la sécurité internationales.
S’inscrivant dans le cadre de la résolution A/RES/80/58, cette rencontre intervient à un moment où l’IA occupe une place croissante dans les discussions multilatérales relatives à la sécurité internationale, notamment en lien avec les systèmes d’armes autonomes et les dynamiques stratégiques émergentes.
Organisée conjointement avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), cette rencontre a connu la participation de représentants d’organisations internationales, de la France et des Forces Armées Royales (FAR).
Dans son allocution d’ouverture, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc à Genève et président du GAF, Omar Zniber, a souligné que “le sujet est devenu majeur”, insistant sur la nécessité d’intégrer la dimension éthique dans les réflexions relatives à l’usage de l’IA dans un contexte international marqué par des défis sécuritaires croissants.
La rencontre a été l’occasion de présenter des éléments de réflexion inhérents à la position du Maroc sur l’intégration de l’IA dans le domaine militaire, mettant en avant la nécessité d’en faire à la fois un outil de confiance mutuelle et un multiplicateur de capacités, au service de l’amélioration de la compréhension situationnelle, de la protection et du soutien des forces.
Cette approche repose sur une intégration structurée autour de trois dimensions complémentaires, organisationnelle, normative et capacitaire, garantissant à la fois la protection des données, le respect des chaînes de commandement, l’adaptation aux valeurs nationales, la maîtrise des cycles de vie des solutions d’IA et le maintien du rôle central de la décision humaine.
Le Maroc a également souligné l’importance de concilier innovation technologique, impératifs sécuritaires, valeurs humanistes et respect du droit international, tout en rappelant son engagement actif dans les débats internationaux sur ces questions.
De son côté, l’Observateur permanent de l’OIF auprès de l’ONU à Genève et Vienne, Henri Monceau, a mis en avant les enjeux liés à l’essor de l’IA, appelant à une gouvernance fondée sur la transparence et orientée vers la protection des droits fondamentaux.
Aussi, le représentant de l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR), Federico Mantellassi a souligné que l’IA peut soutenir les objectifs de désarmement à condition de garantir la transparence, la robustesse et la gouvernabilité des systèmes.
Il a insisté sur les défis liés à l’accès et à la fiabilité des données, ainsi que sur la nécessité d’une coopération étroite entre experts et décideurs.
Pour sa part, Mme Anne Lazar-Sury, Représentante permanente de la France auprès de la Conférence du désarmement, a mis en avant une approche fondée sur le respect du droit international humanitaire, le maintien d’un contrôle humain strict et la préservation de la chaîne de commandement, tout en soulignant l’apport de l’IA dans l’amélioration des capacités opérationnelles.
Le représentant du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a, quant à lui, relevé le caractère ambivalent de l’IA, à la fois outil de protection et facteur de risques, appelant à un encadrement strict, au maintien du contrôle humain et à la prévention des dérives liées aux biais algorithmiques et aux erreurs de ciblage.
Les échanges qui ont suivi ont permis de souligner la nécessité d’une approche équilibrée de l’intelligence artificielle dans le domaine du désarmement, fondée sur la responsabilité, la transparence et la coopération internationale.
LR/MAP
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