
Le Rapport annuel sur la géopolitique de l’Afrique (RAGA) du Policy Center for the New South (PCNS) a été présenté, mercredi à Rabat, en prélude à la 10e édition de la Conférence annuelle sur la paix et la sécurité en Afrique (APSACO), prévue les 11 et 12 juin dans la capitale du Royaume.
Publication phare du PCNS, le « RAGA » offre une analyse stratégique de l’environnement géopolitique africain et examine les mutations à long terme des rapports de force, des systèmes de conflit et de l’influence stratégique sur le continent.
Rédigée par des experts africains et internationaux, l’édition 2026 considère l’Afrique comme un espace où convergent rivalités mondiales, ambitions régionales et dynamiques conflictuelles locales.
Elle aborde notamment l’évolution de la guerre, l’importance stratégique des espaces et infrastructures critiques, ainsi que l’impact croissant des dimensions technologiques et informationnelles sur les environnements de sécurité contemporains.
Cette nouvelle édition, qui s’inscrit dans la continuité d’un effort visant à offrir à l’Afrique une tribune lui permettant de récupérer le pouvoir de son discours, précise que le RAGA est « un rapport africain par son origine, par ses auteurs et par sa pensée », a souligné, à cette occasion, le Senior Fellow au PCNS et directeur du rapport, Abdelhak Bassou.
Intervenant lors d’un panel intitulé « L’Afrique dans les recompositions mondiales : conflits, puissances et espaces stratégiques », M. Bassou a relevé que le RAGA 2026, qui compte 26 contributions issues de 16 pays africains, revient sur les évolutions de l’année précédente, tout en s’inscrivant dans un contexte plus large marqué par dix années de transformations depuis 2017, année du retour du Maroc à l’Union Africaine.
Le rapport, a-t-il poursuivi, met en lumière plusieurs tendances, dont la diversification des partenariats, la formation progressive de mécanismes de paix, le développement de capacités technologiques autonomes et l’émergence de nouvelles formes de mobilisation citoyenne.
Pour sa part, le directeur des affaires politiques et juridiques à la Présidence du Kenya, Marvin Tallam, a fait savoir que sa contribution au rapport traite d’un ensemble d’arguments, de constats et de conclusions relatifs aux priorités stratégiques africaines dans un environnement international en profonde mutation.
M. Tallam a souligné l’importance pour les pays africains de parler collectivement, estimant qu’une voix africaine commune permettra au continent de mieux peser dans les questions de paix et de sécurité.
Il a, dans ce sens, mis en avant l’impératif de favoriser le développement, la paix et la sécurité en tant que conditions essentielles pour toute dynamique de progrès durable en Afrique.
De son côté, Hachem Elmoummy, diplomate et chercheur en relations internationales, a noté que le « RAGA » a réussi, au fil des éditions, à s’imposer dans le débat d’idées africain, contribuant ainsi à façonner les tendances africaines, à travers des réflexions originales profondément ancrées dans les réalités africaines.
M. Elmoummy a expliqué que les approches dominantes ont longtemps réduit l’Afrique à des déficits de gouvernance, de sécurité ou de stabilité, en privilégiant une logique séquentielle consistant à stabiliser d’abord et à développer ensuite, alors que les expériences africaines ont montré que la paix, la sécurité et le développement ne sont pas des étapes successives, mais des éléments interdépendants.
Dans ce cadre, il a mis l’accent sur le nexus paix, sécurité et développement, en tant que l’une des contributions intellectuelles africaines les plus importantes, issue des principes du panafricanisme et de la renaissance africaine.
LR/MAP
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