Rentrée scolaire : L’avis de Abderrahmane Lahlou, expert en «éducation et Directeur du cabinet Abwab, Consultants.

«La Coordination est inexistante entre enseignants»

Rentrée scolaire : L’avis de Abderrahmane Lahlou, expert en «éducation et Directeur du cabinet Abwab, Consultants.

Dans cet entretien,  Abderrahmane Lahlou  nous donne son avis sur certaines mesures prises à l’occasion de la rentrée scolaire 2017.  

Pensez-vous que les mesures prises par le ministre de l’Education nationale, Mohamed Hassad, à l’occasion de la rentrée scolaire sont suffisantes pour rétablir la confiance dans l’école marocaine?

Plusieurs mesures ont été annoncées par le ministre. Parmi elles, l’instauration  de l’hymne national, désormais obligatoire dans les écoles. En soi, c’est une excellente chose, car cela renforce le sentiment d’appartenance à une même nation. Encore faut-il que le civisme s’en suive. Parmi les décisions prises par Mohamed Hassad, la rentrée précoce des enseignants et des élèves. Cette mesure vise, selon le ministre de l’Education nationale, à permettre aux enseignants de boucler leurs programmes scolaires dans les délais. S’il y a quelques avis «pour», notamment parce que cette mesure fera perdre moins de temps aux enseignants, avancent quelques partisans du moindre effort, les avis «contre» sont nombreux: délais trop courts pour boucler l’acte de présence de tous les enseignants… Mais l’une des principales tares du système éducatif dans les écoles, c’est là qu’elle se révèle: la coordination entre les enseignants est très faible, voire inexistante. Or, l’éducation moderne, c’est plutôt un travail de groupe des enseignants. Cela n’est possible qu’avec un directeur d’établissement compétent et bienveillant.

Cette année, il a été décidé d’introduire le français parlé dès le CP et la francisation précoce des matières scientifiques. Vous faites partie de ceux qui n’approuvent pas ces deux mesures. Pourquoi?

L’introduction du français dès le CP est certainement justifiée par le besoin d’assurer la continuité entre le préscolaire, que de plus en plus d’enfants font dans le privé et la seconde année du primaire dans laquelle est programmée le démarrage du français dans les écoles publiques. L’application de cette mesure ne manquera pas de rencontrer des problèmes liés, entre autres, à la non-disponibilité des enseignants aptes à enseigner correctement la langue de Molière. En outre, la francisation précoce des matières scientifiques appauvrira assurément l’enseignement de l’arabe.

Propos recueillis par Mohcine Lourhzal

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