Entretien avec Abdelkader El Alaoui, président de la Fédération nationale de la minoterie

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«On va continuer d’être présents sur le marché»

Malgré la guerre d’Ukraine et les inquiétudes autour de la disponibilité du sur les marchés internationaux, le président de la fédération nationale de la minoterie, se veut rassurant.

Celui-ci, qui soutient que le stock actuel permet cinq mois de consommation, affirme que les importateurs marocains continuent de s’approvisionner en .  Les détails dans cet entretien.

Le Maroc va-t-il connaitre une pénurie de blé si la crise russo-ukrainienne dure? Le Royaume devra-t-il avoir encore recours aux importations de blé ?

Il faut savoir que le Maroc n’a jamais mis ses œufs dans le même  panier. Puisqu’il a diversifié ses fournisseurs. On achète de la Pologne, de l’Allemagne et notamment de l’Amérique latine et on peut aller chercher le blé aux USA et s’il le faut en Australie aussi. On a importé suffisamment de blé pour nous avoir permis de nourrir toute la population. Et d’ailleurs, il nous en reste pour plusieurs mois encore. En effet, à fin février 2022, on avait pratiquement cinq mois de stocks. Ce qui nous met aujourd’hui beaucoup plus à l’aise. Nous n’avons aucune panique à bord. Et c’est très important que l’on ne soit pas dans une situation de détresse. A noter que, même avec un stock permettant cinq mois de consommation, on va continuer d’être présents sur le marché.  Une vingtaine d’opérateurs privés marocains, qui sont d’ailleurs rodés par rapport aux marchés internationaux, vont continuer d’importer. Ces opérateurs importateurs, dont 80% sont des , diversifient leurs achats et interviennent chacun de son côté. Ils font tout pour chercher plus d’approvisionnement ailleurs afin de pouvoir construire davantage de silos et de capacités de stockage.

Qu’en est-il de nos importations des marchés russe et ukrainien ?

Toutes nos importations qui viennent de la mer noire viennent d’Ukraine. On achète beaucoup plus de blé tendre du marché ukrainien que du marché russe. Nos importations de la sont insignifiantes. Cela représente seulement trois bateaux par an. La est un fournisseur important pour les autres graines oléagineuses, mais pas pour le blé. Le Maroc importe de l’Ukraine près de 20% de ses besoins en blé tendre, soit six millions de tonnes. Plus de 90%  ont déjà été importées à fin février 2022, soit pratiquement 550 millions tonnes de blé tendre en 2021. Il reste donc à importer seulement 50 milles tonnes. 

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Certains pays veulent limiter leurs exportations pour faire face à une pénurie. Si la guerre se poursuit encore dans les mois prochains, la situation pourrait être encore plus difficile. Cela préoccupe-t-il les opérateurs marocains ?

Non, pas du tout. Tous les marchés sont ouverts. Là où il y a disponibilité, il y a possibilité d’acheter. Il faut souligner qu’en Europe, particulièrement en , les stocks disponibles à l’exportation sont très importants. Dans ces pays, la saison des moissons débutera vers la mi-juillet. Du coup, ces pays, eux-mêmes, vont vouloir liquider leurs stocks et profiter de la flambée des pour vendre mieux. D’ailleurs, ils commencent déjà à chercher d’autres marchés.

Cette flambée à l’international des de blé va-t-elle impacter les à la consommation au Maroc?

Avant la guerre russo-ukrainienne, on achetait le blé tendre sur les marchés internationaux à 335-340 dollars. Actuellement, le coût d’importation est de 470-475 dollars. Le consommateur marocain ne ressentira pas cette hausse des prix. Puisque c’est l’Etat qui prendra en charge le montant de la restitution. C’est l’Etat qui va supporter la différence entre le coût d’importation et le prix de restitution aux minoteries industrielles. Il n’y aura donc aucune augmentation de nos produits de base des farines. Quel que soit le niveau des prix à l’international pour le blé, le consommateur marocain aura toujours son pain ordinaire à base de farine de blé tendre disponible au prix habituel, soit 1,20 Dh.

A noter enfin que la flambée des prix n’a pas touché uniquement le blé tendre, elle a touché le blé dur, l’orge et tous les composants de l’alimentation animale. Mais  là aussi c’est l’Etat qui va supporter la différence.

Propos recueillis par Naîma Cherii

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