jeudi 19 octobre 2017

Je hais la vie de couple

Ayoub, 36 ans, ingénieur, est marié depuis un an. Déçu par sa vie de couple, il nous raconte pourquoi.

«S’il y a aujourd’hui quelque chose que je hais profondément, eh bien, c’est ma maison. J’éprouve un sentiment de culpabilité doublé d’une certitude d’avoir commis la plus grosse erreur de ma vie en me mariant. Je n’arrive pas à comprendre ce qui m’a pris, moi qui n’étais pas si pressé que ça de me caser. Sans m’engager, j’avais une petite amie que je fréquentais depuis des années. Je lui avais formellement avoué mes intentions. Elle ne devait jamais songer à un mariage avec moi, parce que nous nous disputions trop souvent, même s’il existait une réelle tendresse entre nous. J’ai rencontré mon épouse pendant la période où ma copine et moi avions cessé de nous voir. Nous nous étions pour la énième fois querellés à cause de l’oubli de la date de son anniversaire. Elle me boudait et m’en voulait terriblement de n’avoir pas tenté de me faire pardonner. C’est vrai, je m’étais comporté comme un gougeât, je ne peux m’en féliciter. J’ai même fait pire et j’espère qu’un jour elle me le pardonnera. Je l’avais complètement délaissée, sans excuses, ni explications pour conquérir le cœur de cette jeune fille âgée de 12 ans de moins que moi. J’étais complètement sous le charme de Kenza qui était si douce, docile et pas très bavarde.

Cette fille ne voulait pas du tout de mon amour et encore moins lier son destin au mien. Je pense que j’avais été trop rapide lorsque je lui avais avoué mes sentiments et mon désir d’en faire ma deuxième moitié et ce, dès notre troisième rencontre. Elle ne semblait pas du tout emballée par ce que je lui proposais. Elle eut l’honnêteté de m’expliquer qu’elle ne me connaissait pas assez et qu’elle me trouvait trop vieux pour elle. Malgré plusieurs refus catégoriques de sa part, je n’en démordais pas en la courtisant de plus belle. Je m’y suis attelé jusqu’à ce qu’elle accepte de me fréquenter, puis qu’elle ne refuse plus ma demande en mariage. Il m’a fallu près d’un an pour conquérir son cœur et obtenir un oui. Je dus aussi m’armer de courage et de ténacité pour que ses parents m’acceptent comme futur gendre. Eux non plus n’étaient pas vraiment convaincus par ma demande. Ils avançaient que leur fille était trop jeune pour endosser les responsabilités d’un foyer. Aussi, elle venait tout juste de terminer ses études et avait été embauchée en tant que stagiaire dans une entreprise. Pour eux, c’était trop que d’avoir à gérer deux événements importants et de les mener à bien. Du côté de ma famille, tous étaient contents de ma décision. Pour eux, il était grand temps que je quitte le bercail parental pour fonder une famille. Finalement, tout fut réglé deux mois plus tard. Nous avons convolé en justes noces et avons aménagé chez nous. Les premiers mois, notre vie se déroulait formidablement bien. Nous avions l’immense chance d’avoir des parents adorables qui ne nous avaient pas abandonnés. Nous n’avions même pas à nous occuper des courses, puisque nous partagions la table tantôt de mes parents, tantôt des siens. Notre maison était tenue proprette et en ordre grâce à la précieuse aide de ma belle-mère. Au cinquième mois de notre vie commune, les choses allaient changer. Le père de ma femme qui se plaignait de violents maux de dos avait subi une opération chirurgicale. Son état, au lieu de s’améliorer, avait empiré. Ma belle-mère ne pouvait plus rien faire, sinon d’être à son chevet de jour comme de nuit. Mes parents eux aussi durent quitter le pays à la hâte pour voler au secours de ma grande sœur qui venait d’accoucher. C’est en cette période précisément que je me rendis compte que je n’allais jamais pouvoir m’adapter à la vie de couple. D’abord, parce qu’il était impossible que mon épouse s’occupe de moi et de notre maison. Elle ne savait rien faire, ni le ménage, ni la cuisine. Il faut dire aussi que moi non plus je n’ai jamais su ce qu’il fallait faire. Il était ainsi désolant de constater chaque jour l’état désastreux de notre maison. Elle s’était transformée en un véritable champ de bataille où seuls le désordre et la saleté régnaient. La cuisine était infranchissable, la salle de bain, une horreur. Mes vêtements et ceux de Kenza traînaient partout et jonchaient parfois le sol. Pour nous déplacer, il fallait sautiller des amoncellements épars. Nous prenions également tous nos repas à l’extérieur. Je souhaitais lui laisser le temps de prendre conscience de son devoir de maîtresse de maison. Mais elle semblait ne pas être dérangée par l’état de notre chez nous. Un week-end, je tentais pour la première fois d’exprimer mon mécontentement en retroussant mes manches. J’avais essayé de m’attaquer à la remise en ordre de la cuisine, mais ne sachant par où commencer, je me mis à râler. C’était une première qui me valut un claquement de porte. Kenza m’avait tout bonnement délaissé. Quelques heures plus tard, elle revint en compagnie de deux jeunes femmes. Sans m’adresser la parole, je l’entendais leur donner des instructions sur le travail qu’elles avaient à faire. Je compris au claquement de la porte qu’elle m’abandonnait une seconde fois. En quelques heures, toute la maison était rangée, propre. Les deux femmes s’en allèrent et moi je restai seul, bouillonnant de rage. Je n’avais pas digéré le fait que ma femme puisse prendre de décision de quelque ordre que ce soit sans me consulter. Lorsque Kenza revint, nous eûmes une longue explication. Elle m’avoua ne pas vouloir se prendre la tête plus longtemps et que dorénavant, nous devions partager toutes les tâches ménagères. Encore fois, elle me piqua dans mon orgueil avec «sa» décision, mais je me tus sachant que je pouvais lui rétorquer des insanités. Elle était jeune, je devais donc être patient. L’état de notre maison empira les semaines qui suivirent. C’en était trop, je pris la décision d’aller voir ses parents pour qu’ils viennent constater d’eux-mêmes ce que je supportais. Ils firent mine de comprendre ma démarche, se montrèrent vraiment confus, me promirent de parler à leur fille et même de nous aider. Le soir même à la maison, Kenza, qui n’avait pas du tout apprécié ma démarche, m’accusait d’avoir été trop loin et d’être le pire des égoïstes et des hypocrites. Et que le macho que je suis, avait sans aucun doute oublié qu’il n’avait jamais été stipulé dans notre contrat de mariage qu’elle se devait d’être ma femme de ménage.
Depuis, l’incompréhension règne entre nous. L’enchantement de la vie de couple s’était évaporé. Ma femme m’avait choqué par ses dires et probablement moi de même. Je ne cesse de me poser en permanence la question suivante: devrais-je continuer de supporter cette situation grotesque ou divorcer? Suis-je vraiment fait pour la vie de couple? Si on n’avait aucune envie de faire des efforts en moins d’une année de mariage, comment pourrait-on en faire plus tard? Je me sens déjà comme un oiseau en cage; combien de temps pourrais-je tenir?».

Mariem Bennani

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3 Commentaires

  1. Je comprends parfaitement ta situation. Les femmes de nos jours ne savent absolument rien faire, comme c’est le cas des hommes car tous les 2 chouchoutés par leur maman pendant leurs longues études. Mais le problème c’est qu’elles ne veulent pas apprendre et s’y mettre une fois responsables d’un foyer même avec toute l’aide de leur mari !!!

  2. L’homme procure le toit, les meubles, les provisions, paie les factures, range ses affaires, bricole, repasse ses chemises, passe l’aspirateur, aide à la vaisselle, sort les poubelles… et la femme ne veut ni apprendre à cuisiner ni ranger ses propres affaires qui trainent partout encore moins passer une serpillère une fois par semaine !!!
    Y a de quoi péter un câble et l’envoyer chez sa mère, non?

  3. L’homme ne procure pas plus que la femme.
    Réveillez vous nous sommes au 21ème siècle.
    La femme travaille, s’assume financièrement et dans un couplé c’est 50/50.
    Alors au boulot mon gars sinon reste chez tà mère

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