Sécheresse chronique, pénurie d’eau | La sécurité hydrique, un défi majeur

sécheresse

La sécurité hydrique constitue de nos jours un défi majeur pour tous les pays du monde. Le Maroc ne fait pas exception, puisqu’il est particulièrement concerné par les changements climatiques et la pénurie d’eau qui en découle.

La sécheresse à laquelle le Royaume est confronté est classée comme l’une des plus graves de son histoire, s’étendant quasiment sans interruption sur plus de six ans maintenant.

Quand l’eau se fait rare

Cette situation fait que le pays se retrouve aujourd’hui confronté à une baisse marquée des précipitations, accompagnée d’une réduction significative des niveaux d’eau au niveau de ses différents Barrages et Bassins hydrauliques.

Le ministre de l’Equipement et de l’Eau a récemment reconnu qu’au cours des six dernières années, les pluies sont tombées 67 % en dessous des moyennes enregistrées en temps normal et que les apports d’eau vers les différents Barrages ont diminué de 66 % en moyenne.

Nizar Baraka a, en outre, alerté sur le fait que la hausse des températures a intensifié l’évaporation de l’eau stockée, réduisant encore davantage les ressources en eau disponibles et constituant par conséquent, une vraie menace pour la sécurité hydrique du Royaume.  

La crise de l’eau à laquelle le Maroc est confronté, met aussi en lumière le lien entre l’eau et l’alimentation. En effet, les conditions météorologiques défavorables et les pénuries d’eau persistantes ont durement frappé le secteur agricole, vital pour l’économie nationale.

Dans sa dernière note de conjoncture du premier trimestre 2024 et les perspectives pour le deuxième trimestre de l’année en cours, le Haut-Commissariat au Plan (HCP), a indiqué que les activités agricoles ont connu une régression de près de 4% au T1 2024. Cette contreperformance est attribuable, comme expliqué par le HCP, aux conditions climatiques défavorables qui ont notamment entravé l’installation des cultures automnales et hivernales.

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Ainsi et d’après le Haut-Commissariat d’Ahmed Lahlimi, les superficies semées de céréales ont reculé de 42,5% par rapport à la moyenne quinquennale, se limitant principalement à certaines zones dans les Régions du Saïss, le Loukoss et le Gharb. Le HCP a précisé que ce qui a aggravé la situation des agriculteurs est que plusieurs Régions du Royaume ont enregistré des températures anormalement élevées au cours des derniers mois, surtout en janvier.

Les barrages à leur plus bas niveau

Les ravages causés par la sécheresse chronique qui sévit au Maroc ne se limitent pas au secteur agricole, puisque les barrages en prennent également un coup. C’est ainsi que les retenues des principaux barrages nationaux ont atteint, au 11 juin 2024, 5.018,12 millions mètres cubes, soit un taux de remplissage de 31,13%, en baisse de 0,05% par rapport à la même période de l’année écoulée (2023).

barrages

Les chiffres émanant du ministère de l’Equipement et de l’Eau par rapport à la situation journalière des principaux Barrages et Bassins Hydrauliques sont alarmants. Le Département que dirige Nizar Baraka a indiqué qu’au 11 juin 2024, les 8 principaux Bassins hydrauliques au niveau national affichaient des taux de remplissage respectifs de 23,38% (Moulouya), 49,40% (Sebou), 31,76% (Bouregreg-Chaouia), 5,94% (Oum Er-Rbia), 49,31% (Tensift), 13,21% (Souss Massa), 13,65% (Draa-Oued Noun) et 26,61% (Bassin hydraulique de Guir Ziz Gueriz dans la Province d’Errachidia).

Bien que les dernières précipitations aient permis de limiter les dégâts, la situation reste toujours extrêmement inquiétante.

A l’exception d’Oued El Makhazine qui affichait, au 11 juin 2024, un taux de remplissage de 92,3%, les autres principaux Barrages étaient quasi à sec, à l’instar du barrage Idriss Premier dont le taux de remplissage ne dépassait pas les 27,9%, mardi 11 juin 2024. Les taux de remplissage les plus bas ont été enregistrés aux niveaux des barrages Abdelmoumen (6,3%) et celui d’Imfout situé sur l’oued Oum Er-R’bia et dont le taux de remplissage au 11 juin 2024 était d’à peine 2,7%. 

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Loin de rester les bras croisés, le Maroc et conformément aux Orientations de SM le Roi Mohammed VI a adopté une réponse rapide et proactive pour une gestion globale de la crise liée à la sécheresse, mais aussi afin d’éviter les pénuries d’eau qui en découlent.

A cet égard, le Royaume a mis en œuvre une série de mesures visant à compenser le déficit hydrique, interconnecter les bassins hydrauliques et explorer de nouvelles possibilités de gestion de l’eau.

Les actions entreprises dans ce cadre, couvrent un large éventail de stratégies, notamment la construction d’«Autoroutes de l’Eau». Cependant, la priorité semble être accordée au dessalement. De nombreux projets de construction d’usines de dessalement, avec pour objectif que d’ici 2030, 50 % de l’approvisionnement en eau potable provienne de procédés de dessalement destinés principalement à des usages agricoles et urbains.

Quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que les menaces qui guettent le Maroc dans le domaine hydrique peuvent être considérées comme une véritable opportunité pour mettre en place des solutions idoines pour dépasser cette situation, conformément aux Orientations Royales. L’objectif étant de rationnaliser l’usage et lutter contre le gaspillage de l’eau.

Mohcine Lourhzal

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