Les défauts de mon ex-mari…

Majdouline, 29 ans, ingénieure, est divorcée et sans enfants. Cette jeune femme regrette la folie furieuse avec laquelle elle a tenté de combattre les défauts de son époux. Voici son récit.

«Dire que je me sens beaucoup mieux depuis que j’ai divorcé, est faux. A vrai dire, lorsque je me retrouve toute seule et que je ressasse ce passé si récent, je ne me félicite de rien. J’ai payé le prix fort du choix que j’ai fait, aussi d’avoir des fausses idées sur le mariage et, avec certitude, mon foutu ardent désir de vouloir changer l’autre. Cette liberté récupérée, même si elle m’a été salutaire pour mon équilibre psychologique, il n’en reste pas moins que je la bois amère pour pas mal de raisons. Et puis remarquer qu’il y a des couples pour qui tout roule à la perfection me complexe grave. Comme par exemple celui de ma voisine, celle que je n’ai jamais saquée du reste. Oui, ce n’est pas normal ! Et je rajouterai même que j’aurais mieux fait de m’occuper d’autre chose, je vous le concède. Sauf que rien n’arrive par hasard, je vous le garantis…

Mon ex-époux, je ne l’avais pas fréquenté assez longtemps pour en savoir assez sur lui. D’ailleurs, c’est un peu à la va vite qu’il m’avait fait sa demande en mariage. En fait, c’est moi qui l’avais presque bousculé, pour qu’il me dise dès les premiers temps où l’on se voyait qu’il en avait marre de ses trente-cinq ans de célibat. Aussi qu’il ne souhaitait pas fonder de foyer avec une femme qui vivrait sur son dos. En toute franchise et j’en suis peu fière, j’étais certaine que lui parler de mon job, de mon salaire et de l’appartement que j’avais acheté, ne le laisserait pas indiffèrent. C’était une grande stupidité, mais que voulez-vous, il me plaisait et je voulais me marier avec lui et vite. Ainsi, par chance, tout

comme je l’avais pressenti, il avait été conquis. Et en l’espace de quelques mois, nous avons bouclé l’affaire et nous nous sommes installés en couple chez moi. J’avais insisté pour qu’il en soit ainsi, contre le gré de mes parents qui rêvaient de quelque chose de bien plus beau pour moi.

Les premiers temps, assise sur mon petit nuage, je tentais avec toute la bonne volonté du monde de m’adapter à ma nouvelle vie. Je m’efforçais de rendre notre quotidien agréable et il faut bien dire, mon époux aussi. Mais, jour après jour je constatais la disparition progressive de tout ce qui était joliment rose. Je n’aimais plus m’atteler toute seule à certaines tâches mais je n’en parlais pas systématiquement. Je remarquais aussi que mon époux avait certains défauts mais je ne lui en tenais pas rigueur au début. Il était le genre à foutre le bordel partout mais ne s’empêchait pas de me faire des remarques sur mon rangement ou mes oublis. Il se permettait de faire son planning comme bon lui semblait mais quand il s’agissait du mien, il le passait au peigne fin tout en m’imposant ses volontés. Il m’autorisait ceci ou cela et pas ça, sans jamais se soucier que cela me plaise ou non. Autre chose, de plus insupportable voire anormal c’était son addiction aux réseaux sociaux. Je n’en revenais pas qu’il n’était pas question pour lui de lâcher son téléphone, peu importe qu’il soit à table, aux toilettes, ou au lit. Il pouvait y passer des heures et y rester très tard dans la nuit et se fiche royalement du dérangement qu’il m’infligeait. Et pour finir discuter sérieusement avec lui de quoique ce soit d’important à mes yeux, l’agaçait systématiquement.

J’ai divorcé parce que j’ai giflé ma belle-mère !

Mais je n’allais pas continuer de jouer à la gentille et dévouée épouse longtemps. Parce que ronger mon frein à ne pas le voir changer, je ne le supportais plus du tout. C’est que ma patience avait atteint ses limites. Mon mécontentement sur tout ce qui m’exaspérait, j’allais le persiffler. Et je rabâchais, rabâchais sans arrêt et avec de plus en plus d’affront. Je vous jure que même moi, j’en avais plus que marre de ne pas m’arrêter. Le plus rageant c’est que je n’arrivais à rien, pas l’once de quelque chose de satisfaisant. Et quand je me recevais de temps à autre un peu de révolte, je devenais encore plus folle qu’il n’était permis. Je me lançais alors dans d’interminables tirades dans lesquelles je me permettais certaines fois de le rabaisser plus bas que terre. Le pire est qu’à la fin, c’était moi qui souffrais le plus de mon cinéma. Lui, il faisait fi de tout ce que je lui reprochais et certains jours, il faisait pire. Et c’est ainsi que nous avions fini par nous séparer définitivement. Le comble, c’est qu’il avait osé prétendre devant nos parents respectifs que ce que je lui reprochais n’était pas la cause de notre divorce.

Bref, après notre séparation, je n’ai pas quitté mon appartement. Depuis mon congé sans solde, à 6 heures du matin au lieu de me préparer pour aller bosser, je me place avec mon café à ma fenêtre, celle qui donne sur notre rue. Et à chaque fois, à cette heure d’hiver où il fait encore sombre, c’est la voisine dont je vous parlais que je vois monter dans sa voiture jamais accompagnée par quelqu’un de

Quand je n’ai plus voulu de mon fils chez moi…

sa famille. D’emblée, j’ai toujours détesté cet air hautain presque méprisant qu’elle affiche. Je me suis fait des tas d’idées sur elle et pas des bonnes. Aussi, je me demandais comment cela se faisait que c’était son mari que je voyais tout le temps avec leurs trois gamins. Pourtant, elle ne m’avait jamais rien fait et sans la connaitre, je m’étais surprise à porter des jugements sur ce qui m’était permis de voir de sa vie. Enfin ces derniers jours, j’arrive enfin à comprendre que par-dessus tout, j’enviais misérablement l’image que renvoyait son couple et les membres de sa petite famille toujours bien proprets sur eux et si polis. Rien à dire de plus, si ce n’est qu’ils dégageaient le bonheur, l’équilibre et tout ce dont j’avais rêvé en somme. Vraiment, mon échec m’était pendu au nez ! Encore fallait-il que je m’en rende compte…

Cette femme que je ne portais pas dans mon cœur, je vais en savoir plus sur elle et je vais avoir honte de moi, de mes pensées et de mon comportement passé dans le mien de couple. Après le passage du plombier qui avait réglé un grave problème de tuyauterie dans ma cuisine, notre gardien d’immeuble m’avait proposé l’aide de son épouse pour éponger l’énorme fuite d’eau. Je ne pouvais pas me permettre de refuser vu les dégâts. Et c’est comme cela que je sus que ma voisine dont le mari était au chômage depuis pas mal d’années, était une femme d’une extrême gentillesse et générosité. Une vraie pionnière qui cumulait trois boulots pour subvenir aux besoins de son homme et de ses trois enfants. Et que son époux, un gars hyper sérieux, s’occupait de leur maison et des enfants en attendant de trouver un job. Je peux vous dire que je n’avais pu retenir mes larmes, ces révélations m’avaient profondément touchée.

Quelle bonne leçon pour moi! Il ne restait plus qu’à maudire mes défauts et ceux principalement qui ont fait la guerre à cet époux qui, il faut l’avouer n’était pas un mauvais bougre!»

Mariem Bennani

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