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Moi, enceinte?!

Asma a 18 ans. Elle est fille unique. Ne sachant pas vers qui se tourner, pour un appui moral ou une solution, elle a raconté au Reporter ce problème qui lui rend aujourd’hui la vie infernale et pour lequel elle n’a pas de solution. Cette année sera pour elle la plus belle, mais aussi la pire de toutes. Ayant réussi haut la main ses examens, son bac et son concours, elle croyait être «vernie» par la Providence en découvrant aussi la romance cet été. Mais elle déchante bien vite… Son histoire.

«J’ai tout gâché et je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir. Parfaitement! Parce que je ne suis qu’une sombre imbécile, crâneuse, ayant été avide de liberté et ayant mené la vie dure à ma pauvre mère en n’écoutant jamais ses conseils. Pour moi, ils n’étaient qu’interminables discours moralisateurs vieux jeu et dépassés, ne pouvant certainement pas m’aider à faire face à mon vécu quotidien.

Je n’étais pas stupide au point de négliger mes études. Je voulais tout simplement plus de liberté et souvent sortir avec mes amies et amis le soir. En vérité, j’en avais marre que le vedettariat au lycée revienne tout le temps à quelques garçons et à des «vipères» libres à outrance. J’avais un besoin viscéral de ne pas me laisser faire; je ne supportais pas d’être rejetée.
Qu’est-ce que j’ai pu être arrogante et vexante envers mes parents toujours réticents. Je leur crachais comme du venin que j’avais 18 ans et qu’il était impensable qu’une jeune fille comme moi ne soit jamais sortie en boîte ou qu’elle n’ait jamais voyagé seule avec ses amis pendant quelques jours. Finalement, je sortais, mais sans leur permission. J’inventais des histoires de révision de matières avec une amie dont les parents étaient très permissifs. Inconsciente et fougueuse, je ne pouvais imaginer que trop de liberté pouvait faire descendre aux enfers avec une rapidité inouïe.
Il y a tout juste quelques semaines encore, j’étais heureuse, insouciante; je flottais sur un petit nuage. J’étais «la fierté de son papa et de sa maman» parce que j’avais eu mon bac avec mention «très bien» et que j’avais été reçue au concours d’une grande école nationale. J’ai prouvé que j’étais tout à fait capable d’avoir conscience de mes responsabilités. Mes résultats et mes deux réussites m’ont permis de réaliser enfin ce petit rêve de voyage toute «seule». Mes parents ont consenti tant bien que mal à me laisser passer quelques jours seule, chez ma cousine, dans une station balnéaire.
C’est durant ces maudites semaines que j’ai rencontré «S». C’était mon prince charmant, adorable, galant, intelligent, étudiant brillant poursuivant de hautes études d’ingénierie en France. Lui et sa famille étaient venus dans la région pour y passer leurs vacances. Ils louaient un cabanon mitoyen du nôtre. Dès que nos regards se sont croisés, nous nous sommes reconnus. On aurait dit que je le connaissais depuis toujours.
Avec ma cousine qui, elle aussi, vivait une amourette avec le jeune frère de «S», nous allions nager, sortions pour faire la fête ou simplement pour faire des balades. Il me présenta à ses parents avec un demi-sourire en coin. Il avait dit cette petite phrase à sa mère qui ne me quitte pas aujourd’hui: «Prépare-toi, Zohra, ton fils se marie». J’avais capté intuitivement le ton de la dérision, pourtant je l’avais chassé immédiatement. Je me réconfortais en me disant qu’après tout, j’étais sous l’emprise d’une nouvelle forme de tendresse jamais testée, jamais éprouvée.
De belles journées s’étaient écoulées jusqu’à ce que la réalité s’impose. La fin des vacances était là, donc le retour… Chacun devait s’en aller dans son vrai chez soi. Nous nous sommes promis de rester ensemble, malgré la distance, de continuer notre histoire via les réseaux sociaux et le téléphone. Durant le trajet du retour, je pleurais en silence. Qu’est-ce que je l’aimais, ce jeune homme! Beaucoup plus fort que mes parents que j’avais complètement oubliés durant cette idylle.
Je rentrais chez nous ne sachant pas trop s’il fallait que je parle de «S» tout de suite ou s’il fallait que j’attende encore un peu. C’était si difficile, même si mes parents me posaient beaucoup de questions sur mon séjour.
Quelques temps après mon retour, je passais mon temps à dormir et me plaignais de fatigue générale. J’avais des haut-le-cœur dès que ma mère parlait de repas. Je n’arrivais pas à garder le moindre morceau dans l’estomac et c’était devenu quasi permanent, même au réveil. J’en parlais à ma cousine qui me répondit par des «a willi» «a willi» en se giflant les deux joues en même temps. Elle s’était mise à hurler en parlant de retard de règles, de grossesse.
Elle m’obligea à nous donner rendez-vous le lendemain. Je devais être à jeun pour faire un test de grossesse. J’y suis allée et le pire était que mon test s’est avéré positif. Le monde s’écroulait autour de moi. Ma cousine était furieuse. Elle me fit jurer de ne jamais l’associer à mon problème. Affolée, en pleurs, j’appelais au secours l’amour de ma vie. Il m’avait écoutée sans broncher. À la fin de mon récit, alors que je tremblais de tous mes membres et que je suffoquais à force de sanglots, il me rétorqua que c’était impossible et que c’était une histoire de dingue. Notre conversation avait été interrompue pour manque de solde. Il ne me rappela pas et ne répondit même plus à mes appels. Comme une hystérique, j’ai dû le rappeler au moins dix fois sans arrêt. Je continuais même si quelques heures plus tard une voix me répondit qu’il n’y avait aucun client répertorié à ce numéro. Il avait désactivé son numéro et bloqué tous ses comptes de réseaux sociaux.
Je recevais en une seule journée deux barres d’acier de deux tonnes chacune sur la tête. Que faire pour me sortir de cet enfer? Je ne pouvais m’imaginer aller trouver mes parents et leur révéler mon drame. J’appelai ma meilleure amie pour un soutien, elle me conseilla de n’en parler à personne pour éviter les cancans et de m’assurer que j’étais bien enceinte. Selon elle, les résultats des tests n’étaient pas toujours fiables. Cette lueur d’espoir me fit aller illico presto consulter un gynécologue sous une fausse identité. Il confirma ma grossesse. Je sortis de son cabinet chancelante. Sur mon trajet, je me donnais de grands coups de poing dans le ventre, je me lançais dans le vide en me laissant écraser sur le sol. Tout est contre moi, pas même un coup fatal. Une IVG est impossible, je n’ai pas de mari et ma seule fortune est une fine petite chaîne en or que m’avait offert ma grand-mère. Je ne cesse de pleurer en souhaitant le pire des châtiments à ce salopard qui ne m’a même pas soutenue. A ce jour, j’ai dû consommer tous les condiments de notre cuisine, tous les médicaments que j’ai pu trouver à ma portée. Le meilleur ami d’enfance de ma cousine m’a expliqué que lorsque qu’une femme tombait enceinte, c’était comme si un œuf était emprisonné dans un pot de cire. Et qu’il est donc impossible d’essayer d’interrompre une grossesse avec des moyens dangereux et irréversibles pour la santé. De quelle santé me parle-t-il? La mort m’aurait été plus secourable. Tout mon avenir va s’écrouler, mes parents me renieront certainement et la rue est en train de m’ouvrir ses grands bras. La rue a eu raison de moi, je l’ai tellement souhaitée. Cet ami me presse d’en parler urgemment à ma mère, mais je n’y arrive pas. Je suis maudite!».

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2 Commentaires

  1. cette jeune fille brillante doit avoir le courage de parler à sa maman qui trouvera la solution convenable ,ne pas tarder et cette situation peut arriver à n’importe qui ,
    que l’IVG soit légale pour éviter de détruire l’avenir de jeunes filles tombées enceintes!

  2. Ce n’est pas pour rajouter une couche, car c’est déjà trop tard, mais cette situation où tu en es aujourd’hui c’est bien toi qui l’a cherché, surement ta naivité t’as trahi aussi. Mais bon, comme l’a dis #Zoulid dans un commentaire avant le mien, ça peut arriver à n’importe qui. En tout cas, je ne sais si c’est trop tard, mais il existe des solutions de “curtage” chez des gynéco…C’est une siuation très difficile dans laquelle tu es aujourd’hui, courage et ikoune khir inchaalah. C’est une épreuve dans ta vie parmi tant d’autre…la plus dure, mais tiens bon…Accroche toi à tes études, et tes parents

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