CESE : Réalités économiques du Sahara

Laayoune maroc

Quand il s’agit du développement des provinces du sud, l’Etat lésine-t-il sur les moyens ? Le CESE donne la réponse par les chiffres.

Le premier constat est qu’au fil du temps, les investissements économiques dans la région sud du Royaume se renforcent. Des investissements colossaux ont en effet été réalisés, notamment dans l’infrastructure et l’aménagement du territoire. A lui seul, pour ne citer que cet exemple, l’effort d’investissement dans l’habitat s’est élevé à 3 milliards de dirhams entre 2008 et 2011, selon le dernier rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur le nouveau modèle de développement dans les provinces du sud.

Un PIB en croissance de 10%

Les efforts se poursuivent, comme en atteste l’évolution du PIB des régions du sud (Oued Eddahab-Lagouira, Laâyoune-Boujdour-Sakia-El Hamra, Guelmim-Es-Semara) qui a vu son taux de croissance en valeur progresser de 10% entre 2010 et 2011, soit un niveau deux fois supérieur à la moyenne nationale (5%), selon les comptes régionaux relatifs à l’année 2011 établis par le Haut-commissariat au plan (HCP). Ce PIB s’est considérablement apprécié pour s’élever à 35,4 MMDH en 2011, contre 32,1 MM en 2010. Un développement qui a profité à la population locale qui a vu son PIB par tête croître pour avoisiner les 35.491 dirhams, au lieu de 33.195 dirhams. Un PIB par tête largement supérieur à la moyenne nationale (24.490 DH).
L’amélioration des revenus observée s’est répercutée automatiquement sur les achats des consommateurs. En effet, les dépenses de consommation finale des ménages par habitant de ces régions ont culminé à 18.088 DH, dépassant la moyenne nationale qui est de 14.667 DH. L’essentiel des revenus créés émane des activités tertiaires (services marchands et non marchands) qui pèsent pour 58,4% dans le PIB régional. Un chiffre qui renseigne, quoi qu’il en soit, sur la faible diversité de la structure économique de la région basée essentiellement sur la pêche maritime et les phosphates, d’après le CESE. A noter que le secteur de la pêche maritime représente 50% de l’offre exportable de la région, procurant ainsi 31% des emplois créés. La faible attractivité des investissements, liée en quelque sorte au besoin d’amélioration du climat des affaires, fait que le secteur privé ne représente que 1,2% de la production industrielle nationale.

Exonérations fiscales

Malgré la panoplie des mesures d’incitation, à l’exemple des exonérations fiscales, ces dernières concernent l’IS, l’IR, la TIC et la TVA pour certaines activités ; et malgré la fiscalité locale qui n’est pas en reste, puisque les assujettis sont exonérés de l’acquittement de la taxe sur le logement, ainsi que de la taxe professionnelle (toujours selon le CESE), la région compte seulement 125 agences bancaires sur un total de 5.113 dont dispose le pays, soit 2,4%. Elle ne compte que 1% des dépôts et crédits bancaires. Par ailleurs, le poids économique des provinces du sud, plus important que son poids démographique (2,7% de la population totale du Maroc), est à attribuer en grande partie aux engagements budgétaires énormes de l’Etat. Ce qui veut dire que l’économie locale demeure fortement tributaire des aides et subventions publiques. Dans son rapport, le CESE relève que l’Etat contribue à hauteur de 54% au PIB régional (43% directement et 11% de manière indirecte). L’effort public se concrétise également par le niveau assez important de la dépense publique par habitant qui se situe à 5.500 DH, contre une moyenne nationale de 4.200 DH.
Autant dire qu’avec le projet de régionalisation avancée, l’économie du sud du Royaume se libérera de son cloisonnement pour un envol prometteur.

Mohamed Mounjid

Commerce intra-maghrébin
Manque à gagner de 10 MM de dollars

A défaut de développer davantage leurs échanges commerciaux, les cinq pays maghrébins perdent chaque année plus de 10 milliards de dollars, selon les estimations des institutions internationales. Selon le rapport 2011 de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), le commerce intra-maghrébin ne dépasse pas, dans le meilleur des cas, 5 à 6% des échanges commerciaux globaux des pays de l’UMA, au moment où le total de leur commerce extérieur avec l’UE varie entre 60 et 70%. Une perte évaluée à deux points de croissance économique pour les 5 pays dont les échanges intra-régionaux ont cependant totalisé 4,9 milliards de dollars en 2011, au lieu de 4,2 milliards en 2010.

MM

 


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