La culture judéo-marocaine en tant que modèle d’une coexistence millénaire mise en avant lors d’une conférence au Conseil de l’Europe

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La culture judéo-marocaine en tant que modèle d’une coexistence millénaire, harmonieuse et pacifique entre musulmans et juifs a été mise en avant, mercredi à Strasbourg, lors d’une conférence organisée par le Conseil de l’Europe.

Tenue à l’initiative de l’Accord Partiel Elargi sur les itinéraires culturels du Conseil de l’Europe en coopération avec le Consulat général du Royaume du Maroc à Strasbourg sous le thème “Dimension du vivre ensemble et du dialogue interculturel: le modèle de la culture judéo-marocaine”, cette rencontre a réuni des protagonistes du Conseil de l’Europe, du Maroc et de la communauté juive d’Europe.

Elle a permis ainsi de croiser les regards et de procéder à une réflexion sur la portée du dialogue interculturel et de la valorisation de l’héritage culturel juif en tant que moyens favorisant la compréhension, le vivre ensemble et la cohésion sociale, en s’inspirant notamment du modèle marocain en la matière.

A cette occasion, Daniel Höltgen, Représentant spécial de la Secrétaire générale du Conseil de l’Europe sur les crimes de haine antisémites et anti-musulmans et toute forme d’intolérance religieuse, a souligné que les citoyens de l’Europe sont plus que jamais appelés à réfléchir aux valeurs communes de partage, du vivre-ensemble et de dialogue interculturel et interreligieux, en ces temps de remise en question de l’idée même d’Europe, menacée par une vague de nationalismes, faisant observer que le modèle marocain s’érige en une “source d’inspiration” pour l’Europe.

Cette inspiration marocaine tire sa particularité notamment du fait que c’est Sa Majesté le Roi, en tant que Commandeur des croyants, et l’Etat marocain qui reconnaissent et veillent à la protection des religions, notamment minoritaires, mettant en avant l’importance de faire connaître cet exemple en Europe.

“La conférence d’aujourd’hui apporte une meilleure connaissance et une base pour combattre la haine qui est présente dans nos sociétés”, a- indiqué le Représentant spécial du Conseil de l’Europe sur l’intolérance religieuse et les crimes de haine, formulant le vœu de pouvoir s’arrêter sur le terrain sur cette expérience marocaine.

“J’ai hâte de coopérer avec le Royaume du Maroc et de pouvoir apprendre plus sur les caractéristiques du modèle judéo-marocain si possible sur place, en vrai, et non pas de façon virtuelle”, a-t-il souligné.

De son côté, Driss El Kaissi, Consul général du Royaume à Strasbourg, a relevé qu’en tant que carrefour culturel historique ayant fondé son identité sur d’importantes notions de brassages culturels, religieux et ethniques, le Maroc partage les mêmes aspirations que le Conseil de l’Europe en matière de vivre-ensemble et de paix.

Le Royaume, qui a pour tradition ancestrale la promotion de la culture du partage, de la cohésion et du dialogue interculturel et interreligieux, n’épargne aucun effort pour rester une terre d’accueil, d’ouverture, de tolérance et de pluriculturalisme et pour conserver sa tradition millénaire de coexistence harmonieuse et pacifique entre musulmans et juifs, a-t-il indiqué.

Présente au Maroc depuis plus de 2000 ans, la communauté juive a été bien intégrée et a largement coopéré, aux côtés des musulmans, au développement d’un riche patrimoine culturel et d’un héritage pluriel, a dit le diplomate marocain, faisant observer qu’à l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Commandeur des croyants et grand défenseur du vivre-ensemble, de multiples actions ont été menées pour la préservation et la promotion du patrimoine culturel judéo-marocain.

A cette occasion, et afin de matérialiser l’esprit de cohésion de cet événement, le consul marocain a annoncé le don prochain par le Maroc au Conseil de l’Europe d’une fontaine en mosaïque marocaine de conception manuelle par des artisans de la ville impériale de Fès, reflétant un savoir-faire ancestral hérité d’un partage civilisationnel unique aux marques judéo-andalouses.

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Pour sa part, Matjaz Gruden, Directeur de la participation démocratique au Conseil de l’Europe a fait valoir qu’apprendre à vivre ensemble est l’une des principales exigences et défis de l’époque actuelle, rappelant en ce sens le programme mis en place par le Conseil de l’Europe des itinéraires culturels en matière de promotion du vivre-ensemble et du dialogue interculturel qui aide à prévenir les clivages ethniques, religieux et culturels.

Cette conférence s’inscrit pleinement dans le sillage de ces efforts et de l’approche du Conseil de l’Europe en matière de promotion de ces valeurs, a-t-il relevé, saluant toutes les initiatives prises par le Maroc pour promouvoir et valoriser l’héritage juif dont l’inscription de cette composante dans les programmes scolaires.

A son tour, Aicha Haddou, Directrice du Centre marocain de recherche et de formation interconvictionnelle et de consolidation de la paix de la Rabita Mohammadia des Oulémas, a affirmé que le contexte actuel marqué par une crise économique, sociale et identitaire de grande ampleur et par un repli identitaire, impose de nouvelles grilles de lecture et de nouveaux paradigmes ainsi qu’une nouvelle méthode de travail aussi bien au niveau de l’interreligieux et de l’interculturel qu’au niveau de l’intrareligieux et de l’intraculturel.

A cet égard, elle a rappelé les efforts fournis par le Maroc pour promouvoir la culture de la tolérance et du vivre ensemble, notant que dès son intronisation, SM le Roi Mohammed VI a oeuvré à ancrer davantage les fondements de l’identité marocaine plurielle, enracinée dans la diversité.

La diversité avec toutes ses composantes est une “spécificité” du Maroc, a souligné Mme Haddou lors de cette rencontre, modérée par Stefano Dominioni, Directeur de l’Accord Partiel Elargi sur les Itinéraires Culturels du Conseil de l’Europe. Et si le Maroc “peut s’inscrire si naturellement dans la promotion du dialogue des civilisations et des religions”, c’est par ce que “cette ouverture se trouve dans ses gènes historiques et culturels”.

De son côté, Mohamed Hatmi, Professeur à l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès, est revenu dans son intervention sur les efforts déployés au Maroc pour préserver le patrimoine et l’identité judéo-marocains.

Depuis une trentaine d’années, tout un travail de mémoire a commencé dans le Royaume au sujet de sa composante juive., tout d’abord dans les universités, où des chercheurs et des étudiants musulmans ont lancé des recherches sur cette thématique, jusqu’alors surtout entreprises par des universitaires juifs ou étrangers, a-t-il expliqué.

Selon l’universitaire marocain, ces efforts se sont poursuivis sur le terrain via le lancement de travaux de sauvegarde du patrimoine bâti (restauration de synagogues ou de cimetières), et d’archivage de documents, de photographies, de témoignages, entre autres.

Les liens entre les juifs marocains et leur pays d’origine sont demeurés “intacts” au fil des années, a par ailleurs relevé le Professeur Hatmi, soulignant que l’Etat marocain, en la personne de SM le Roi Mohammed VI, accorde une bienveillance particulière à la communauté juive marocaine ainsi qu’à l’ensemble des juifs originaires du Maroc installés aux quatre coins de la planète.

Pour sa part, François Moyes, président de l’Association Européenne pour la préservation et la promotion de la culture et du patrimoine juifs est revenu sur les missions de cette plateforme et ses actions destinée à promouvoir des initiatives favorisant notamment une meilleure connaissance de l’histoire européenne et une sensibilisation à la diversité culturelle.

La rencontre a été ponctuée de débats nourris entre les conférenciers et l’assistance composée notamment d’élus locaux, d’académiciens, de diplomates, d’universitaires, de représentants religieux et d’acteurs associatifs. Elle a été marquée également par un récital musical andalou interprété par deux artistes juif et musulman.

LR/MAP

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