Exit Covid, j’ai la bague au doigt !

Zouheir, 30 ans, responsable logistique, est marié, sans enfant. Ce jeune homme est heureux de s’être marié. Il nous dit pourquoi il l’est tant aujourd’hui.

«Enfin, tous autant que nous sommes nous pouvons souffler un peu des affres de la crise sanitaire. Voir qu’il y a une lueur d’espoir au bout de ce tunnel, c’est quand même quelque chose! Il nous a bien tournés en bourrique ce coronavirus avec tous les chamboulements qu’il a causé dans nos vies. En ce qui me concerne, je ne cesse de me féliciter d’avoir été patient et d’avoir tenu le coup. Aujourd’hui, ce rêve que je caressais avec ma promise de nous passer la bague au doigt, nous l’avons enfin réalisé. Je voulais absolument partager mon bonheur et par la même occasion, affirmer qu’aimer dans la vraie vie, c’est beau et passionnant.

Pour beaucoup de filles, je n’ai été qu’un pote de passage avec qui elles ont passé une super soirée. Une seulement et pas deux ni plus, parce que je n’en voulais pas. Pas la peine de s’échauffer sur ce point, vu qu’elles étaient consentantes et ce, dès le départ. On sortait pour aller diner, danser et passer la nuit. Le lendemain, c’était ciao à un de ces quatre. En fait, c’était un adieu définitif point barre. Vous voulez plus de précision sur les raisons? Eh bien tout simplement, parce que j’ai toujours eu une sainte horreur qu’on se scotche à moi ou que je devienne le toutou qui doit obéir aux règles du parfait petit ami, qui, entre nous, n’est pas un statut officiel. 

Dégoûté très tôt,  je m’étais promis que jamais au grand jamais je ne deviendrai le petit ami de qui que ce soit dont l’intention serait de me priver de ma liberté. Les histoires de couples où l’un des gugusses est un sacré enfoiré non merci, très peu pour moi. Je peux vous garantir, même si je ne suis pas vieux que j’en ai vu se succéder à la pelle. Filles ou garçons c’était du pareil au même. Tous capables d’infidélité avec en sus des coups bas désolants pour éviter la franchise et de ça, je n’en voulais pas. Je préférais pour ma pomme être clair dans mes intentions plutôt que de me rallier au clan des pros de l’entourloupe.

Il y a aussi que tout a basculé massivement dans le grand n’importe quoi dans les affaires sentimentales avec l’intrusion dans nos vies du téléphone, des réseaux sociaux et des applications de rencontres. Evidemment, qui pourrait nier que cela a facilité grandement le contact, la rapidité dans les échanges etc… Pourtant, il faut voir la réalité telle qu’elle se présente sur le plan sociétal. Et elle fait peur! Notre génération n’a pas été préparée à tant de permissivité, quant à nos parents même s’ils essayent de s’adapter, ils doivent certainement rire sous cape. Sans ce joujou doté d’une intelligence artificielle, les relations amoureuses c’était déjà du compliqué, avec lui la situation s’est aggravée. Je dirai pour finir que dans un proche avenir, il ne faudra pas s’étonner que les psychothérapeutes annoncent des listes d’attentes qui mesurent deux ou trois fois le tour de la planète. 

Bref, avant cette triste période du coronavirus, l’inattendu s’était manifesté dans mon existence. Ce chenapan de Cupidon m’avait chargé sur mon lieu de travail. Du coup, au diable mes aprioris et me voilà dans l’impossibilité de me débarrasser d’un infernal béguin pour une fille. Mais, au tout début, je ne m’étais pas aventuré à le lui montrer. A vrai dire, je n’avais pas cessé de l’éviter, j’avais même poussé le bouchon jusqu’à m’interdire de croiser son regard. Je comprenais enfin que rien n’était raisonnable dans le domaine du sentiment et que l’on ne pouvait pas éternellement camper sur ses décisions. Il m’était atrocement difficile de ronger mon frein. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de me défaire de cette passion en multipliant des histoires sans lendemain. J’y retournais comme happé par un aimant. L’image de cette jolie personne et de tout ce qu’elle déménageait en moi, me rendait dingue. Je ne cessais de parler d’elle, tout en posant tellement de questions stupides à mes amis intimes. A maintes reprises, je lisais dans leurs yeux qu’ils éprouvaient une réelle pitié pour moi. Quant à leurs oreilles, si elles avaient pu, elles m’auraient intenté un procès pour harcèlement. 

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Je vous jure que mon état ne s’était pas amélioré quand j’avais enfin pris le risque de lui faire tout gentiment la cour. Moi qui n’accordais que quelques minutes de discussion sérieuse avec mes conquêtes d’un soir, j’enrageais de ne pouvoir retenir cette dernière. A chaque fois que je l’appelais au téléphone, je me rendais compte qu’il n’y avait que moi à être frappé de parlotte. Je continuais même si à l’autre bout du fil, je ressentais une personne intéressée par ce que je débitais mais muette. C’était dur à encaisser pour un tombeur de mon espèce. Rendez-vous compte, que plus elle agissait de la sorte, plus je m’amourachais d’elle. Et lorsqu’on travaille dans le même espace, la situation devient extrêmement désagréable. Le pire c’est de se surprendre à acculer l’autre pour faire fondre la glace. Ce n’est pas très joli-joli un ego qui ne contrôle plus rien, qui se prend une sacrée raclée et qui en veut encore plus. Je n’en avais rien à fiche puisque je n’en avais jamais marre de recommencer à lui tourner autour.

Elle avait fini par me donner ma chance et comme par magie tout est devenu rose bonbon autour de moi. Que voulez-vous tomber amoureux, cela n’arrive pas qu’aux filles. Le clou de mon histoire c’est quand je me suis senti sous une telle emprise de mes sentiments pour cette fille qu’il me fallait à tout prix qu’elle accepte de m’épouser. Je lui avais fait courageusement ma demande en faisant bien attention à l’aspect solennel de cet instant. Elle ne m’avait dit ni oui ni non, mais avait demandé un temps de réflexion. Je crois que j’allais devenir fou quand on avait annoncé, juste quelques jours après, le fameux confinement et ses mesures restrictives anti-Covid 19. Sa réponse était positive par la suite, mais la situation était désastreuse pour l’empressé que j’étais.

Nous avons pu rester en contact tout le temps et nous rencontrer, mais il n’était pas possible de songer à faire les choses comme la règle traditionnelle l’impose. Ce que j’exécrais de toute mon âme. A cause de cela, et pour des broutilles aussi, nous nous sommes disputés des centaines de fois. C’est dingue mais il faut me croire, il suffisait d’un éclat de rire de mon côté ou du sien pour que tout rentre dans l’ordre. Je l’adore cette femme qui a su apaiser mon affolement. Avant de célébrer notre union, nous avions commencé tranquillement par faire le nécessaire pour réunir toute la paperasse administrative pour la transcription de notre acte de mariage.  

Nous nous sommes enfin passé la bague aux doigts, il y a quelques jours.

Au fait, je me sens obligé de vous dire qu’à chaque fois que j’embrasse nos anneaux en remerciant l’ange de l’amour d’avoir visé juste et au bon moment, c’est parti pour un fou rire royal. Je ne vous cache pas que mon degré de fixation sur ces deux rondelles de métal précieux, c’était un truc de «ouf» !

Maintenant, il reste que tous les deux nous avons l’immense plaisir de vous informer que nous démarrons notre vie de couple avec peu de moyens, certes, mais avec beaucoup d’amour et c’est ce qui compte vraiment. Essayez et vous comprendrez!» 

Mariem Bennani

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