Dans mon salon de coiffure, je rêvais de richesse, jusqu’au jour où…

Lamia, 30 ans, gérante d’un salon de coiffure, est mariée et mère d’un enfant. Cette jeune femme raconte comment elle a atterri dans le métier de la coiffure, y a nourri de grands espoirs. Et puis, les rêves aient laissé la place à un seul souhait…

«Avant tout, je désire être franche, le domaine de la coiffure n’a jamais été une passion pour moi. Ça a changé, mais ce n’était pas le cas au début. Ce secteur d’activité m’avait branché tout simplement pour devenir aussi riche que ma coiffeuse. Grâce à ce job, cette femme divorcée avec un enfant à charge avait pu acquérir deux appartements et trois locaux commerciaux dans des galeries marchandes. Hé oui, rien que ça! Largement suffisant en ce qui me concerne pour recevoir la décharge d’un déclic.

Bien que de nombreuse clientes rapportaient qu’apparemment notre coiffeuse devait sa fortune aux loyers qu’elle percevait… Et pour d’autres, qu’elle avait un secret pour attirer les futures mariées qui de manière générale misent gros pour se faire belles… Clairement, il n’était pas question d’ignorer ces oui dires. Au contraire, je les percevais comme étant porteurs d’indications supplémentaires pour mieux ancrer ma fébrile convoitise. Il restait seulement d’être d’abord titulaire d’un diplôme, puis de m’installer. Alors, j’entreprenais de commencer par amadouer mon époux sans qui rien n’était possible. En cette période précisément, je redoutais qu’il refuse catégoriquement.

Depuis longtemps, notre couple souffrait de son incapacité à procréer. Aussi, mes beaux-parents, au lieu de nous fiche la paix, ils y ajoutaient leur grain de sel. Ils me balançaient sans répit des piques sur mon éventuelle stérilité. Pour stopper leurs charges et nos persistantes querelles sur le sujet, nous avions choisi de nous soumettre à un examen médical très complet. Sans mentir, l’instant vérité qui annonçait de manière irrévocable que le problème venait de leur fils fut absolument navrant. Après ce dramatique épisode, c’est mon époux qui avait proposé une adoption. Et je ne m’imaginais pas encore à quel point mon aval allait l’émouvoir. 

Malgré mon nouveau statut et travail de maman, mon époux n’avait pas tiqué en m’écoutant lui exposer mon impérieuse motivation de devenir coiffeuse. Sans que j’insiste, il m’avait inscrite dans la plus proche école de coiffure et d’esthétique. Tout en réussissant en main de maître à négocier un forfait exceptionnel afin qu’on me dispense des cours à domicile. Aussi, il s’était montré très conciliant en acceptant d’assurer la garde de notre enfant toutes les fois où ma présence à l’école était formellement exigée. Rien à dire, il m’avait vraiment aidé à obtenir ce diplôme.

Mon objectif final non encore atteint, je continuais inlassablement de casser les oreilles de ma pauvre moitié avec l’histoire de ma coiffeuse. Sans omettre au passage d’en inventer d’autres afin de rendre plus crédible mon délire de fortune avec des brushings. Avec du recul, je peux avancer avec certitude qu’instiller ma propagande à mon époux ne servait à rien. Si presque tous mes caprices avaient été comblés si facilement, c’est parce que j’avais choisi de rester auprès de lui tout en acceptant d’élever un bébé que je n’avais pas conçu. J’en avais eu la preuve formelle quand il avait pris le risque d’acheter à crédit une maison avec deux garages à usage commercial. Il y en avait un pour moi qui fut totalement aménagé par un décorateur.

Je savais pertinemment que tout l’investissement était énorme, il fallait donc sans plus attendre me mettre au boulot. Dès les premières semaines après l’ouverture, j’étais comblée de voir affluer la clientèle et d’en fidéliser pas mal. Plus tard, je comprenais que ce qui faisait bien tourner un salon de coiffure ce n’était pas uniquement le séchage des cheveux. Donc, je recrutais deux aides. Malgré cela même en travaillant comme des dingues, je n’arrivais toujours pas à exploser le tiroir-caisse. Heureusement, grâce au soutien de mon époux, et à la délicieuse et progressive addiction de ce taf, je tenais bon la barre.

En plein élan d’avènement de mon business, un petit virus s’était ramené de Chine pour jouer au trouble-fête. Je n’en revenais pas ni d’une guigne pareille, ni de la situation critique au niveau mondial. Le coup fatal pour moi et pour tous les gens du métier avait été sans conteste le confinement général pendant plusieurs mois. Après tout, à ce moment-là, on s’inquiétait tous d’être exposés à un risque de contamination par la Covid 19. En plus, même après le déconfinement partiel ou non, tous les salons de coiffures et d’esthétiques n’ont pas échappé à un contrôle très strict voire parfois à une interdiction d’exercer carrément. Un malheur pour ceux qui n’ont pas tenu le coup et ont mis la clé sous la porte.

Tous ces derniers mois écoulés, je peine à croire que je pourrais retrouver ma pêche d’antan, épicée d’effluves de laque. Mon plus grand souhait actuellement ce n’est certainement pas de devenir riche, mais que le cours normal de la vie reprenne. Je rêve d’être débarrassée de cette inquiétude qui pèse sur le sort de ma petite famille. Et qu’enfin je puisse sans crainte me remettre à colorer des cheveux, des visages, à poser des faux cils, des faux ongles tout en buvant d’intrigantes péripéties amoureuses confiées par les clientes».

Mariem Bennani

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