
Le peuple marocain, ainsi que la famille de la résistance et de l’Armée de libération, commémore, au début du mois d’octobre, le 71e anniversaire du lancement des premières opérations de l’Armée de libération dans les provinces du Nord du Royaume, un événement qui marque une page lumineuse dans l’histoire des épopées de lutte contre la présence étrangère pour l’indépendance et l’unité du Maroc.
Le lancement des premières opérations de l’Armée de libération dans le Nord du Royaume a constitué une étape historique marquée par les valeurs de résistance, de sacrifice et de dévouement, dans le prolongement naturel du mouvement de résistance armée mené par les Marocains après que les autorités d’occupation étrangère eurent porté atteinte à la souveraineté du Maroc et suscité l’indignation de ses citoyens, notamment à travers l’exil du Père de la Nation et héros de la libération et de l’indépendance, Feu SM Mohammed V, ainsi que de son compagnon de lutte et d’exil, Feu SM Hassan II, et de la Famille Royale, d’abord en Corse puis à Madagascar.
Cet événement a également marqué le déclenchement de la première étincelle du mouvement de résistance et de sacrifice, les habitants d’Imouzzer Marmoucha, de Taza, d’Al Hoceima et de Nador s’étant mobilisés pour organiser l’Armée de libération et cibler les intérêts et les installations du colonisateur.
Animés d’un profond patriotisme et d’un élan de mobilisation, les résistants se sont engagés dans des combats qu’ils ont menés avec courage et abnégation contre le colonisateur, contribuant à ébranler ses positions et à mettre fin à sa présence.
Dès la fin de l’année 1954, les résistants ont entrepris de se procurer des armes et de constituer des cellules, formations et groupes de l’Armée de libération. Des centres d’entraînement à l’utilisation des armes, à la guérilla et à la planification des attaques contre les casernes du colonisateur ont été mis en place, faisant de la zone khalifienne du Nord du pays, alors placée sous protectorat espagnol, un espace d’entraînement militaire et de préparation des plans stratégiques.
Des cadres du mouvement de résistance ont rejoint les régions du Nord du Royaume afin de superviser l’encadrement de l’Armée de libération et lui permettre d’accomplir sa mission de libération du pays de l’occupation étrangère et de favoriser le retour au Maroc du héros de la libération et de l’indépendance et premier résistant, Feu SM Mohammed V.
En mars 1955, le navire « Dyna » s’est dirigé vers la plage de Ras El Ma, à l’est de Nador, en provenance du Machreq arabe, chargé d’armes. Cette opération a constitué un tournant décisif dans le soutien au lancement de l’Armée de libération dans le Nord.
Le déchargement de la cargaison s’est effectué de nuit, dans l’obscurité et avant l’aube, dans les conditions de prudence requises. Les résistants ont notamment utilisé un troupeau de moutons afin de dissimuler leurs traces et éviter que les autorités coloniales ne découvrent l’opération de débarquement des armes.
La préparation, l’entraînement et la planification se sont poursuivis, de même que l’acheminement des armes via la Moulouya vers Imouzzer Marmoucha, dans la province de Boulemane, ainsi que vers les centres de l’Armée de libération dans la province de Taza.
Le moment décisif survint dans la nuit du 1er octobre 1955, avec le lancement des opérations de l’Armée de libération visant les postes et casernes de l’armée d’occupation française à Imouzzer Marmoucha. Le lendemain, 2 octobre 1955, les opérations offensives se sont étendues aux postes de Boured, Aknoul et Tizi Ousli, dans la province de Taza, ainsi qu’au poste de Sidi Bouzineb, dans la province d’Al Hoceima.
Les combats se sont ensuite étendus à plusieurs régions du Nord, notamment dans la province de Taza, touchant de nombreux douars et localités dont les noms sont restés associés aux affrontements et aux attaques, notamment Bin Sefrou, Jbel El Karaa, Bouskour, Tizi et Darn.
Ces combats ont infligé d’importantes pertes en hommes et en matériel au colonisateur, tandis que les victoires successives des résistants ont favorisé l’adhésion d’un nombre important de soldats marocains alors enrôlés dans l’armée française. Ces derniers ont rejoint les rangs des combattants avec leurs armes, fusils et mitrailleuses.
Cette mobilisation a exercé une pression politique sur les autorités coloniales, les conduisant à tenir compte de la position de Feu SM Mohammed V à l’égard du gouvernement français, qui a finalement dû engager le dialogue et ouvrir des négociations en vue de l’indépendance du pays.
L’histoire retient qu’au terme de 45 jours suivant le soulèvement d’octobre 1955, le héros de la libération et de l’indépendance et premier résistant, Feu SM Mohammed V, ainsi que son compagnon de lutte et d’exil, Feu SM Hassan II, et la Famille Royale, ont effectué leur retour triomphal au Maroc, le 16 novembre 1955.
Dans son premier discours prononcé à l’occasion de ce retour béni, Feu SM Mohammed V annonça au peuple marocain l’avènement de l’aube de la liberté et de l’indépendance ainsi que la réunification du Nord et du Sud du Royaume, déclarant notamment : « Nous sommes revenus du petit jihad au grand jihad ».
Par la suite, Feu SM Mohammed V avait effectué une visite historique à Taza, le 14 juillet 1956, puis à Nador, le 15 juillet de la même année, pour visiter les centres de l’Armée de libération, en reconnaissance des sacrifices consentis par les résistants et en hommage à la mémoire des martyrs des batailles et épopées de l’Armée de libération dans le Nord du Royaume.
La commémoration du 71e anniversaire du lancement des premières opérations de l’Armée de libération dans les provinces du Nord constitue, pour les générations actuelles et futures, une occasion de mener la réflexion et de tirer les enseignements de cette page de l’histoire nationale, afin de renforcer l’esprit patriotique et les valeurs de citoyenneté positive face aux défis du présent et de l’avenir.
Dans le cadre de la poursuite du processus de modernisation et de développement du pays, la famille de la résistance et de l’Armée de libération souligne également l’importance de s’inspirer des Hautes Orientations Royales pour poursuivre les efforts de développement, rappelant l’appel à faire prévaloir l’esprit de confiance et d’optimisme sur les discours de désespoir et de frustration, contenu dans le discours Royal prononcé à l’occasion du 27e anniversaire de la Fête du Trône.
LR/MAP
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