China-Africa Financial Bridges Forum | Le Maroc au centre des échanges financiers sino-africains

Pékin | Le Maroc au cœur des échanges financiers entre la Chine et l'Afrique

Les relations économiques sino-africaines et le rôle croissant du Maroc comme hub financier et porte d’entrée vers le continent africain ont constitué les thématiques centrales d’un forum de haut niveau tenu mercredi à Pékin, en présence d’ambassadeurs africains accrédités en Chine, d’acteurs économiques majeurs et de représentants de grands organes de presse chinois.

Organisé au quartier financier de la capitale chinoise par Attijariwafa Bank en collaboration avec l’ambassade du Maroc à Pékin, le “China-Africa Financial Bridges Forum” a rassemblé des dirigeants d’institutions financières et de grandes entreprises actives dans les échanges sino-africains en vue d’examiner les dynamiques structurelles qui façonnent cette relation ainsi que les stratégies d’expansion des entreprises chinoises sur le continent africain.

Dans une allocution d’ouverture, Youssef Rouissi, directeur général délégué d’Attijariwafa Bank, a dressé un état des lieux des relations économiques sino-africaines, rappelant que les échanges commerciaux entre le géant asiatique et l’Afrique ont atteint 348 milliards de dollars en 2025 (+17,7% sur un an) et que la Chine maintient sa position de premier partenaire commercial du continent pour la 17ème année consécutive.

M. Rouissi a estimé que cette dynamique devrait s’accélérer sous l’impulsion de la suppression totale par la Chine des droits de douane sur les marchandises importées des pays africains, une mesure entrée en vigueur le 1er mai et qu’il a qualifiée de tournant potentiel pour les flux commerciaux sino-africains.

Abordant la dimension bilatérale des relations sino-marocaines, M. Rouissi a indiqué que les échanges entre les deux pays suivent une trajectoire de progression soutenue et ont atteint 11,8 milliards de dollars en 2025.

Il a mis en avant les atouts du Royaume susceptibles d’attirer les investisseurs chinois, au premier rang desquels figurent la stabilité politique, des infrastructures de classe mondiale et une industrie manufacturière en plein essor illustrée par la production d’un million de véhicules en 2025 et un secteur aéronautique affichant une croissance annuelle de 18%.

M. Rouissi a présenté le dispositif d’Attijariwafa Bank pour accompagner les flux sino-africains, notant que l’institution financière marocaine est dotée d’un bureau de représentation à Pékin depuis 2022 et qu’elle est présente dans quinze pays africains.

L’ambassadeur de Sa Majesté le Roi en Chine, Abdelkader El Ansari, a pour sa part rappelé que la coopération sino-africaine trouve dans le Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FOCAC) un cadre structurant aux ambitions élevées dont les objectifs reflètent une réelle convergence entre la vision d’aide au développement de la Chine et les aspirations africaines à la prospérité partagée.

Soulignant la similitude des visions du Maroc et de la Chine sur les grandes orientations de ce cadre multilatéral, il a affirmé que le Royaume œuvre, du fait des fondamentaux de sa politique étrangère qui accordent au continent une place prioritaire, à la concrétisation des objectifs du FOCAC dont l’accomplissement est de nature à consolider durablement les relations sino-africaines et, par voie de conséquence, celles sino-marocaines et à en élargir les horizons.

M. El Ansari a passé en revue l’état des relations bilatérales, insistant sur la solidité et la profondeur des liens politiques unissant les deux pays, notamment depuis la visite de SM le Roi Mohammed VI en Chine et la signature de la Déclaration instituant le Partenariat Stratégique entre les deux pays le 11 mai 2016.

Cette visite a été suivie, en septembre 2025, par la signature d’un mémorandum d’entente instaurant un dialogue stratégique entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, un cadre que le Maroc ne réserve qu’à un nombre très limité de partenaires dans le monde, a-t-il ajouté.

Sur le plan économique, l’ambassadeur a souligné que la Chine occupe depuis plusieurs années le rang de troisième partenaire commercial du Royaume à l’échelle mondiale avec un volume d’échanges excédant 10 milliards de dollars, et celui de premier partenaire économique dans la zone Asie-Océanie.

Quelque 120 entreprises chinoises sont établies au Maroc, représentant un investissement cumulé de plus de 10 milliards de dollars, a-t-il affirmé, soutenant que la création de la Cité Mohammed VI Tanger Tech, ville industrielle de nouvelle génération principalement destinée aux entreprises chinoises souhaitant s’implanter au Maroc et en Afrique, illustre la volonté des deux pays d’inscrire leur relation dans la durée et l’excellence.

M. El Ansari a mis en exergue les avantages comparatifs du Maroc comme porte d’entrée vers le continent africain, évoquant notamment son positionnement géopolitique stratégique, l’étendue de son réseau d’accords de libre-échange, la qualité des ressources humaines qualifiées et la densité des liens culturels, religieux et humains qui l’unissent à de nombreux pays africains.

Aziz El Khyari, directeur du développement des affaires et de la coopération africaine à Casablanca Finance City, a quant à lui présenté la plateforme financière marocaine et les avantages qu’elle offre aux entreprises internationales désireuses de s’y implanter.

Classée première place financière du continent africain pour la neuvième année consécutive par le Global Financial Centres Index (GFCI) du Z/Yen Group, Casablanca Finance City accueille régulièrement des délégations de 27 gouvernements africains venues y présenter leurs opportunités d’investissement, faisant de ce hub un carrefour reliant les entreprises qui y sont établies aux marchés du continent, a fait valoir M. El Khyari.

Les allocutions et panels de discussion du Forum ont réuni des responsables d’institutions financières et de grandes entreprises engagées dans les flux sino-africains, parmi lesquels figuraient des représentants du London Stock Exchange Group, opérateur de la Bourse de Londres et partenaire historique de Casablanca Finance City, du China-Africa Business Council, organisation patronale chinoise fédérant plus de 3.000 entreprises actives dans 54 pays africains, de la Bank of China, l’une des quatre grandes banques commerciales d’État chinoises, et du China-Africa Development Fund, principal fonds d’investissement public chinois en Afrique, doté d’une capacité de 10 milliards de dollars.

Étaient également présents des représentants de la China International Capital Corporation (CICC), première banque d’investissement en joint-venture de Chine, ainsi que des représentants des directions financières du géant chinois des batteries pour véhicules électriques, Gotion High Tech, et du premier fabricant mondial de panneaux solaires par volume de production, JA Solar.

Les échanges ont porté sur les réalités concrètes du développement des affaires en Afrique, les secteurs à fort potentiel de croissance et les obstacles qu’il convient de lever pour fluidifier les flux d’investissements.

Les participants ont mis en relief le rôle de pont que le Maroc peut jouer entre la Chine et l’Afrique, saluant notamment sa stabilité politique, son positionnement géographique à la croisée des grands axes d’échanges mondiaux et la solidité reconnue de son système financier.

LR/MAP

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