Le ménage a ruiné ma vie de couple !

Souheil, 26 ans, ingénieur, est divorcé et sans enfants. Les travaux domestiques ont ruiné le couple de ce jeune homme. Voici l’histoire de sa vie post-mariage.

«Il y a deux ans, celle qui allait devenir mon épouse, était la première et l’unique fille que reconnaissait mon cœur. Nous étions liés l’un à l’autre et ce, depuis le collège. D’ailleurs, pour l’ensemble de nos camarades de classe, profs et parents inclus, il était évident que nous finirions un jour par concrétiser légalement notre attachement. Sauf qu’avant, il fallait bien évidemment réussir notre cursus scolaire et espérer avec nos diplômes en poche trouver un job quelque part. Nos adultes de parents s’étaient félicités de notre duo formé pour des raisons assez évidentes. Mais, ni elle, ni moi, ne savions ce qui nous attendait, une fois installés en tête à tête, face à nos nouvelles et nombreuses responsabilités. 

Donc, après une pépère évolution dans le cadre de nos ambitions personnelles, celles qui étaient attendues de nous, nous voilà sur les rails de ce qui était prévu. D’ailleurs, nous n’avions pas eu besoin de Mme Soleil pour nous informer de notre futur. Alors, tous les deux diplômés et de surcroit embauchés en tant que stagiaires, il ne nous en fallait pas plus pour concrétiser notre vœu. Je me passerai de raconter comment s’était déroulée notre fête de mariage et notre installation dans ce deux pièces de malheur. Je préfère zoomer sur le déroulement de cette union que beaucoup nous enviaient et en blablataient comme s’il s’agissait d’un conte de fée. Ah, les gens et leurs croyances presque toujours à côté de la plaque! 

Assurément que les premiers mois, nous nagions dans le bonheur! Allons donc, c’était magnifique que d’être en pleine découverte de ce que nous n’avions jamais encore testé. Vivre sous le même toit, nous n’y connaissions rien, vu que nous avions tout le temps été nourris, logés, blanchis par nos parents. Je vais directement admettre que si pour certains, cette expérience avait eu pour effet de renforcer leur attachement, eh bien pas en ce qui me concerne. Très vite,  je commençais à me lasser, tout en me plaignant intérieurement de manquer d’attentions. En gros, j’étais fermement convaincu (selon ce que j’avais rapporté de mon vécu familial) qu’un mari était en droit d’exiger d’être servi comme un pape. C’est que je n’essayais même pas de me remettre en question. 

Concrètement, je ne voulais pas faire d’efforts pour aider ma conjointe. Des exemples de vie de couple, je n’avais pas besoin d’ouvrir grand les yeux pour m’en inspirer ou me rassurer. Non, je préférais chérir tout ce qui donnait du sens à mon ressentiment naissant. Fallait voir comment je râlais chaque jour. Soit en rentrant du boulot le premier et que je m’apercevais qu’il n’y avait rien de préparé, que la vaisselle du petit-déj et du diner dansait encore sur l’évier. Sans parler du sens dessus-dessous qui régnait un peu partout dans la maison. J’en avais le tournis. Soit tous les matins quand je me voyais obligé de porter les mêmes frusques que la veille, complètement froissées, puants la pollution. Et dire que je ne faisais même pas l’effort de m’occuper -au moins- de ces derniers pour les remettre à la blanchisserie d’en bas. Mon pire cauchemar, aussi, c’était de changer les bombonnes de gaz. Je trouvais cela absolument dégradant et pénible. Parce que je n’en pouvais plus de garder pour moi ce qui me crevait le cœur, j’avais trouvé le culot d’aller pleurnicher mes malheurs dans les bras de ma maman, de ma sœur, de mes tantes et même des aides ménagères de la maison. Rien à rajouter d’autre, sauf qu’il ne fallait pas attendre que du bon sorte de cette démarche. Là, je signais moi-même, l’arrêt de mort de mon couple. 

Ma femme avait été plus courageuse et plus digne dans son comportement. Muette, elle essayait de tout gérer toute seule, mais de toute évidence c’était beaucoup trop lui demander. Elle ramait les weekends pour tout remettre en ordre pendant que moi, l’ignoble paresseux, je m’employais à faire la gueule. L’atmosphère entre nous se dégradait considérablement. Pour tout couronner dès le début de la pandémie du coronavirus, nous avions été remerciés par les entreprises qui nous promettaient un recrutement. A partir de là,  j’avais laissé tomber mon masque pour devenir pinailleur, avare et assez cru en paroles. 

Je ne me comportais plus en époux, mais en un goujat de frère qui s’accrochait avec sa petite sœur. J’avais même osé l’intervention de ma mère en guise de très mauvais médiateur dans quelques-unes de nos disputes. Ensuite, j’avais eu affaire à la sienne qui sans jouer sur les mots avait crié qu’il fallait me réveiller parce qu’elle casquait à part égale pour entretenir notre couple et qu’il n’y avait pas de raison pour je ne partage pas toutes les tâches ménagères. De fil en aiguille, nos pères ont dû être appelés eux aussi à la rescousse, mais finalement notre conflit s’était soldé par un divorce à l’amiable. 

Je me rends compte aujourd’hui que j’ai perdu ma moitié en me permettant un comportement odieux, lâche et mesquin. Surtout qu’à l’heure actuelle, en ayant été recruté à l’autre bout du Royaume, je me retrouve dans l’obligation de m’occuper seul de mon chez moi et de ma personne. Compter sur l’aide de maman ou de quiconque, c’est bien fini. Même si je vis seul et que je ne prépare aucun de mes repas, il m’en faut du temps et de l’énergie pour mettre de l’ordre dans mes affaires et rendre clean mon espace de vie et ce n’est pas de gros désencrassage qu’il s’agit !». 

Mariem Bennani 

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