Formation-employabilité | Les étudiants marocains, pas tous logés à la même enseigne

Acquérir les compétences les plus recherchées par les recruteurs est un toujours un plus qui facilite l’intégration dans le marché de l’emploi, de plus en plus exigeant et compétitif. Seulement voilà, tout le monde n’a pas cette chance.

Face au déclin de l’école publique, l’enseignement privé s’est avéré être l’unique solution pour la plupart des parents d’élèves, désireux de donner toutes les chances à leurs enfants afin qu’ils puissent par la suite, décrocher un job convenable. Quoi qu’en en dise, la majorité des établissements d’enseignement privé disposent d’un atout de taille, celui d’offrir un accompagnement sur mesure à leurs étudiants.

Dans sa dernière étude (avril 2024) sur l’employabilité des jeunes au Maroc, l’Organisation Non-Gouvernementale «Youth Africa Foundation», a procédé à une évaluation des mécanismes et programmes mis en place dans ce cadre par les écoles supérieures, publiques et privées.

Entre le public et le privé, le fossé est grand

3.348 étudiants issus de 336 établissements d’enseignement supérieur ont été interrogés dans le cadre de cette étude qui a duré trois mois (1er décembre 2023-28 février 2024). Les résultats ont mis en lumière l’absence de programmes adaptés de la part des écoles et universités publiques, qui puissent améliorer l’insertion des étudiants marocains au marché du travail. Les résultats sont sans appel.

En effet, les écoles supérieures et universités publiques au Maroc, ne disposent pas d’ateliers spécialisés pour apprendre aux élèves et aux étudiants le b.a.-ba de la rédaction d’un Curriculum Vitae (CV), pièce maitresse dans la constitution d’un dossier de candidature pour postuler à un emploi quel qu’il soit. Comme dit l’adage, la première impression est souvent la bonne. En matière de recrutement, le premier feeling entre un recruteur et un demandeur d’emploi passe à travers ce précieux document.

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L’enquête montre également une variabilité dans l’accompagnement des étudiants pour la préparation de leurs CV. Il est ainsi indiqué que les écoles privées offrent un soutien continu et sur mesure dans ce domaine, avec 39% des étudiants ayant affirmé avoir été formés à la rédaction d’un CV. En revanche, ce soutien est nettement moindre dans les établissements publics (18%).

L’étude révèle, en outre, que la mise en relation des étudiants avec des entreprises est mieux gérée dans les écoles privées, où 43% des étudiants ont déclaré avoir été assistés dans ce domaine. S’agissant de l’interaction entre les écoles privées et le monde du travail, l’enquête réalisée par la «Youth Africa Foundation»,  a fait savoir que près de 80% des établissements d’enseignement supérieur privé, ont des partenariats avec les entreprises. De plus, 63% des étudiants du privé ont affirmé que leurs écoles partagent avec eux, les opportunités de stage ou d’emploi disponibles aussi bien au Maroc qu’à l’étranger.

La réalisation de stages en entreprise est un élément intégré dans le curriculum des étudiants marocains, avec une majorité écrasante qui indique que les stages sont obligatoires. Cependant, ces obligations tendent à être concentrées vers la fin des études, avec 82% des étudiants des écoles privées rapportant que les stages deviennent obligatoires à la fin de leurs études. Ce pourcentage chute à 52% dans le public.

Pour maximiser l’impact des stages, une approche plus diversifiée intégrant des expériences pratiques tout au long du parcours éducatif pourrait être envisagée. En s’inspirant des modèles occidentaux, l’intégration de stages plus tôt et tout au long du cursus peut enrichir l’apprentissage des étudiants, les préparant efficacement à une carrière réussie.

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La plupart des étudiants des écoles privées (85,9%) indique que les stages en entreprise sont obligatoires. Ce taux atteint 90,9% pour les universités privées et 90,1% pour les écoles Instituts supérieurs reconnus par l’Etat. Ces chiffres illustrent l’importance accordée aux expériences pratiques au sein des curricula éducatifs. Cette tendance s’aligne avec les pratiques éducatives à l’international, où les stages sont intégrés dans les programmes d’études pour fournir aux étudiants une expérience pratique et les préparer efficacement à la transition vers le monde professionnel. Malheureusement, seules 9% des universités marocaines obligent leurs étudiants à effectuer des stades de fin d’études, indique l’étude de la «Youth Africa Foundation», sur l’employabilité des jeunes au Maroc.

L’intégration des Career Centers et des ressources de développement de carrière dans les écoles marocaines est une facette cruciale de la préparation des étudiants à la transition vers le monde professionnel. Cependant, l’étude révèle des écarts notables. 31% des étudiants des écoles privées ont affirmé avoir participé à des Sessions d’information sur les opportunités de carrière. Par ailleurs, seuls 18% des étudiants dans les universités publiques, ont dit avoir bénéficié de ces Sessions.  Ces résultats soulignent un besoin urgent d’accroître l’accessibilité et la fréquence des sessions d’information sur la carrière, surtout dans l’enseignement public, pour mieux préparer les étudiants à la vie professionnelle.

L’employabilité des jeunes au Maroc est inextricablement liée à la qualité et à la pertinence de l’éducation qu’ils reçoivent. La préparation des étudiants, les partenariats écoles-entreprises, l’efficacité des Career Centers, l’encadrement pendant les stages et les obligations de stage en entreprise sont tous des indicateurs clés qui, ensemble, façonnent l’employé et le cadre de demain.

HZ

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