J’ai viré ma mère et ma belle-mère à la fois !

Mehdi, 29 ans, informaticien, est marié et père d’un enfant. Ce jeune homme raconte les raisons qui l’ont poussé à couper les ponts avec sa mère et sa belle-mère, à la fois.

«Ma mère et ma belle-mère sont des coriaces qui n’étaient pas prêtes à nous ficher la paix. Elles ont vraiment dépassé les limites s’imaginant que leur statut était un passe-droit irrévocable. Pour faire cesser leurs incessantes ingérences dans mon couple, j’ai dû employer la manière forte. Il reste qu’au lieu de s’en prendre à moi, c’est mon épouse qui trinque, comme toujours d’ailleurs.

Je me suis marié, il y a peu de temps avec la personne que j’aime. Ce n’est pas une décision que nous avions prise comme ça, à la légère. Nous nous connaissions depuis 6 ans et nous avions eu le temps de nous apprécier mutuellement. Notre couple avait bien été mis à dure épreuve à de nombreuses reprises pour des raisons complètement absurdes. Mais fort heureusement, nous avions échappé à tout cela. Contre le gré de nos détracteurs, notre lien s’était bien consolidé. A cette époque, les parents n’étaient pour rien dans ces histoires.

Mon épouse, je l’adore. Il m’importe peu ce que les autres pensent d’elle, c’est ma moitié et pas celle des autres. C’est pourquoi, je lui ai toujours promis que jamais rien, ni personne, ne pourrait influencer mes pensées ou les sentiments que je lui porte. Il y a que ça craint pour elle la pauvre et beaucoup trop depuis qu’elle est mon épouse. Elle a droit aux représailles de sa mère, voyez-vous et de la mienne, à chacune son tour, ou les deux ensemble ! Elle supporte avec le sourire leurs accablantes critiques, mais je vois bien que sans mon intervention, ces tenaces abus risquent de ne jamais stopper. Oui, j’estime être dans le devoir de me le permettre pour en finir avec ce qui m’excède et m’exaspère.

Ma mère et ma belle-mère s’offusquent du fait que ma femme ne s’occupe pas correctement de son chez elle. Et depuis qu’elles sont grands-mères, elles s’incrustent, s’octroyant la permission de venir inspecter notre appartement quand ça leur chante. Evidemment, elles sont les bienvenues, mais elles pourraient faire un effort pour concevoir que nous arrivons à peine à nous retrouver dans cet énorme changement dans notre quotidien. C’est que pour nous, l’ordre et le grand ménage ne relèvent pas d’une absolue priorité depuis l’arrivée de notre premier enfant. Mais, il y va de soi que nous nous entraidons du mieux que nous pouvons pour nous en sortir dans ce chamboulement.

Au lieu de nous laisser nous débrouiller tranquillement, ou nous aider, elles viennent nous saper le moral avec leurs interminables cours sur les méthodes de rangements et d’entretien ménager. Aux yeux de l’une, ma femme est une sale petite paresseuse qui se complait dans le désordre régnant dans son intérieur. Et les yeux de l’autre voient dans notre chaos domestique du danger pour la santé son petit-fils. Bizarrement, il n’y a que ma femme qui soit dans leur viseur, jamais moi.

A ma grande surprise, tour à tour, les deux ont cru bienveillant de venir «me soutenir» dans ce qu’elles ont jugé être une catastrophe. Je n’en revenais pas qu’elles aient pu se liguer comme ça contre ma femme pour du rangement. Mes oreilles n’en pouvaient plus de cette déferlante de critiques et d’avertissements. Pour couronner le tout, selon elles, j’étais quelqu’un de peu chanceux qui devait implorer la clémence divine pour que sa femme change d’attitude.

C’est fou quand même. A aucun moment, je ne les avais vues retrousser leurs manches et se mettre au travail pour coopérer au bien de tous. Le leur faire remarquer m’a valu le plus vil des persiflages, toujours contre ma femme. N’étant pas connu pour avoir la langue dans ma poche, je ne leur avais rien cédé en renvoi de mots. Tout en insistant sur le fait que je n’avais pas épousé Mary Poppins ou la Fée du Logis, mais une jeune fille au courage certain, sans expérience du mariage, ni de la maternité.

Je me suis senti pour le coup soulagé, mais pas ma femme. Encore une fois et comme d’habitude cette prise de bec lui était retombée injustement sur le dos. Les caqueteries avaient repris de plus belle, l’accusant maintenant d’espérer l’aide de tout le monde pour être déchargée de son devoir. J’en étais absolument navré. Le comble fut qu’elles cherchèrent d’autres membres de la famille pour les conforter dans leur hystérie.

Jusque-là, il me semblait irrespectueux, voire contraire à l’éthique, de bouder nos mères, mais elles avaient été trop loin. Nous humilier ma femme et moi, en rendant publique notre intimité et demander à ce qu’on vienne jusque chez nous pour en faire le constat, ne pouvait ni s’entendre, ni se poursuivre.  Elles avaient commis l’irréparable et je n’ai pas eu d’autre choix que de leur interdire définitivement d’approcher notre maison.

Les caboches têtues et arriérées de nos génitrices, toujours explicitement fixées sur ma moitié, interprétèrent ma décision selon leur bon vouloir. Je n’en avais que faire!  Je me considérais comme un cas désespérément unique en son genre. Du jamais vu dans le pays! Les mères et belles mères ne sont-elles pas unanimement et traditionnellement connues pour ne jamais se piffrer l’une l’autre, ni être d’accord sur quoique ce soit ? Et là, pour notre pomme, nous en avons deux qui se soutiennent. 

J’espère que mon intervention sera bénéfique dans le temps et que nos mères finiront par saisir que nous ne sommes plus des enfants et que nous avons fondé notre propre famille. Et que nous nous essayons à un juste équilibre dans notre foyer. Franchement, pour moi, toute dépendance maternelle n’a plus raison d’être et à plus forte raison lorsqu’elle se confirme incommodante…».

Mariem Bennani

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