lundi 11 décembre 2017

Laila Mamou, présidente du Directoire de Wafasalaf

«La perception du voyage a beaucoup changé au Maroc»

L’Observatoire Wafasalaf a choisi «Le voyage» comme thème de sa dernière étude. Il en est ressorti que la perception du voyage a beaucoup changé au fil du temps. Plus d’explications avec Laila Mamou, présidente du Directoire de Wafasalaf.

Entretien

L’Observatoire de Wafasalaf s’est intéressé, dans sa dernière étude, au thème du voyage aux yeux des Marocains. Quelles en sont les principales conclusions?

Je souhaiterais rappeler, tout d’abord, que l’observatoire Wafasalaf a été lancé il y a 1 an. Son objectif est de mesurer 4 indicateurs clés que sont le pouvoir d’achat, les dépenses, le taux d’équipement et les intentions d’achats. Et puis, de mettre la lumière sur les principaux changements de comportements des ménages marocains. Quand nous avons lancé ces études, nous avons identifié divers sujets sur des catégories spécifiques de biens et services qui méritaient d’être analysés de façon plus approfondie. Notamment le thème des voyages qui s’est tout naturellement imposé à nous, car c’est la préoccupation actuelle des familles… Si je devais énoncer les principales conclusions de l’étude, je dirais que, ce qui nous a interpellés, c’est le changement de l’attitude du consommateur marocain vis-à-vis du voyage. En effet, pour leurs vacances, contrairement à ce que l’on peut croire, les Marocains restent majoritairement dans le pays. En effet, 93% des ménages préfèrent les destinations locales aux destinations étrangères. Le deuxième indicateur qui ressort est le recul des intentions d’achat de voyage (-4%) comparativement aux déclarations recueillies en 2016… Cela peut s’expliquer par l’environnement économique pas très favorable, ce qui interpelle également sur la question du pouvoir d’achat… Là aussi, ce qui est intéressant à souligner, c’est que les Marocains optent pour le financement de leur voyage sur leurs fonds propres: les Marocains ne s’endettent pas pour voyager, ils sont 1% seulement à avoir recours au crédit. S’agissant des lieux de séjour, plus de 51% des ménages voyagent en famille pour une durée moyenne de 12 jours, chez des proches (47%), dans des maisons ou appartements de location (27%) et dans des hôtels (20%). Cette étude révèle donc que, pour les voyages, nous sommes dans un modèle de consommation local, voire traditionnel et qu’aujourd’hui, en termes d’offres de voyages, le choix reste limité pour les ménages moyens… Cela pose la question sur les efforts à engager au niveau du secteur des voyages au Maroc, pour se structurer et épouser les nouveaux modes de consommation. L’un des objectifs derrière l’organisation des rencontres de l’Observatoire, c’est d’amener les experts du secteur à s’interroger et à prendre connaissance des mutations qui s’opèrent et qui devraient in fine influencer l’offre de demain.

Selon l’étude, les intentions de voyage vont connaître une baisse en 2017. Quelle en est la raison, selon-vous?

L’étude n’avait pas pour objectif de cerner les motivations concernant la baisse des intentions de voyage. Mais, partant d’autres informations disponibles dans le cadre des travaux conduits par l’Observatoire, il est apparent que la baisse des voyages est le résultat des contraintes économiques subies par les foyers, puisque, en matière de dépenses, les budgets consacrés aux loisirs et voyages sont les premiers à subir une contraction au niveau des dépenses, notamment chez les classes intermédiaires et populaires.

Ce genre d’études est-il mis à la disposition des responsables gouvernementaux?

L’Observatoire Wafasalaf, tel que nous l’avons pensé et construit, se veut être outil d’éclairage sur les motivations, priorités, aspirations, comportements et intentions en matière de consommation. A partir de là, ses résultats sont libres d’accès, afin d’apporter un nouveau regard sociologique sur les habitudes de consommation des Marocains et servir l’intérêt général. Les résultats issus de cet Observatoire intéressent toutes nos parties prenantes, à savoir le grand public et les médias, les décideurs politiques et nos partenaires et leurs clients. Et puis, tous les résultats des différentes études de l’observatoire sont accessibles sur le site (www.observatoire.wafasalaf.ma).

Vous avez relevé que seulement 1% des foyers contractent des crédits pour financer leurs vacances. Qu’est-ce qui fait, selon-vous, que les Marocains financent en fonds propres leurs voyages, malgré les difficultés économiques auxquelles ils font face?

Avec 1% des voyages financés par l’endettement, il faut surtout voir une tendance des foyers à ne pas privilégier des crédits spécifiquement destinés aux voyages. Il est très probable que, dans le financement propre, sont inclus d’autres moyens, tels que l’entourage ou la famille, voire la tontine.

Quelles sont les offres-vacances proposées par Wafasalaf et à quelles conditions?

Wafasalaf dispose d’une panoplie d’offres pour accompagner tous les projets de vie des ménages, que ce soit pour l’équipement de la maison, le financement de voitures, le financement des études ou bien sûr le financement des voyages…

Sur cette période estivale, nous nous positionnons à travers des offres de crédit à la consommation ouvertes pour toutes les cibles et tous les budgets. De plus, des conventions de partenariats sont signées avec les différents opérateurs du secteur du voyage qui permettent de proposer aux clients des offres de financement de crédit gratuit sur des durées allant de 6 à 24 mois.

Propos recueillis par Mohcine Lourhzal

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