A l’horizon 2025, le Royaume sera en mesure de produire au moins 6 milliards de doses de vaccins différents

vaccins anti-Covid19

, médecin-chercheur en systèmes et politiques de santé

En plein cœur de la pandémie due au nouveau Coronavirus (), en mars 2020, le Maroc avait pris une série d’initiatives novatrices qui lui ont permis de gérer efficacement la et en atténuer les conséquences socio-économiques. Aujourd’hui, le Royaume poursuit sur sa lancée avec la construction d’une usine de fabrication de vaccins anti- entre autres sérums. Lancé le 27 janvier 2022 par SM le Roi Mohammed VI dans la Province de Benslimane, ce projet ambitieux constitue un gage de souveraineté sanitaire pour le Royaume. C’est ce que démontre, chiffres à l’appui, , médecin-chercheur en systèmes et politiques de santé. Entretien.

SM le Roi Mohammed VI a présidé, jeudi 27 janvier 2022 dans la Province de Benslimane, la cérémonie de lancement des travaux de réalisation d’une usine de fabrication et de mise en seringue de tous types de vaccins, dont celui contre . Dans quelle mesure ce projet permettra-t-il de garantir la souveraineté vaccinale du Maroc?

La virulence de la induite par le Sars-Cov-2 a été riche en enseignements, tout particulièrement dans le domaine de la recherche scientifique. Le déclenchement de la pandémie dans le monde a poussé le Maroc à prendre les mesures nécessaires pour faire face à la propagation de Covid-19. Le Royaume a en effet été l’un des premiers pays au monde, à opter pour la vaccination gratuite de sa population. Parallèlement à cela, il était nécessaire que le Maroc assure sa souveraineté vaccinale, dans un contexte de course effrénée aux vaccins contre le Coronavirus à l’échelle mondiale. Pour revenir à votre question, j’estime que l’usine de fabrication de vaccins anti-covid-19 entre autres sérums, permettra à notre pays d’assurer son autosuffisance vaccinale. Une fois achevée, l’usine de Benslimane sera l’une des plus grandes plateformes au niveau international en matière de mise en seringue et de fabrication des produits biotechnologiques. Elle permettra la fabrication de substance active de plus de 20 vaccins et produits bio-thérapeutiques, incluant 3 vaccins anti Covid-19. A terme, le Maroc devrait couvrir 70% de ses besoins en vaccins et au moins 60% de ceux du continent africain. A l’horizon 2025, le Maroc sera en mesure de produire au moins 6 milliards de doses de vaccins différents. Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui,  de nombreux pays ne peuvent pas investir dans la fabrication de vaccins en raison des exigences mondiales dans ce domaine, outre les investissements que cela nécessite. Grâce à une stratégie Royale claire et avant-gardiste, le Maroc peut être fier d’avoir franchi un pas décisif qui lui permettra d’intégrer le club très restreint, des grands producteurs mondiaux de vaccins. Toutefois, j’attire l’attention sur le fait que la souveraineté et l’autosuffisance vaccinale s’appuie sur d’autres facteurs, tout aussi importants que le volet infrastructures.  

Quelles sont ces facteurs?

La souveraineté sanitaire s’appuie aussi sur la qualification des ressources humaines médicales dont les médecins et les biologistes. Je rappelle qu’au Maroc, le déficit en nombre du personnel médical est de l’ordre de 32.000 médecins. Pour pallier cette situation qui est loin de corréler l’ambition du Royaume de garantir sa souveraineté vaccinale et sanitaire, il a été décidé d’ouvrir le secteur de la santé aux compétences étrangères, tout en encourageant les médecins marocains résidant à l’étranger à opter pour le Maroc en tant que destination pour l’exercice de leur profession. Le chantier Royal relatif à la généralisation de la couverture sociale et à la refonte du système de santé de manière générale, s’inscrit dans cette même logique, dans la mesure où il est aujourd’hui question d’accroître l’efficacité et d’améliorer les conditions de travail du personnel médical, toutes catégories confondues. L’usage des nouvelles technologies constitue également un pilier fondamental pour garantir la souveraineté sanitaire du Maroc. Parmi ces innovations, figurent l’utilisation de robots, ainsi que les technologies qui visent à réduire les coûts et à rationaliser l’utilisation des ressources humaines. Pour surmonter les difficultés qui pourraient entraver l’investissement dans les industries des vaccins, il est nécessaire de disposer d’une expérience pointue dans l’industrie pharmaceutique de manière générale et des médicaments stériles en particulier. Peu de gens le savent, mais le contrôle de la qualité d’un nécessite à lui seul, 70% du temps de production des sérums, outre le fait qu’il mobilise près de la moitié des employés de la chaîne de production.

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Avec l’usine de Benslimane, le Maroc ambitionne de couvrir ses besoins en vaccins, notamment contre Covid-19. En dépit des efforts consentis dans ce domaine par les pouvoirs publics, l’engouement des Marocains pour la troisième dose du contre le Coronavirus semble s’essouffler. Que diriez-vous à ceux qui hésitent encore à recevoir leur dose  booster?

Selon les derniers chiffres relatifs à la campagne de vaccination contre le Coronavirus au Maroc, le taux des primo-vaccinés s’élève à 67,3%, 63% pour la deuxième dose et 10,5% seulement pour la dose de rappel. Sachant que le Royaume a décidé de rouvrir son espace aérien à compter du 7 février 2022, il est plus que jamais nécessaire de faire preuve d’une forte dose de patriotisme afin de préserver les acquis du Maroc dans la lutte contre la pandémie et éviter un retour à la case départ, au moment où le pays ambitionne d’atteindre l’immunité collective pour un retour à la vie normale le plus rapidement possible. D’après les informations que j’ai reçues, le Maroc se dirige vers la levée des mesures restrictives en mars 2022. Toutefois, cette décision reste tributaire de l’état d’avancement de la campagne de vaccination anti-Covid-19. L’Etat a assumé pleinement ses responsabilités depuis le début de la . Faisons de même. Il en va de l’avenir de notre pays et de son économie.    

Propos recueillis par Mohcine Lourhzal

La phrase:

«D’après les informations que j’ai reçues, le Maroc se dirige vers la levée des mesures restrictives en mars 2022»

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