dimanche 22 octobre 2017

Hassan Boulaknadel, DG de l’Office des Changes

«Les équilibres macro-économiques sont globalement satisfaisants»

Le passage d’un régime de change fixe à un régime de change flexible doit se faire dans des conditions bien spécifiques. L’entame de cette réforme suppose que toutes les conditions sont aujourd’hui réunies. Quel est l’avis de Hassan Boulaknadal, DG de l’Office des Changes? Entretien.

L’économie nationale est-elle aujourd’hui si bien portante, pour supporter ce passage d’un régime de change fixe à un régime flexible?

La mise en place d’un régime de change flexible est tributaire de certains prérequis essentiels, dont notamment les équilibres macro-économiques à moyen et à long-termes. L’analyse des différents indicateurs d’appréhension de ces équilibres permet de relever qu’ils sont globalement satisfaisants.

En effet, l’encours de la dette publique rapporté au PIB, qui constitue l’indicateur synthétique d’appréciation du niveau de maîtrise des équilibres budgétaires, reste dans la majorité des années proche du seuil de 60%. En outre, le niveau des réserves de change, qui peut être considéré comme l’indicateur d’appréhension des équilibres externes, s’est établi également, durant les vingt dernières années, à un niveau supérieur au seuil critique de trois mois.

Est-ce le moment opportun, vu qu’on parle de maîtrise des fondamentaux?

Le passage à un tel régime doit être opéré dans un contexte marqué par un marché des changes stable et équilibré. Les excédents des règlements extérieurs du Maroc enregistrés depuis 2013, inhérents à la baisse des prix des produits pétroliers, aux performances des secteurs exportateurs marocains et au maintien de la dynamique positive des investissements directs étrangers, semblent indiquer que le timing choisi pour la mise en place de la flexibilité est approprié.

Quelles répercussions risque-t-il d’y avoir sur le pouvoir d’achat du citoyen?

Les différentes études effectuées à ce sujet montrent que le degré de transmission des dépréciations éventuelles des taux de change demeure globalement faible au Maroc. Cette faiblesse est due essentiellement à la bonne politique de maîtrise de l’inflation que la banque centrale mène depuis une dizaine d’années. En effet, le taux s’établit en moyenne à 2% à peu près durant les vingt dernières années, de 1994 à 2013, contre un taux moyen d’inflation largement supérieur dans les pays comparables au Maroc durant ladite période.

Par ailleurs, pour qu’un impact sur les prix intérieurs puisse être constaté, il faut en principe qu’il y ait une dépréciation en continu du taux de change, ce qui ne correspond absolument pas au scénario de la réforme envisagée par le Maroc.

On parle d’encourager à consommer national. Est-ce que les outils de production en national seront en mesure de répondre à la demande?

La politique protectionniste est une spirale qui a été expérimentée dans plusieurs pays du monde, particulièrement dans les années 1960 et 1970 et qui a abouti à de mauvais résultats économiques. Le Maroc a mené une politique de libéralisation graduelle de son économie depuis le début des années 1980, qui s’est traduite par de bonnes performances macro-économiques, comparativement à d’autres pays. Cette politique a été consolidée par les différents plans sectoriels, tels le plan d’émergence industrielle, etc. Les résultats constatés durant les dernières années semblent indiquer que cette politique est pertinente.

En effet, le secteur de l’automobile a enregistré une évolution «phénoménale», puisque les exportations ont quadruplé au cours des dix dernières années, totalisant 488 milliards de dirhams en 2015, au lieu de 127 MMDH en 2007.

Quant au secteur de l’agriculture et de l’agro-alimentaire, il a également enregistré une évolution remarquable ayant permis aux exportations de s’élever à 459 milliards de dirhams en 201,5 contre 261 milliards de dirhams en 2007.

Pour ce qui est de l’aéronautique, ce secteur, inexistant il y a quelques années au niveau des secteurs exportateurs marocains, a connu une évolution très importante, puisque les exportations ont presque triplé au cours des dix dernières années, s’élevant ainsi à 8,2 milliards de dirhams en 2015, contre 3 milliards de dirhams en 2007.

Cette dynamique s’est traduite par une évolution remarquable du degré de diversification de l’économie marocaine durant les dernières années. A titre d’exemple, l’indice de concentration qui exprime le nombre de produits réalisant 50% des exportations est passé de 4 en 1998 à 7 en 2015. 

Propos recueillis par Hamid Dades

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