Influenceurs Vs Consommateurs | Une relation à clarifier

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Un épilateur soi-disant efficace, une crème éclaircissante, un rouge à lèvres flamboyant. Sur les , les vantent les atouts de toutes sortes de produits.

Bien que le contenu qu’ils présentent plaise aux jeunes non avertis, qui constituent d’ailleurs leur principale cible, la vigilance doit rester de mise. En effet, certains produits comme les cosmétiques, peuvent provoquer des effets indésirables ou secondaires graves, surtout lorsqu’ils sont contrefaits.

Suivisme quand tu nous tiens !

Une jeune youtubeuse recommandant à ses followers (suiveurs), d’opter comme elle pour une séance de peeling au laser, un soin médical qui n’est pas sans risques et qui doit être prescrit exclusivement par un médecin spécialiste. Une autre, à la bouche plastiquement pulpeuse conseillant un fillers aux lèvres à ses abonnées. Une troisième encourageant sa communauté sur les , à utiliser des dents préfabriquées (Snap on Smile), pour camoufler celles détériorées par des caries, malgré le grand risque lié à cette pratique. Ces vidéos incitatives, on en compte par centaines, voire par milliers chaque jour sur les . Pour avoir une idée plus claire sur les risques qu’encourent les qui suivent à l’aveuglette les «conseils» que leurs prodiguent certains , notamment dans le domaine médical, sans forcément être habilités à le faire, Le Reporter a contacté un professionnel de la santé. Selon le Dr. Ahmed Bennis, «l’impact des sur les services médicaux, constitue un danger explicite pour la santé et la publique!». Et d’ajouter que le plus choquant est que certains médecins et centres médicaux recourent de plus en plus aux services des disposant d’un grand nombre de followers, pour attirer de nouveaux clients, en l’absence d’un code éthique ou charte de bonne conduite qui pourraient encadrer cette nouvelle activité qu’est le marketing d’influence sur le web.

Le cadre juridique, est-il verrouillé ?

A ce jour (8 juin 2022), il n’existe pas de loi spécifique qui régit l’activité d’influenceur. C’est ce qu’explique au Reporter, Rachid Lazrak, professeur de droit à l’Université Ibn Tofail de Kenitra, ajoutant que ce vide juridique rend impossible, pour un consommateur, de prouver qu’il a été victime de pratiques commerciales frauduleuses (publicité mensongère, produits contrefaits, commandes non-livrées…) de la part d’un influenceur, surtout quand ce dernier exerce hors du cadre légal. Toutefois, il est tout à fait possible de poursuivre en justice tout influenceur auteur de publicité mensongère ou trompeuse, à condition que ce dernier exerce dans le cadre du statut d’auto-entrepreneur ou en tant de Société à Responsabilité Limitée (SARL). Dans ce cas, le consommateur arnaqué peut porter son affaire devant la justice en se référant à l’article 540 du Code pénal qui prévoit des mesures répressives contre l’escroquerie, à savoir l’emprisonnement d’un à cinq ans et une amende de 500 à 5.000 dirhams. De même, l’article 1 de la loi 13-83 relative à la répression des fraudes sur les marchandises punit la fraude de marchandises d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans et d’une amende de 1.200 à 24.000 dirhams ou de l’une de ces deux peines. Toutefois, le problème qui se pose est celui de la preuve, surtout en l’absence d’une facture qui prouve un achat de marchandises sur Internet. Dans la plupart des cas, les influenceurs qui refilent toutes sortes de produits contrefaits aux clients les plus crédules, refusent de leur remettre ce document clé qui pourrait être utilisé contre eux.

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La nouvelle génération ultra-connectée a su tirer parti de l’essor des réseaux sociaux. Avec cette nouvelle tendance, les influenceurs pullulent sur le web. Par conséquent, le législateur marocain doit encadrer cette activité et ainsi barrer la route aux individus qui utilisent les réseaux sociaux  pour s’enrichir en ne fournissant aucun effort, si ce n’est palabrer à longueur de journée et partager leurs moindres faits et gestes qui n’apportent rien à la société si ce n’est d’abrutir une jeunesse marocaine qui sera appelée à porter le du pays aux côtés de ses aînés.

M. Lourhzal

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