Métiers du web | Portrait robot d’un influenceur en 2022

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Quand on demandait à un enfant «que veux-tu faire quand tu seras grand?», les réponses étaient classiques. Si par le passé, les jeunes Marocains rêvaient de devenir médecins, agents de police, instituteurs, ou avocats, entre autres professions qui permettent d’atteindre un certain statut social, la nouvelle génération (aussi appelée génération Y), est aujourd’hui attirée par une nouvelle activité qui tend à devenir un métier à part entière.

De nos jours, il est devenu fréquent de trouver une story, une publication ou tout autre format de contenu d’un recommandant ou déconseillant les produits d’une marque à sa communauté sur le web. De ce fait, en utilisant leur emprise sur les internautes qui les suivent, les influenceurs sont susceptibles de faire et défaire l’e-réputation d’un produit. Qui sont ces nouvelles «stars» du web et combien gagnent-ils?

Dans la peau d’un marocain

Un est un internaute, qui grâce à sa forte présence sur les réseaux sociaux est parvenu à devenir un relais d’opinion auprès des consommateurs. Internet a, en effet, permis à de nombreuses personnes de gagner en influence et d’être suivies en retour, par des milliers voir des millions de fans. De ce fait, c’est l’influence digitale qui prend aujourd’hui le relais parmi les nombreux leviers de communication. Il faut dire que le d’influence a rapidement émergé pour s’introduire dans les stratégies de communication des grandes marques pour faire la promotion de leurs produits et par la même occasion, attirer de nouveaux clients, notamment parmi les jeunes dont la quasi-totalité est aujourd’hui connectée à internet. C’est la raison pour laquelle les influenceurs sont aujourd’hui autant sollicités. Toutefois, ils doivent remplir certains pré-requis. En pratique, plus un dispose d’une large communauté, plus il aura de chances d’être contacté par un fabriquant de produit quel qu’il soit.

On distingue trois grandes catégories d’influenceurs, en fonction de leur nombre d’abonnés ou de followers sur les réseaux sociaux. D’abord il y a les macro-influenceurs qui désignent les internautes à forte notoriété, regroupant souvent plus d’un million d’abonnés sur leurs pages ou comptes sur les réseaux sociaux. Viennent, ensuite, les micro-influenceurs. Ces derniers représentent des profils beaucoup plus intéressants aux yeux des marques, car plus engagés auprès de leurs communautés respectives. Pour de nombreuses firmes, il est important d’obtenir du feedback sur un produit ou un service, et c’est là que les micro-influenceurs interviennent. Viennent, enfin, ceux que l’on appelle les nano-influenceurs qui interviennent généralement dans les secteurs dits de niche, comme les produits de beauté, la téléphonie mobile ou encore les marques de luxe. Dans ce cas précis, la relation peut être directe entre l’influenceur et la marque dont il sera amené à faire la promotion, ou par le biais d’une agence de marketing d’influence qui gère les relations avec les influenceurs. Cette dernière établira une stratégie d’influence pour le compte de la marque, tout en classant les influenceurs auxquels elle a recours en fonction de leurs niveaux de rendement.

Depuis quelques temps, au , on assiste à une autre forme d’influence sur le web. Il s’agit de l’«unboxing». Cette nouvelle tendance qui prend de plus en plus d’ampleur consiste à déballer, en vidéo, un produit et à en donner ses premières impressions. Concrètement, un influenceur reçoit un produit donné (téléphone portable, tablette, téléviseur machine à café, tondeuse à cheveux…), qu’il déballera avant d’en faire l’essai on live devant sa caméra. On déplore, toutefois, le fait que les influenceurs qui s’adonnent à la pratique de l’«unboxing», se contentent de mettre en avant les avantages de tel ou tel produit, sans trop s’attarder sur ses points faibles ou danger pour la santé, comme c’est le cas pour certains téléphones portables et produits cosmétiques.

Gagner de l’argent n’a jamais été aussi facile

Au , grâce à la digitalisation et à la vulgarisation des réseaux sociaux, gagner de l’argent en ligne est devenu un jeu d’enfant, c’est le cas notamment des influenceurs qui peuvent multiplier leurs gains de différentes manières. La première source de revenus pour un influenceur est le «marketing d’affiliation». C’est une technique qui consiste en la promotion de services ou de produits d’un site annonceur, moyennant une rémunération sur la base de la vente, du ou du nombre d’inscriptions que l’influenceur a réussi à générer. En pratique, l’influenceur recommande à ses followers (suiveurs) les produits et/ou services en question, et propose un code promo pour les inciter à acheter. Le marketing d’affiliation permet à l’influenceur d’être payé en fonction des ventes qu’il a réalisées. Généralement, la rémunération à percevoir dans le cadre du marketing varie, ente 5 et 20% de la valeur des ventes réalisées auprès de ses abonnés ou followers. Les partenariats sponsorisés constituent également une source importante pour les influenceurs. Ces partenariats se présentent sous forme de contrats en vertu desquels l’influenceur est tenu de faire la publicité d’un produit x ou y, à travers des stories et courtes publications (descriptifs) sur son profil. Le niveau de rémunération à percevoir, dépendra principalement de la marque, mais également de la qualité et de la notoriété de l’influenceur. De manière générale, le revenu que ce dernier percevra peut se chiffrer en centaines ou en milliers de dirhams par publication, à condition qu’il soit suivi par un nombre important d’internautes. La troisième source de revenus pour un influenceur est la vente de formation qui permet de proposer des formations en photographie, en marketing ou dans le domaine de la vente immobilière. Cette catégorie d’influenceurs est quasi-inexistante au , dans la mesure où l’activité d’influenceur n’est pas encore réglementée dans le Royaume. En conséquence, une grande partie des influenceurs marocains donnent  leurs avis sur tout. Certains vont même jusqu’à s’exprimer notamment sur des sujets liés aux domaines médical ou politique, sans connaissance de cause. Ceci pousse de nombreux observateurs à se poser la question de savoir si éthique et influence sur le web peuvent fonctionner de pair.

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M. Lourhzal  

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Marketing d’influence

Une activité juteuse !

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En l’absence de données officielles, il est difficile d’établir avec exactitude les revenus des influenceurs au Maroc, mais les estimations laissent penser que ces derniers mènent une vie aisée avec le moindre effort, contrairement à la majeure partie des citoyens qui doivent trimer dur pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles. Le Reporter a contacté une jeune influenceuse qui habite un quartier huppé de Casablanca. Suivie par près de deux millions de personnes sur , elle nous a confié percevoir 20.000 dirhams en moyenne par mois, de la part de cette plateforme d’hébergement de vidéos. Et notre interlocutrice d’ajouter que les tarifs varient en fonction de la notoriété du youtubeur.  Pour les autres réseaux sociaux, Instagram reste la plateforme la plus utilisée en matière d’influence marketing. Ici, ce sont les collaborations avec les marques que les influenceurs s’arrachent. Là encore les tarifs varient selon plusieurs critères, notamment la taille de leur communauté.

Généralement, un influenceur ou une influenceuse avec une communauté de 100.000 followers ou plus, peut demander 20.000 dirhams pour un post et quelques photos en story, vantant telle ou telle marque ou produit. L’autre paramètre pris en compte est celui de l’ampleur du dispositif et du type de contenu. Cela correspond à la taille et la durée de la campagne, ainsi que le nombre de posts. La production d’une vidéo demande plus de ressources qu’un simple post, chaque type de contenu ne requiert pas le même temps et la même implication, ce critère influe aussi sur les tarifs. Pour une photo contenant un placement de produits publiée sur Instagram, les prix varient entre 2.000 et 7.000 dirhams. S’agissant des stories qui dépassent les 20.000 vues, le tarif moyen est de 3.000 dirhams, nous explique notre source. 

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