Presse, marketing d’influence | Les starlettes du web peuvent-elles supplanter les (vrais) journalistes ?

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Les médias structurés jouent un rôle central à plus d’un titre. Eclairer, orienter et fédérer l’opinion publique autour des grandes causes nationales, sont les principales missions du journaliste professionnel.  

Il a été remarqué récemment, au Maroc, une fâcheuse tendance de la part de certains responsables gouvernementaux, à faire appel aux services d’influenceurs, pour faire la promotion sur les réseaux sociaux, de grands projets à portée socioéconomique.

Du professionnalisme à l’ère de l’amateurisme  

S’il est vrai que la présence sur internet est aujourd’hui une étape difficilement contournable en matière de communication politique, il existe une autre vérité toute aussi indéniable, qui réside dans le fait que les médias sérieux (journaux, radios, télévision, sites d’informations crédibles et fiables), sont les seuls habilités à évaluer les politiques publiques, tout en contribuant à l’élévation du niveau du débat public.

Dans l’exercice de leur profession, les journalistes marocains obéissent à des règles éthiques et déontologiques définies (Code de la Presse et de l’Edition), outre un ensemble de dispositions légales contenus dans le Code pénal. Avant de publier  une quelconque information, le journaliste professionnel vérifie sa véracité tout en l’enrichissant avec une analyse approfondie, notamment par le biais d’avis d’experts en fonction de la nature du sujet ou du thème traité. Ce procédé minutieux permet au récepteur (lecteur, auditeur ou téléspectateur), d’avoir une information complète et fiable, loin des louanges trompeuses à objectif commercial, qualité propre  à la grande majorité des influenceurs sur les réseaux sociaux qui se plaisent à l’idée de porter une casquette qui n’est pas la leur, celle de journaliste.

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A qui la faute dans cette anarchie?

A vrai dire, les influenceurs ne sont pas les seuls à blâmer pour cette situation. Le reproche doit être fait d’abord à ces ministres qui mettent en avant de simples facebookers et accros au web, au détriment de personnes qui se creusent les méninges, au quotidien, pour éclairer les esprits et aiguiser le sens critique des Marocains.  Lors de la cérémonie de présentation et de lancement du programme «Forsa» en avril 2022 à Rabat, par la ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie Sociale et Solidaire, Fatim-Zahra Ammor, les (vrais) journalistes ont tous répondu présent à cet événement. Sur place, ce sont les influenceurs qui ont été mis à l’honneur par la ministre, sous prétexte que ledit programme est destiné à une cible jeune.

Le Reporter, comme tout journal qui se respecte, a assuré la couverture médiatique de la cérémonie de lancement de «Forsa» avec tout le professionnalisme requis, en dépit du dédain et la déconsidération dont a été victime le corps journalistique marocain, ce jour-là. Après tout, les ministres passent, le journalisme ne meurt jamais.

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Dans une déclaration au Reporter, l’expert en communication et professeur à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC) de Rabat, Abdelouahab Allali, a assuré que «les influenceurs ne supplanteront jamais les journalistes professionnels». Plusieurs experts en médias plaident pour la mise en place d’une éducation médiatique au sein des établissements scolaires et universitaires. Ils insistent sur l’impératif du renforcement du statut de journaliste au sein de la société marocaine.

M. Lourhzal

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