lundi 23 octobre 2017

Pourquoi la Fête du Trône ?

Trop, c’est trop. Les appels lancés par on ne sait qui, à partir d’on ne sait où, pour une manifestation à Al Hoceïma, le jour de la Fête du Trône (dimanche 30 juillet), sont une pure provocation !

D’après ce que l’on sait, le chef de file des manifestants du Rif, Nasser Zefzafi, ainsi que ses amis, bien que tous aujourd’hui en détention, ont totalement rejeté ces appels et demandé à la population d’Al Hoceïma de ne pas y adhérer.

De même, le fondateur du Comité des familles des détenus du Rif, Farid Hamdioui, se lave les mains de ces appels, les qualifiant de dangereux dérapage.

Alors, qui cherche à faire monter la tension, quelles que soient les initiatives prises pour calmer la population et restaurer un climat de confiance ? Qui veut à tout prix déstabiliser le Rif et, partant, le pays ?

Choisir un jour aussi symbolique que celui de la Fête du Trône, pour manifester, ne laisse aucun doute sur les intentions…

Disons-le clairement, c’est une provocation délibérée… Et inacceptable ! Inacceptable, d’abord, parce que totalement injustifiée.

Le Roi en a fait beaucoup plus que n’importe qui pour Al Hoceïma. C’est lui qui, avant même que les habitants de cette cité du Rif ne le réclament, avait lancé un plan de développement de la ville «Plan Al Hoceïma Manarat Al Moutawassit». C’était en 2015. Et ce n’est pas de sa faute si l’exécution du plan a connu un tel retard. C’est également lui qui a relancé le tourisme dans la ville et la région, en choisissant d’aller passer ses vacances d’été là-bas, ce qui a eu un effet d’entraînement sur les autres vacanciers, du pays ou d’ailleurs. C’est encore lui qui a accordé plus d’importance à une seule plainte de citoyen d’Al Hoceïma, qu’au bras immobilier de l’Etat, la CGI. Laquelle a payé cher pour cette plainte (sans oublier les deux patrons de la CDG et de la CGI traités comme des malfrats, suite à la plainte).

C’est toujours lui qui, même en pleine tournée en Afrique, pour défendre la cause du Sahara, a ordonné à une délégation ministérielle de haut niveau de se rendre immédiatement auprès de la famille du poissonnier Fikri, broyé accidentellement par une benne à ordures et lui présenter les condoléances. Enfin, c’est lui qui a donné, au dernier Conseil des ministres, des instructions fermes pour relancer le plan de développement d’Al Hoceïma, tançant le Gouvernement et privant ses membres, concernés par le plan, de vacances…

Inacceptable, ensuite, parce que la poignée d’instigateurs de ces appels ne peut imposer, à toute une population, son irrespect des symboles du pays.

Libre à ceux qui ne veulent pas tenir compte de la Fête du Trône de ne pas le faire. Mais qu’ils s’en tiennent à leur choix individuel, sans perturber la place publique. Il y a 20 ou 30 ans, fêter l’accession du Roi au Trône était une obligation coûteuse. Tous les établissements publics, collectivités, commerces, etc, devaient organiser une réception. Avec le règne de SM Mohammed VI, ces pratiques ont été remisées. Une seule fête est organisée autour du Roi. Pour le reste de la population, c’est juste un jour férié.

Cependant, la symbolique reste intacte. La Fête du Trône, c’est la fête qui rend hommage à la monarchie marocaine. Cette monarchie qui maintient et garantit l’union du peuple marocain, en dépit de ce qui pourrait séparer ses différentes composantes (Soussis, Rifains, Sahraouis, Doukkalis, Mzabis, etc). Voire, en dépit de ce qui pourrait les faire se dresser les unes contre les autres.

Une monarchie moderne, qui –quoiqu’on dise- laisse aux citoyens plus de liberté qu’ils ne pourraient en avoir dans d’autres pays, pourtant plus grands, ou plus riches. Comme la Russie, la Chine, l’Iran, les Monarchies du Golfe, la Pologne (en atteste l’actualité de la semaine et le bras de fer Pologne-UE sur les libertés)… Reconnaissons-le objectivement… Ne parlons même pas de la Corée, ou de pays beaucoup plus proches… Une Monarchie avec laquelle on peut aller encore plus loin dans la construction d’un Etat de droit.

Voilà pourquoi la Fête du Trône… Et voilà pourquoi ceux qui viendraient à l’instrumentaliser pour exacerber les colères, en seront sûrement empêchés par les forces de l’ordre. Qu’ils ne viennent pas s’en plaindre après… 

 

Bahia Amrani

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