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Mali Le «devoir d’histoire» de la France et du Maroc

Deux événements auront marqué, à Bamako, les cérémonies d’investiture du président malien, Ibrahim Boubacar Keita: la présence du président français, objet de la liesse populaire et celle plus inattendue du roi du Maroc.

Roi mohammedVI president hollande au mali septembre 2013

Plus inattendue, mais tout à fait cohérente et légitime au regard de l’actualité et de l’Histoire. Le Maroc a soutenu la France dans son action militaire contre les djihadistes. Mais au-delà de cette actualité, le Maroc, comme la France, a un devoir d’Histoire vis-à-vis du Mali.

Le président Hollande a évoqué la participation des soldats maliens sous le drapeau tricolore aux deux guerres mondiales.
Cette phase de colonisation a finalement été une parenthèse. Une parenthèse qui a cependant tout changé et qui donne à la France des responsabilités et des obligations.
Mais le Maroc, lui, a toujours été un acteur majeur de la politique sahélienne. Il a protégé les routes commerciales, dynamisé les relations commerciales et humaines avec le sud du Sahara et son rôle dans l’épanouissement d’un islam de tolérance dans toute la région est permanent et n’a jamais faibli.
Il est évident que l’avenir du sahel, comme la menace terroriste, concernent le Maroc et la France dans leurs intérêts vitaux et cela est un héritage de l’Histoire.
Le Maroc revient au premier plan, mais il a toujours eu un rôle dans cette partie de l’Afrique, ce qui n’est le cas ni de la Libye, ni de l’Algérie. Les tentatives de ces deux pays pour accroître leur influence subsaharienne semblent avoir échoué. Pour Tripoli, depuis la chute de Kadhafi, bien sûr, elle a signé la fin du mirage des «Etats unis d’Afrique noire» autour du Colonel et, pour l’Algérie, depuis que le Maroc a repris toute sa place. Une place que le voyage du roi, la durée de son déplacement et l’importance de ses contacts ont confirmée.
La presse ne s’y est pas trompée, témoigne cette analyse du «Courrier Stratégique», magazine d’influence internationale: «La rivalité entre Rabat et Alger pour imposer leur influence en Afrique subsaharienne donne une longueur d’avance au Royaume chérifien.
«La contribution jugée précieuse dans le dénouement de la crise malienne et la présence du Roi Mohammed VI aux côtés du nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keita, au jour de son investiture, ne font que confirmer cette prééminence de la diplomatie marocaine en Afrique.
«Depuis l’intronisation de Mohammed VI en 1999, le Maroc, membre fondateur de l’OUA, l’actuelle Union Africaine, a réussi à grignoter beaucoup d’espace sur l’échiquier politico-diplomatique africain aux dépends de son éternel rival algérien qui s’est recroquevillé sur lui-même depuis les années noires (guerre civile de 1991 à 2002)».
Napoléon disait: «la politique d’un pays est inscrite dans sa géographie». Le Sahel et l’Afrique subsaharienne font partie de la géographie et de l’Histoire du Maroc comme… un prolongement géopolitique permanent et indiscutable.
En ce qui concerne la préservation du génie musulman autour de Tombouctou, le Maroc, comme la France, est impliqué et peut être encore plus, au nom de l’islam de l’intelligence menacé par des obscurantistes.
A la fin du XVIe siècle, les rois saadiens, forts de l’achèvement de la réunification du Maroc et de la bataille des Trois Rois, désirent sécuriser les pistes sahariennes et les mines d’or et de sel, dépendant alors de l’Empire songhaï. Face à un Askia Ishaq II très hostile, les Saadiens décident alors d’intervenir. En 1577, les forces marocaines atteignirent Teghazza lors d’un raid et obtiennent des Songhaïs l’exploitation des salines. En 1582, une expédition mal préparée échoue devant Tombouctou.
Le territoire formant le Pachalik de Tombouctou est finalement conquis par le Maroc en 1591, suite à la bataille de Tondibi qui voit la défaite de l’armée songhaï face à l’expédition du sultan saadien Ahmed al-Mansur, dirigée par Yuder Pacha. Cette allégeance s’est renouvelée suite à l’arrivée au pouvoir de la dynastie alaouite et le contrôle marocain redevint effectif sous le règne du sultan alaouite Moulay Ismaïl.
Entre la fin du XVIIIe siècle (marqué par des luttes incessantes entre les Touaregs, les Marocains et les peuples de la vallée du Niger) et le début du XIXe siècle, l’influence politique marocaine recule. Elle revient, adaptée au monde d’aujourd’hui, car jamais Rabat, pas plus que Paris, n’abandonnera aux fanatiques Tombouctou.

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