Huiles de table | L’avis d’Ahmed Rahhou sur les prix et couverture de risque

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Le Conseil de la concurrence, que préside Ahmed Rahhou, ex-PDG de Lesieur Maroc pour qui le marché des huiles n’a aucun secret, avait été saisi pour un avis sur les prix de vente des huiles sur le marché national. Voici les remarques et recommandations d’un expert en la matière.

Les prix des huiles de table ayant augmenté récemment, le Conseil de la Concurrence avait été saisi pour un avis sur «l’examen du respect des règles d’une concurrence libre et loyale par les producteurs et importateurs des huiles de table, suite aux augmentations des prix de vente constatées sur le marché national».

L’avis du Conseil est d’autant plus intéressant que le Président du Conseil, Ahmed Rahhou a une connaissance parfaite du domaine, ayant eu à diriger la plus importante entreprise de ce secteur, au Maroc.
La MAP ayant passé en revue les conclusions de l’avis du Conseil avec A. Rahhou, ce dernier a pu les préciser davantage.

Il a ainsi insisté sur la nécessité d’assouplir les mécanismes de couverture de risque pour les opérateurs du marché national des huiles de table afin d’améliorer le fonctionnement concurrentiel de ce marché.

«Le Conseil recommande que les instruments qui permettent aux opérateurs de mieux couvrir le risque concernant les fluctuations des matières premières soient davantage assouplis», a indiqué A. Rahhou. Ces règles sont établies par l’Office des changes, a-t-il rappelé.

De même qu’il a appelé à l’augmentation des capacités de stockage national pour baisser le coût des matières premières et, par ricochet, faire diminuer le prix de vente final de l’huile de table.

«Nous considérons qu’un stock d’un mois peut présenter un risque, parce que si, à un moment donné, un bateau de transport de l’huile n’arrive pas, on risque d’être en rupture», a-t-il mis en garde.

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Autre recommandation: soutenir l’amont de la filière relatif à la production locale de graines oléagineuses pour produire des huiles. «Nous incitons les autorités publiques à continuer l’effort de soutien à cette filière surtout maintenant, vu le niveau des prix», a expliqué A. Rahhou.

Le Président a également fait observer que le nombre d’opérateurs dans ce secteur est «limité», précisant que ledit secteur «n’est pas attractif». «Les marges dans ce secteur, ainsi que les montants d’investissement nécessaires, en plus de toute la logistique, sont relativement significatifs», a-t-il estimé, ajoutant que d’ailleurs, à travers le monde, il n’y a pas beaucoup d’acteurs dans ce type de secteur en général.

S’arrêtant sur les facteurs explicatifs des augmentations des prix de vente de l’huile de table constatées sur le marché national, A. Rahhou a relevé que celles-ci s’expliquent par la conjonction de facteurs objectifs liés à la structure du marché lui-même et aux évolutions du marché extérieur dont il est dépendant.

Concernant la structure du marché interne, il s’agit d’un marché fortement concentré et peu attractif, dont les importations en huiles brutes sont concentrées dans trois régions.

Concernant les facteurs liés au marché extérieur, le Président Rahhou a évoqué la hausse des cours mondiaux des huiles brutes et des coûts de matières premières, aggravée par l’augmentation concomitante du prix de l’énergie et du transport.

Le Conseil, a-t-il dit, a analysé le timing de ces hausses et leurs conséquences sur le marché. «On a constaté une corrélation directe, c’est-à-dire, que les augmentations à l’étranger sont répercutées sur le consommateur», a-t-il conclu.

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