Reconversion Professionnelle | Plan B, la clé pour s’en sortir !

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Le couvre-feu nocturne, en vigueur tout au long du mois de Ramadan, oblige plusieurs secteurs d’activité à suspendre momentanément leurs activités. Dans ce contexte contraignant, la reconversion professionnelle reste l’unique solution de secours pour sortir la tête de l’eau. 

Il ne faut pas se leurrer, trouver un travail est extrêmement difficile au Maroc. En période de crise sanitaire, ça l’est encore plus! Et que dire de ces centaines d’employés dans les cafés, restaurants, snacks et hôtels qui doivent aujourd’hui se trouver un nouveau job, le temps d’un mois, pour subvenir à leurs propres besoins et ceux de leurs familles? Ceux-là se trouvent dans une position peu enviable. Le communiqué du gouvernement est clair. Le Maroc sera sous couvre-feu, chaque jour, de 8 heures du soir à 6 heures du matin. Ce black-out va rester en vigueur jusqu’à la fin du Ramadan. L’objectif est de faire infléchir la courbe des contaminations au Sars-Cov-2, plus connu sous le nom de Covid-19.

Ils comptent changer de job…

S’il est vrai que personne ne conteste la décision prise par l’Exécutif, du moment où elle vise la préservation de la santé du citoyen surtout après l’apparition du variant britannique du Coronavirus, nombreux sont les personnes qui exercent en tant que serveurs, cuisiniers, femmes de ménage dans les cafés, restaurants, petits hôtels, qui ont été tétanisés par l’impossibilité de poursuivre leurs activités quoique à titre provisoire. En effet, Ramadan au Maroc, s’accompagne souvent d’un boom de la consommation, surtout chez les familles nombreuses. Cette année, une large frange de la population a le cœur lourd et ressent une profonde tristesse de ne pas pouvoir faire plaisir aux siens, pendant ce mois sacré. Certes, la vie est faite de hauts et de bas. Mais, parfois, les bas sont si intenses et semblent durer si longtemps que cela devient inquiétant, au point que certains perdent espoir de pouvoir se relever et remonter la pente.

Les Marocains sont connus pour leur résilience et leur capacité à surmonter les chocs. C’est le cas de ces employés de cafés, de fast-food, d’hôtels et de restaurants qui ne comptent pas baisser les bras et attendre d’autrui qu’il leur vienne en aide. Le Reporter est allé à leur rencontre. La détermination dont ils font preuve malgré le contexte difficile, mérite d’être saluée.

Pour commencer, nous-nous dirigeons au centre-ville de Casablanca. A deux pas de la place Prince Moulay Abdallah, en face de Bank Al-Maghrib, se trouve un café connu pour être le point de rencontre privilégié des acteurs et des journalistes. Il est 18 heures, ce lundi 12 avril 2021, lorsque le gérant demande aux deux serveurs qu’il emploie afin qu’ils entament le rangement des tables et des chaises, en signe de fermeture imminente du café. C’est à ce moment-là que nous lui posons la question de savoir ce qu’il comptait faire durant le Ramadan pour se garantir une rentrée d’agent ne serait-ce-que modeste. «Tout d’abord, je voudrais remercier mon employeur qui a fait preuve de générosité vis-à-vis de tous ses employés, sans exception. De mars à juin 2020, et alors que beaucoup de mes amis serveurs ne recevaient aucun salaire, moi et mes camarades avons continué à percevoir la totalité de notre paie malgré le confinement sanitaire et la baisse drastique de notre chiffre d’affaire», nous déclare Mustapha, 45 ans, marié et père de quatre enfants dont un souffrant de difficultés motrices. S’agissant de la situation délicate à laquelle il sera confronté tout au long du mois sacré, ce jeune père de famille qui exerce le métier de serveur depuis quinze ans, s’attend certes à vivre des moments difficiles. Ce n’est pas pour autant qu’il compte baisser les bras. «Le propriétaire du café où je travaille nous a avisé qu’il ne pourra pas nous verser la totalité de nos salaires durant le Ramadan. Il nous donnera une petite aide qui ne dépassera pas 300 dirhams par mois, c’est mieux lorsqu’on sait que beaucoup d’autres cafetiers ne recevront pas un rond», se réjouit-il, en ajoutant qu’il compte se reconvertir en vendeur de fruits et légumes durant le Ramadan. «J’ai déjà tout préparé. J’ai acheté une charrette-présentoir de fruits et légumes que je compte alimenter avec l’aide d’un voisin qui sera, lui aussi, au chômage technique.  J’espère inchallah, que tout ira pour le mieux et que la situation s’arrangera au cours des prochains mois. L’essentiel c’est ne jamais s’avouer vaincu», nous dit-il l’air confiant et le visage plein d’espoir.

La livraison à domicile, une bouée de sauvetage

Mustapha n’est pas le seul à être déterminé à s’en sortir en cette période de crise. A Quelques mètres du centre-ville de Casablanca et plus précisément à Bab Marrakech, se dressent une dizaine de fast-foods. Détenus majoritairement par des jeunes, ces échoppes appelées street-food connaissent une grande affluence. Situés à proximité des bazars et d’entreprises ayant leurs sièges au cœur de la métropole casablancaise, elles connaissent une grande affluence tout au long de la journée. Ramadan et couvre-feu nocturne obligent, cette activité connaitra une baisse considérable. Pourquoi baisse et pas arrêt total? La réponse est simple. Pour ces spécialistes de la restauration rapide, la solution réside dans la livraison à domicile. C’est ce qu’ont confié au Reporter, Youssef, Abderrazak, Mehdi et Fouad. Tous proposent des sandwichs en tout genre. Hamburgers, Tacos, Panini… Pour les petites bourses, il est possible de commander un pain marocain à l’orge «Mahrach» aux saucisses, à la viande hachée ou à la tête de mouton, moyennant 5 dirhams plus 1 verre de thé à prix pas cher (1 dirham seulement). Durant le Ramadan, ces délices seront proposés à la livraison. Pour mener à bien cette opération, les quatre spécialistes en sandwicherie rapide, ont acquis des cyclomoteurs avec coffre-arrière pour garder les commandes des clients bien au chaud.

Recourir à la livraison à domicile est une idée à laquelle songent également de nombreuses restaurateurs et boulangers qui ne pourront plus servir la clientèle sur place, pendant le Ramadan, au-delà de 20 heures.

La crise économique à laquelle fait face une large frange de la population marocaine, peut se transformer en source d’inspiration et générer des idées novatrices. En définitive, on peut dire que les Marocains, même dans les moments les plus difficiles, trouvent le moyen de s’en sortir. La résilience du Maroc et des Marocains est probablement au cœur de son exception.

Mohcine Lourhzal

Cessation forcée d’activité

Pour que personne ne soit laissé pour compte

Alors que pour certains employés impactés par le couvre-feu ramadanesque, la reconversion professionnelle se fera sans problème, d’autres n’ont pas cette chance, soit par manque de moyens, ou en raison d’un état de santé fragile. Ces personnes devront prendre leur mal en patience en attendant des lendemains meilleurs. Pour atténuer les souffrances de cette catégorie sociale, les Marocains qui en ont la possibilité, ne manqueront pas de leur venir en aide en attendant de voir quelles seront les mesures qui seront prises par les pouvoirs publics, au profit des souches sociales les plus impactées par l’avancement du couvre-feu nocturne à l’occasion du mois du Ramadan.

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