Poisson et informel | Ces irrégularités qui impactent les prix au final

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Au d’Agadir, les prix des sont particulièrement élevés ce lundi 19 avril. Les cours du poisson ont atteint des sommets excessifs. Pour certaines espèces, la hausse a atteint plus de 50%.  Plusieurs anomalies impactent les prix au final.

A l’intérieur de la halle aux poissons gérée par L’Office national des Pêches () au port de pêche d’Agadir, vendeurs et acheteurs négocient ce lundi 19 avril le prix de leur poisson. Les quantités commercialisées n’étaient pas très importantes ce 6e jour de . L’ambiance s’en ressent. Les mareyeurs grossistes s’inquiètent, les prix des sont particulièrement élevés en ce début de .  » Les cours du poisson ont atteint ce lundi des sommets vertigineux « , reconnait un grossiste. « C’est du jamais vu. Le prix de certaines espèces, comme le merlu ou encore la crevette, ont fortement grimpé », dit-il.

Selon notre mareyeur, les hausses atteignent jusqu’à plus de 50% pour certaines espèces et entre 35 à 40 % pour d’autres variétés. Des factures délivrées à certains acheteurs par l’office national des pêches () -et dont détient copie Le Reporter- font d’ailleurs état de ces augmentations.

A titre d’exemple, le merlu (haute qualité) a été cédé ce 6e jour du mois sacré à 1220 DH la caisse (19 kg), soit 65 DH/kg au lieu de 700-800 DH la caisse en temps normal. Le merlu (moyen) a, quant à lui, été vendu à 1180 dirhams la caisse. Un prix qui, selon notre grossiste, peut descendre à seulement 500 DH quand il y a abondance de la ressource, soit 26 DH le kilo seulement.

Les crevettes roses (les grandes) ont, elles-aussi, vu leur prix flamber à 2000 dirhams la caisse de 16 kilo. Ce samedi 17 avril, elles coûtaient dans la halle 1300 DH, soit 700 DH de hausse. La sole, quant à elle, a été vendue entre 1200 et 1300 DH la caisse (19 kg). Quant à l’aigle commun (Raya), la moyenne a coûté entre 300 et 350 DH le kilo. L’aigle (Grande) a, quant à elle, été vendu ce lundi à 400 DH le kilo. Un prix qui reste très cher, reconnait notre grossiste. «On devrait vendre cette espèce entre 30 et 40 DH», estime notre grossiste.

Celui-ci ne manquera pas de signaler que le prix de cette première vente sera très loin de celui auquel il sera vendu aux consommateurs.

«Les marges entre la sortie de la halle aux poissons et les prix appliqués au final dans les différents marchés du royaume sont excessives», explique notre source.

Les anomalies…

Pourquoi le poisson est inaccessible au port d’Agadir, lequel est considéré comme l’un des principaux ports de pêche au ? La rareté de la ressource, dont parlent certains armateurs côtiers depuis quelques mois, pourrait-elle expliquer cette hausse des prix?

Alors que certaines voix professionnelles expliquent cette augmentation des prix du poisson par la pénurie, d’autres sources évoquent, elles, certaines irrégularités.

«Une grande quantité de produits halieutiques ne passent pas par la halle, mais par le circuit illégal sans que le contrebandiers ne soient inquiétés», soufflent nos sources, ajoutant que ces derniers ne vendent leurs produits qu’à des mareyeurs opérant dans le circuit informel. Un problème qui prend en otage le port d’Agadir, connu par la sardine, le poisson blanc et le céphalopode

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A la Confédération marocaine des mareyeurs grossistes et détaillants de poissons, on confirme aussi ce problème. Son président Bouchaib Chadi évalue les quantités de poisson transitant par l’informel entre 70 et 80% des produits de mer péchés dans cette zone. Il pointe une autre anomalie : le système de « déclaration sur l’honneur ». « On se base sur la déclaration sur l’honneur des patrons de pêche et des Rais. Et c’est là une grande anomalie », dit-il.

« Les bateaux de pêche arrivent le soir. Le contrôle ne se fait pas en bonne et due forme. Après une opération rapide de déclaration du produit par un agent de la DPM pour savoir les espèces pêchées, les débarquements vont être commercialisés dans la halle aux poissons. Les patrons  de pêche et les propriétaires des bateaux impliqués dans cette activité illégale font une simple déclaration sur l’honneur. Ils ne déclarent qu’une faible quantité de leurs captures. Alors qu’une grande quantité reste cachée dans les cales des navires», explique le président de la Confédération. Pour lui, c’est donc cette « déclaration sur l’honneur » qui ne permet pas aux agents de contrôle de la délégation de pêche maritime (DPM) de mener à bien l’opération de contrôle.

En une journée, indique-t-il, un navire peut ramener entre 90 et 100 caisses de poissons, mais seuls 10 vont passer par la halle et 90 prendront le circuit informel. «C’est un problème qui devrait être pris au sérieux par les responsables du secteur. D’autant que prés de 80 % de la production globale capturée au niveau des pêcheries de la région ne passe pas par la criée », déplore notre interlocuteur. Selon lui, ce poisson transitant par le circuit illégal serait actuellement servi sur le marché, aussi bien au niveau local que dans les régions.

Contrôle, une mission difficile !

Qu’en est-il du contrôle ? Comment se fait-il que des quantités énormes de poissons soient transportées à l’extérieur de l’enceinte du port sans attirer l’attention des agents de contrôles (Délégation de la pêche maritime(DPM), marine royale, police, douane et gendarmerie) ?

Sur le terrain, la tâche s’avère difficile. Les efforts fournis en matière de contrôle n’ont pas réussi à mettre un terme à cette activité. Même si, selon nos sources, ces efforts semblaient avoir porté leurs au point où 85 et 90% des captures arrivaient enfin à passer par la halle. Mais, assurent-elles, « cela a été courte durée. Puisque, le phénomène a repris de plus belle ».

Depuis un certain temps déjà, le port de pêche d’Agadir, constitue actuellement, avec celui d’ et de Safi, une plaque tournante de ce trafic illégal, confie-t-on. «C’est vraiment l’anarchie dans ce port surtout la nuit. Plusieurs centaines de personnes entrent au port. Aucun contrôle n’est effectué pour savoir qui est professionnel et qui ne l’est pas», déplorent nos sources, qui pointent la complicité de certains agents de contrôle.

Naîma Cherii

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