Madrid-Rabat-Bruxelles | L’Espagne joue la carte de l’Europe, le Maroc recadre le débat !

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La confiance et le respect mutuel constituent la base de tout partenariat qui se veut durable.

En optant pour une européanisation de la crise qui l’oppose au Maroc, pour essayer de se dérober maladroitement à sa responsabilité dans l’affaire Ghali Gate, l’Espagne semble avoir tiré sa dernière cartouche.

Pour cacher sa faute, Madrid sollicite Bruxelles

N’ayant aucune explication plausible à donner à la partie marocaine, au sujet de l’accueil frauduleux sur son territoire, du pseudo chef des milices séparatistes (dans la pratique, le Polisario obéit aux ordres des Généraux algériens), le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez n’a rien trouvé de mieux à faire que de se cacher derrière Bruxelles (Union Européenne). Mais pour le Maroc, les choses sont on ne peut plus claires. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a remis les faits dans leur vrai contexte, avec le calme et la diplomatie qui lui sont connus, loin de l’irritation et la nervosité qui caractérisent les sorties médiatiques des responsables du gouvernement espagnol et avec eux certains responsables de l’Union Européenne (UA). Ces derniers ont d’ailleurs trouvé dans la crise Maroc-Espagne, l’occasion de s’attaquer au Maroc. Il faut dire que, considérant la place que prend le Maroc, de par son rôle et son poids au niveau régional et international, aujourd’hui, certains pays craignent de perdre la main sur leurs intérêts.

Que vient faire l’UE là-dedans ?

Droit dans ses bottes, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, s’est exprimé dimanche 23 mai 2021, sur Europe 1 et LCI. Dans ses interventions, le Chef de la diplomatie marocaine a fait preuve d’une clarté du propos qui ne lui est pas étrangère tout en replaçant le débat dans son vrai contexte.

Tout d’abord, Nasser Bourita a rappelé que c’est l’Espagne qui a été à l’origine de la crise et non le Maroc. Le ministre des AE a ensuite mis l’accent sur cette volonté ardue de la part du gouvernement espagnol, de vouloir mélanger les cartes et détourner l’attention du vrai problème. «Il faut placer la crise entre le Maroc et l’Espagne dans son contexte, celui d’un conflit bilatéral entre le Royaume et l’Espagne», a dit le ministre. Et Bourita de préciser que la crise entre Rabat et Madrid a été créée par le voisin ibérique, sans concertation avec ses partenaires européens. «Il y a une tentative de détourner le débat, d’aller vers cette question migratoire alors que le fond de la crise c’est un acte déloyal de l’Espagne envers le Maroc, son peuple et ses intérêts stratégiques».

Les bons comptes font les bons amis

Sur la question migratoire, le ministre des AE, a rappelé quelques vérités bonnes à savoir à la fois par l’Espagne et par tous les Etats partenaires du Maroc. La première est que le Royaume n’est pas obligé, n’a pas vocation ni obligation de protéger des frontières autres que les siennes. Deuxième vérité que beaucoup semblent oublier, est que Rabat n’est ni le gendarme, encore moins le concierge du vieux continent, pour lui en exiger avec arrogance qu’il protège les frontières de l’Espagne et de l’Europe. Enfin, Bourita a tenu à souligner que tout ce que le Maroc entreprend dans le cadre de son partenariat avec l’UE, il le fait dans le cadre du respect du principe de bon voisinage et non pas sur injonction, ni par obligation.

Les faits ne mentent pas

Le Maroc a contribué énormément dans le cadre de la coopération avec l’Union Européenne, notamment dans le dossier migratoire. Les mauvaises langues qui crient sur tous les toits que le Royaume a été rémunéré pour services rendus à l’Europe, n’ont qu’à ravaler leur salive. Comme l’a si bien indiqué le Chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, «Ce que reçoit le Maroc en moyenne de l’UE ne dépasse pas les 300 millions d’euros par an, soit moins de 20% du coût assumé dans le cadre de la lutte contre l’immigration illégale». C’est dire si le Maroc a toujours agi par respect pour ses engagements et ses partenaires. Comme dit l’adage «si ton ami est de miel ne le mange pas tout entier». Et c’est justement ce qu’a toujours fait l’Europe que ce soit dans le cadre des accords commerciaux, sécuritaires ou autres avec le Maroc. Seulement voilà, le partenariat n’a jamais été et ne sera pas à la carte. La coopération signifie d’abord qu’on comprenne bien les intérêts stratégiques des partenaires.

Aujourd’hui, certaines sphères au sein du Parlement européen n’hésitent pas à diaboliser le Maroc, le faisant passer pour le grand méchant loup. Ah bon! Et que dire des 8.000 cellules de trafic d’êtres humains démantelées grâce au concours et à l’efficacité des services de sécurité et de renseignement marocain? Ne parlons même pas des 14.000 tentatives d’immigration clandestine dont 80 tentatives d’assaut sur la seule enclave espagnole de Sebta, ou encore des 9.000 informations sur la migration clandestine envoyées par le Maroc à ses partenaires européens.

Rabat a toujours agi dans le cadre d’une politique de bon voisinage et de partenariat fondée sur le respect des intérêts suprêmes des uns et des autres. Mais, comme l’a dit Nasser Bourita aux télévisions françaises et avant cela en plusieurs occasions depuis le début de la crise Maroc-Espagne, le bon voisinage ne doit pas être à sens unique. La loyauté ne se commande pas, elle se partage. Espagnols et Européens de manière générale sont aujourd’hui appelés à bien comprendre cela s’ils veulent garder les avantages que leurs confèrent les accords qui les lient avec leurs partenaires, qu’il s’agisse du Maroc, ou d’autres pays qu’ils ont tendance à sous-estimer.

Malgré tous ces éléments, le Royaume n’insulte pas l’avenir, sinon il aurait coupé les ponts depuis belle lurette avec plusieurs «faux» alliés. Dans le cas de l’Espagne, le Maroc fait la distinction entre ses relations avec les pays de l’Union Européenne et une crise bilatérale née d’une attitude hostile et inamicale de la part de l’Espagne qui tente aujourd’hui par tous les moyens, d’entrainer avec elle, toute l’Europe dans un piège qu’elle s’est elle-même fabriqué et duquel elle ne parvient pas à se sortir.

Affaire à suivre…

Mohcine Lourhzal

Parlement Européen

Les suivistes montent au créneau

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Certains responsables européens se sont aveuglement alignés sur la position de l’Espagne. Le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a ainsi accusé le Maroc de vouloir faire du chantage à l’Europe, par migration interposée. De son côté, Josep Borrell, Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, a estimé. «Certaines aides sont conditionnées par des comportements», a déclaré Borrell à une radio espagnole. Il y a aussi la réaction aussi prématurée qu’hostile de Ylva Johansson, la commissaire suédoise aux affaires intérieures de l’UE. La déclaration des dits responsables européens montre comment une partie de l’UE peut tout effacer d’un revers de main pour de petits calculs politiques.

Partenariat Maroc-UE

Contexte historique et dates clés

Les premières relations entre le Maroc et la communauté européenne remontent à 1969. En 1976 un nouvel accord commercial, dit «Accord de coopération», est conclu entre les deux parties, avant que vienne l’accord dit d’adaptation signé en 1988. Avec l’évolution de la Communauté économique européenne en Union Européenne (UE) en 1993, par le Traité de Maastricht, le Royaume obtient un partenariat plus global avec l’Europe. Ce partenariat se concrétise par le processus de Barcelone, institué en 1995, pour déboucher un an plus tard, sur l’Accord d’Association Maroc-Union Européenne, entré en vigueur en 2000. Au-delà de sa nature bilatérale, l’accord d’Association promeut le dialogue régulier en matière politique et de sécurité, favorise la coopération économique, commerciale et financière, et encourage la coopération sociale, culturelle et éducative. Au terme de plusieurs années de discussions, dont le point d’orgue a été le Conseil d’association UE-Maroc de 2007, les parties conviennent d’un statut visant à renforcer davantage les relations bilatérales Maroc-UE. Des réunions sont alors tenues en 2008 entre Rabat et Bruxelles, lesquelles sont couronnées par l’établissement d’une stratégie dite de différenciation, concrétisée par le statut avancé du Maroc. Ce nouveau partenariat intègre tous les domaines. Sur le plan sécuritaire, le Maroc joue un rôle extrêmement important dans la lutte contre le terrorisme et contribue fortement à la régulation de l’immigration. Son expérience dans la lutte contre le terrorisme repose sur une approche multidimensionnelle, considérant à la fois les aspects sécuritaires, socioéconomiques et religieux.

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