Je ne veux plus jamais d’associé !

Ghali 34 ans, salarié, est divorcé sans enfant. Ce jeune homme déconseille formellement toute association en affaire. Il témoigne de sa mauvaise expérience. Voici son récit.

«Il y a quelques années en arrière, le démarrage de mon activité avait nécessité en urgence un recrutement d’assistants. Pour cette seule offre d’emploi, j’avais reçu un nombre inouï de demandes. Il m’avait fallu perdre un temps fou de tri pour enfin arriver au passage d’entretiens.  Cette ultime opération de sélection avait porté un coup à mon ego. Parce que je devais exclure d’emblée les profils aux prétentions salariales très élevées qui pourtant me plaisaient vraiment. Au final, j’avais engagé des débutants sans exigences qui me paraissaient potentiellement capables de se transformer en bons collaborateurs.

Ainsi, en plus de devoir m’occuper de faire tourner ma boite, il fallait former au taf mes jeunes diplômés. Sans cela, ils n’auraient jamais été capables de m’aider convenablement. Mon investissement personnel porta enfin ses fruits au bout de deux ans. Alors, je procédais à quelques augmentations bien méritées. Hélas, mon geste n’avait pas été jugé suffisant. Sans me témoigner de l’attachement ou de la reconnaissance, toute l’équipe m’avait largué pour plus offrant. Honnêtement, je tombais de haut face à cette inattendue petite révolution.

Pour éviter que le boulot interne soit interrompu, j’avais été contraint d’embaucher un staff des plus compétents en la matière. Huit mois plus tard, je la sentais peser cette lourde masse salariale qui ne me rapportait rien côté commercial. La vérité était que je ne m’en sortais plus. Même s’il subsistait en mon pouvoir des solutions salvatrices, je ne m’occupais plus que de ma déplorable situation financière.

Voir s’accumuler mes dettes, m’avait rendu irritable, sans aucun courage et à deux doigts de me suicider. Déjà, je crucifiais l’avenir de ma boite et le sort de mon existence toute entière. Pourtant, je ne vivais pas encore mon pire cauchemar.

Mon épouse une fois mise au parfum n’avait pas hésité à s’en aller pleurer misère aux bras de papa et maman. Le trio affolé avait vite trouvé une solution. Ils me proposaient donc de m’associer avec un des leurs, un «bou chkara» sans instruction mais plein aux as. En fait, ils avaient déjà tout conclu entre eux, il ne restait plus qu’à signer l’accord. Etant donné ma position, je ne pouvais ni refuser, ni me permettre de poser des conditions. J’allais le regretter amèrement…

Une fois les formalités d’usage accomplies, il n’était plus question de sérénité sur mon lieu de travail. Le bonhomme qui avait misé ses billes s’était mis en tête de veiller au grain sans relâche. Il avait de ce fait installé son QG dans nos bureaux tout en s’octroyant beaucoup trop de pouvoirs. Tellement que nous tous n’en pouvions plus de ses méthodes inadaptées à notre système de travail. Par méfiance, il avait poussé le bouchon jusqu’à exiger un rapport journalier de notre activité. Personne y compris moi, ne pouvait plus bouger le petit doigt sans être soumis à un interrogatoire.

Aussi, remarquant que l’environnement lui était hostile, il ne loupait aucune occasion de me dévaloriser aux yeux de mes employés ou de ma clientèle. Il rabâchait à qui voulait l’entendre que sans son argent ce cabinet aurait connu la banqueroute. Que voulez-vous, il ne mentait pas. Et moi, je supportais sans réagir parce que je ne voulais pas créer de problème ni avec ma belle-famille, ni avec ma moitié. En tous les cas, je m’y suis forcé jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’issue.

Qui aurait cru qu’il allait nous en faire baver jusqu’à l’épuisement en s’amourachant de notre secrétaire standardiste? Personne! Pour mon malheur, encore une fois, c’est bien moi qui avais prié la jeune fille de se montrer dévouée malgré l’incompétence avérée de cet associé. La petite s’était investie dans cette mission ; et voilà que ce gros balourd y avait interprété autre chose. Il s’était mis à tenter la séduction à la manière des rustres de son espèce.

La pauvre gamine ne s’imaginait pas le moins du monde que le monstre qui la faisait travailler comme si elle avait été sa boniche en pinçait pour elle. A de nombreuses reprises, elle était venue se plaindre. Je lui remontais le moral en évitant toute intervention.  Mais lorsqu’il avait osé lui demander de venir nettoyer son bureau un dimanche, j’avais vu rouge. Pour éviter le pire, j’ordonnais à notre femme de ménage de s’occuper de cette tâche le jour même. En même temps, pour me débarrasser de lui, j’avais cru bon d’user de sournoiseries. Résultat, ma stupidité m’était retombée dessus et le chaos aussi.

Sachant que le pervers avait une femme et des enfants, c’est avec un malin plaisir que je rapportais à mon épouse ce qui se tramait au bureau. De suite, la confidence allait choir dans les oreilles de celle que je visais. Quelle ne fut ma surprise le lundi matin de voir la madame de l’associé, elle aussi venir prendre ses aises au bureau. J’étais dans de beaux draps. La présence d’une telle matrone de surcroit jalouse n’augurait rien de bon. Mon pressentiment s’était concrétisé de manière express. Le couple ouvertement en guerre avait magnifiquement réussi une chose: faire fuir tout le personnel. Moi aussi, fatigué, écœuré, je leur cédais toutes mes parts sans demander mon reste.

Je perdais dans la foulée ma boite, mes biens et par-dessus le marché mon épouse qui ne me supportait plus».

Mariem Bennani

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