mercredi 21 novembre 2018

Driss Lagrini, enseignant-chercheur

Une nouvelle orientation en matière de gouvernance

Driss Lagrini, enseignant-chercheur à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, analyse pour Le Reporter les raisons de la suspension de leurs fonctions de plusieurs fonctionnaires et agents d’autorité du ministère de l’Intérieur. Selon lui, ces nouvelles sanctions entrent dans le cadre de la mise en application du principe constitutionnel de la corrélation entre responsabilité et reddition de comptes. Un concept auquel le Souverain a appelé dès son accession au Trône. 

Quelle lecture faites-vous des sanctions prises à l’encontre de plusieurs hauts fonctionnaires et cadres du ministère de l’Intérieur?

Ces sanctions visent le renforcement de la reddition des comptes en tant que principe constitutionnel. Les dernières mesures disciplinaires prises par le Souverain, à l’égard de hauts fonctionnaires et agents d’autorité du ministère de l’Intérieur, entrent dans le cadre de la moralisation de la vie publique et le renforcement de la bonne gouvernance au sein de l’administration. Le Souverain a, depuis le début de son règne, appelé à la mise en place d’un nouveau concept de l’autorité qui place le citoyen et ses intérêts au cœur des préoccupations. Face au manque de volonté de la part de certains fonctionnaires, tous grades confondus, il est devenu nécessaire de sévir contre les pratiques qui nuisent à l’image du Royaume et ralentissent la cadence de réalisation des grands projets structurants, à portée économique, mais aussi sociale.   

D’aucuns estiment que la moralisation de la vie publique et le renforcement de la bonne gouvernance ne peuvent être réalisés sans une prise de conscience générale du rôle de tout un chacun, en matière d’accomplissement du devoir. Partagez-vous cet avis?

Les sanctions à l’encontre de certains responsables gouvernementaux et de ceux relevant du ministère de l’Intérieur ont montré qu’il existe bel et bien un manque d’engagement et de sérieux dans l’accomplissement du devoir et l’exercice des fonctions de la part d’un grand nombre de fonctionnaires, tous grades confondus. Aujourd’hui, le Maroc a pris une nouvelle orientation en matière de gouvernance. Il n’est donc plus possible de justifier son inefficacité avec de faux prétextes.    

Doit-on s’attendre à de nouvelles sanctions à l’avenir qui toucheraient cette fois-ci d’autres départements de l’Etat?

Comme l’a annoncé le Souverain, à l’occasion de l’ouverture de la session printanière du Parlement en octobre 2017, le Maroc a besoin de renouveler son modèle de développement économique et social, quitte à provoquer un séisme politique. Ce séisme a bien eu lieu en deux temps: le 24 octobre et le 11 décembre 2017. Ces décisions royales s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle politique qui ne doit pas se limiter à une seule ville, mais englober toutes les régions du Royaume et concerner tout responsable, tous niveaux confondus.

Propos recueillis par Mohcine Lourhzal

Remplacement des ministres limogés

Nouveau blocage gouvernemental en vue?

En réponse à la question de savoir si le retard dans le remplacement des ministres, limogés par le Souverain le 24 octobre 2017, est un prélude à un remake de la crise gouvernementale qui avait donné lieu au limogeage par le Souverain de l’ancien chef de l’Exécutif, le chercheur universitaire, Driss Lagrini, explique que si le retard persiste sans raison valable, SM le Roi usera de ses pouvoirs constitutionnels pour remédier à la situation.


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