Cours du pétrole, matières premières… | Quels impacts de la crise entre la Russie et l’Ukraine sur l’économie du Maroc?

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Bien qu’il soit loin des côtes marocaines, le conflit russo-ukrainien est susceptible d’avoir des conséquences directes sur l’économie nationale et le budget de l’Etat. 

L’offensive militaire en Ukraine a fait vaciller l’économie mondiale. Pour le , la principale menace est liée à la facture énergétique qui impacte directement les prix des matières premières importées par le Royaume, comme le pétrole, le gaz naturel et les céréales.

Une guerre qui tombe très mal

Le , entretient, depuis 1992, des relations diplomatiques et commerciales avec l’Ukraine. En 2001, Rabat et Kiev signaient leur premier accord de coopération, portant principalement sur la promotion et la protection réciproque des investissements entre les deux pays. A fin septembre 2021, les échanges des biens et des services entre le et l’Ukraine ont atteint 3,5 milliards de dirhams, alors qu’en 2020, ils ont représenté 4,18 milliards de dirhams. Par ailleurs, les importations du Royaume depuis l’Ukraine concernent principalement les céréales comme le blé, l’orge et le maïs. Aujourd’hui, l’Ukraine fait partie des cinq premiers fournisseurs du en céréales. Le Royaume importe également d’Ukraine, des métaux, mais aussi du beurre, du miel, des aliments pour bétail, de l’huile végétale, de l’ammoniaque, du papier, du carton et des meubles. Parallèlement, les exportations marocaines vers l’Ukraine sont constituées d’engrais, de produits de la mer, de vêtements et d’équipements électriques. Par ailleurs, le Maroc et l’Ukraine organisent souvent des rencontres de Haut Niveau et des Commissions Mixtes multifactorielles. En 2017, le Maroc et l’Ukraine avaient créé un groupe d’amitié parlementaire. En janvier 2022, le président de la Chambre des conseillers Naama Mayara avait reçu à Rabat, l’Ambassadrice d’Ukraine au Maroc Oksana Vasilieva. Les deux responsables ont exprimé à cette occasion, leur ferme détermination et la volonté des deux pays, de consolider davantage leurs relations d’amitié et de coopération parlementaire. D’autres sujets ont également été abordés lors de cette entrevue, notamment l’ouverture des universités ukrainiennes aux étudiants marocains, le rôle majeur que les acteurs privés dans les deux pays peuvent jouer dans la dynamisation des échanges commerciaux et l’importance de promouvoir la coopération culturelle, ainsi que les possibilités d’améliorer les flux touristiques en provenance d’Ukraine.

Les relations commerciales et économiques, maroco-russes, ont elles aussi, connu un développement considérable au cours des dernières années, surtout depuis la visite effectuée par SM le en 2016, en Fédération de . Pour la seule année 2021, le Maroc a importé différents produits de , pour un total de plus de 12 milliards de dirhams. Parmi ces produits, figure le gaz, le pétrole, le soufre brut et l’aluminium. Les exportations marocaines vers la Russie, au titre de l’année 2021, étaient composées principalement d’agrumes, de produits de la pêche, de sucre, et de pièces automobiles. Le total des exportations marocaines vers la Russie s’est élevé, en 2021, à 653.768.621 millions de dirhams. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir quel sera l’étendue de l’impact de la crise russo-ukrainienne sur les échanges commerciaux entre le Maroc et ces deux pays. L’Ukraine, sera-t-elle en mesure d’approvisionner le marché marocain, notamment en blé, sachant que le Royaume traverse cette année (2022) sa pire sécheresse depuis 40 ans? Idem pour la Russie qui a été bannie du système «Swift». Comme indiqué par la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, cette sanction empêchera les banques russes d’opérer dans le monde et bloquera également les exportations et les importations russes. Tous ces facteurs réunis, laissent planer d’importants risques économiques sur plusieurs pays, dont le Maroc. A l’issue du Conseil du gouvernement, tenu le 24 février 2022 à Rabat, le porte-parole de l’Exécutif avait affirmé que le conflit entre l’Ukraine et la Russie aura un impact sur le niveau des prix au Maroc, notamment en ce qui concerne le pétrole et le blé. Mustapha Baitass a, toutefois, rassuré sur l’approvisionnement du marché national et la disponibilité des produits alimentaires de large consommation.   

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Le gouvernement s’active

La crise entre la Russie et l’Ukraine aura un impact certain sur les prix des hydrocarbures sur le marché national. Au Maroc, les tarifs à la pompe ont fortement augmenté ces dernières semaines. Cette situation risque de s’aggraver si le conflit entre les deux belligérants perdure. C’est dire que la guerre entre Moscou et Kiev aura bien un impact limité, mais réel sur le pouvoir d’achat des Marocains, déjà amoindri à cause des effets conjugués des effets de deux années de pandémie et d’une campagne agricole (2021-2022) visiblement compromise par la sécheresse qui frappe le Maroc. Bien que le prix à la pompe dépende directement de celui du baril de pétrole à l’international, il se répercute de manière directe sur les prix en interne, de tous les produits à l’exception de ceux que l’Etat subventionne par le biais de la Caisse de Compensation (Gaz butane, sucre. blé tendre). Au titre de la Loi de 2022, le Maroc a alloué 16,02 milliards de dirhams pour subventionner le gaz butane (bombonne de trois, six et douze kilogrammes), le sucre en morceaux et le blé tendre utilisé pour la fabrication du pain rond et de la baguette dont le prix ne dépasse pas 1 dirham 20 centimes, quelles que soient les circonstances ou la conjoncture économique aussi bien sur le plan national que mondial. Le gouvernement alloue en moyenne des subventions annuelles de 17 milliards de dirhams pour le gaz butane et 14 milliards de dirhams pour l’électricité, 600 millions de dirhams par mois pour subventionner la farine de blé et 3 milliards de dirhams par an pour le sucre, et ce, malgré le contexte international difficile imposé par la pandémie de et la hausse des prix du pétrole et d’autres matières premières, en plus des conflits dans certaines régions du monde, comme c’est le cas actuellement entre la Russie et l’Ukraine.

Le Maroc a d’ailleurs exprimé, samedi 26 février 2022, sa préoccupation face à l’évolution de la situation entre la Russie et l’Ukraine, soulignant son attachement au principe de non-recours à la force dans le règlement des différends entre Etats et encourageant toutes les initiatives et actions favorisant un règlement pacifique des différends. Le Royaume a également affirmé son soutien à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de tous les Etats, membres des Nations-Unies.

Mohcine Lourhzal

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