Conflit Russie-Ukraine | Nouveau coup dur pour l’économie mondiale en ce début 2022

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L’invasion de l’Ukraine par la Russie comporte d’énormes risques pour une économie mondiale fragile et qui ne s’est pas encore remise des conséquences de la pandémie due au nouveau Coronavirus (Covid-19).

La crise russo-ukrainienne qui s’est transformée en un conflit armé, a secoué les marchés financiers et causé une flambée des prix de l’énergie qui pourrait, à elle seule, faire basculer le monde dans une deuxième récession après celle causée par Covid-19. A cela, s’ajoute l’envolée des cours des matières premières à l’international.

Le pétrole et le gaz s’envolent  

Onzième puissance économique en termes de Produit Intérieur Brut (PIB), la Russie est l’un des premiers exportateurs mondiaux de gaz naturel. Le pays fournit également du pétrole, des céréales et des quantités importantes de métaux industriels tels que le nickel et l’aluminium. De son côté, l’Ukraine, est le premier producteur mondial de l’oléagineux, plante dont est extraite l’huile à usages alimentaire, énergétique et industriel. C’est dire si la confrontation armée entre la Russie et l’Ukraine aura des conséquences graves sur différents pans de l’économie mondiale. Il y a lieu de préciser que même avant l’éclatement de cette nouvelle crise, les prix de l’or noir et du gaz étaient déjà élevés en raison de la forte demande de ces combustibles, surtout en cette période de reprise économique mondiale post-Covid-19. Lorsque les avions de chasse et les chars russes ont commencé à bombarder le territoire ukrainien, les prix du pétrole ont rapidement dépassé la barre symbolique des 100 dollars le baril. Idem pour le gaz et le charbon. Au moment où ces lignes sont écrites (28 février 2022), le WTI (West Texas Intermediate) et le Brent affichaient respectivement, 96 et 102 dollars le baril.

La menace d’inflation pointe le bout de son nez

La hausse des prix de l’énergie et des matières premières sur les marchés internationaux pourrait, selon de nombreux économistes, provoquer une accélération de l’inflation notamment en Europe et aux Etats-Unis. Selon les mêmes spécialistes, l’accélération inflationniste aura deux conséquences majeures. D’abord, elle pèsera considérablement sur le pouvoir d’achat des ménages. Ensuite, elle incitera les Banques Centrales, notamment la Banque Centrale Européenne (BCE) pour la zone euro et la Réserve Fédérale (FED) aux Etats-Unis, à durcir leurs politiques monétaires. D’ores et déjà, la BCE a annoncé la fin prochaine du PEEP (Pandemic Emergency Purchase Programme), qui est un programme de politique monétaire, lancé par la Banque Centrale Européenne en mars 2020, dans le but d’atténuer les retombées de la crise économique liée à la pandémie de Covid-19, notamment à travers des rachats massifs d’obligations. La crise russo-ukrainienne aura aussi de multiples impacts sur les places boursières internationales. Dès le début de l’invasion russe en Ukraine, le 24 février 2022, les marchés financiers internationaux ont été pris de panique. Aux Etats-Unis et sur le continent européen, les valeurs les plus touchées ont été celles qui sont le plus exposées au marché russe. En réalité, les marchés financiers internationaux n’avaient pas prévu un scénario de guerre entre les deux pays. 

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La Russie bannie du réseau Swift et après?

La crise entre la Russie et l’Ukraine a poussé les grandes puissances mondiales à annoncer un train de sanctions à l’égard de la Russie. Parmi ces sanctions, le fait que de nombreuses banques russes aient été exclues de la plateforme interbancaire «Swift». Pour l’Europe, cette mesure vise à paralyser le réseau bancaire russe. Une exclusion de la Russie de ladite plateforme rendrait difficiles et coûteuses les transactions financières pour les entreprises russes avec le reste du monde. Cela aura des conséquences sur les exportations de matières premières russes et de gaz, notamment, provoquant une hausse des prix de l’énergie. Certains membres du G7, européens en particulier, craignent cette hausse des prix. L’autre crainte est liée à la création et au renforcement de systèmes de paiement rivaux, comme c’est le cas pour le CIPS (Système de paiement international de la Chine), sachant que depuis 2016, Pékin est devenu le principal partenaire commercial de Moscou.

En 2014, peu après l’invasion de la Crimée, le Président russe Vladimir Poutine avait conclu un contrat d’approvisionnement en gaz de 400 milliards sur trente ans avec la Chine. La Russie a également réduit considérablement, son exposition au système financier international, notamment en réduisant sa dette publique. Ce n’est pas tout. Depuis l’annexion de la Crimée (2014), le pouvoir russe a signifié à ses entreprises de rapatrier leurs fonds et capitaux placés à l’étranger. Si les Etats-Unis et les pays européens venaient, par leurs sanctions, à exclure totalement la Russie du système financier international, l’économie russe pourrait subir d’importants dommages, mais pas au point de faire plier Vladimir Poutine, estiment bon nombre d’observateurs de la scène internationale. Lundi 28 février 2022, la Banque Centrale russe a relevé son taux d’intérêt directeur de 9,5 à 20 %, une augmentation de 10,5 points de son outil principal de lutte contre l’inflation.

Après des années de guerre froide avec le camp soviétique, les Etats-Unis et leurs alliés ont pu établir une certaine hégémonie sur le monde, non seulement stratégique mais aussi économique. L’effondrement de l’Union Soviétique a conduit à croire que le poids d’un pays est directement lié à sa puissance économique. En envahissant l’Ukraine, le Président russe lace un défi aux Etats-Unis et à ses alliés de l’OTAN. Certains y voient une volonté claire de la part de Vladimir Poutine, de faire renaître la gloire passée de l’Union Soviétique. Quoiqu’il en soit, le conflit russo-ukrainien est un coup dur pour l’économie mondiale, dont les effets restent, à ce jour, difficilement mesurables avec précision.

Mohcine Lourhzal

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