Addiction 2.0 | Nomophobie, un mal moderne

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Les écrans font partie intégrante du quotidien des jeunes marocains, au point que beaucoup parmi eux, développent une véritable angoisse d’en être séparés. On parle alors de nomophobie.

Il fut un temps où les cybercafés poussaient comme des champignons à tous les coins de rues. Très fréquentés au début des années 2000, les cybers sont devenus rares depuis près de dix ans. Le coup de grâce a été porté avec la déferlante des smartphones, équipés de tout ce qu’il faut pour rester connectés. Il s’en est découlé une dépendance d’un nouveau genre. Les conséquences de cette addiction 2.0 sont graves aussi bien sur le plan physique que psychologique. Les jeunes sont les premiers et les plus touchés par les effets de l’accoutumance aux écrans.  

Jamais sans mon smartphone

De nos jours, il n’est plus étonnant de voir de jeunes gens et parfois-même des enfants, manipuler leurs tablettes et smartphones avec grande aisance. L’usage de ces appareils électroniques n’est en effet plus l’apanage des adultes, bien au contraire. A sept ans, Lina fait déjà défiler avec habileté les applications sur les smartphones de ses parents. Elle sait même se connecter sur youtube et choisir la playlist de son choix. Le cas de Lina n’est pas unique. Nombreux sont les mineurs qui font un usage excessif des écrans, mettant ainsi gravement en danger leur santé. Il est donc utile d’interpeller les parents sur les risques d’addiction aux écrans et les initier afin qu’ils adoptent les bonnes pratiques pour épargner leurs progéniture du danger de la nomophobie.

Quelle responsabilité pour les parents?

Souvent, les parents ont tendance à initier spontanément leurs enfants à l’utilisation des téléphones portables. Motif invoqué, les smartphones occupent les gosses pour un moment, donnant aux parents la possibilité de souffler un peu ou tout simplement profiter de quelques moments d’intimité. Bon nombre de psychosociologues estiment que les smartphones, tablettes et autres joujoux technologiques, jouent de plus en plus le rôle de nounou, ce qui n’est pas sans risque. Il a été scientifiquement prouvé que l’exposition précoce aux écrans peut provoquer une certaine introversion chez les enfants ce qui entrave leur épanouissement émotionnel et développement personnel. Pire encore, l’exposition précoce et excessive aux écrans est considérée comme un facteur déclencheur d’autisme s’il y a prédisposition génétique. Joint à ce sujet par Le Reporter, le sociologue Fouad Benmire fait observer que «beaucoup  d’enfants exposés précocement aux écrans présentent une symptomatologie assez proche des troubles envahissant le développement, avec essentiellement un retard du langage, et absence d’initiative sociale». Et note interlocuteur d’ajouter que «dès qu’on recommande aux parents d’arrêter l’usage de la télévision et de mise en place d’interactions avec leur enfant, des attitudes positives apparaissent», explique-t-il, avant de conclure que «l’enfant apprend en explorant son environnement, en utilisant tous ses sens pour découvrir et assouvir sa curiosité». Plusieurs scientifiques et surtout chercheurs dans le domaine du développement de l’enfant tirent la sonnette d’alarme sur l’utilisation précoce des écrans, également appelée hyper stimulation. Les praticiens sont d’accord à l’unanimité pour interdire l’utilisation des téléphones portables et autres appareils électroniques aux enfants de moins de moins de six ans.

Chaque chose en son temps

D’après une étude britannique, il est fortement déconseillé de laisser ses enfants aller au lit avec une tablette ou un appareil à écran. Or, 1 enfant sur 10 âgé de moins de 4 ans est autorisé à se glisser sous les draps avec un programme sous les yeux, bien que ses parents soient avertis des dangers que peut provoquer la vision nocturne sur la santé. Toutefois, une utilisation contrôlée de la part des parents et de l’environnement de l’enfant en général pourrait réduire ses effets secondaires.

Au Maroc, il est impossible de cerner avec précision l’ampleur de l’addiction aux écrans, en l’absence de statistiques officielles sur ce sujet. Toutefois, de plus en plus de Marocains prennent aujourd’hui conscience de la gravité de la situation et de l’impact dévastateur des téléphones portables et autres appareils électroniques sur le développement de l’enfant. L’école et des médias ont un rôle important à jouer dans ce domaine. Il s’agit d’exposer cette problématique et sensibiliser aux dangers de l’addiction 2.0. Les spécialistes du comportement sont unanimes pour dire qu’il est primordial de responsabiliser les jeunes à l’usage raisonnable des écrans, plutôt que de leur interdire, ce qui pourrait produite l’effet inverse. 

M. Lourhzal

ANRT

1 Marocain sur 3 a un smartphone

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Au Maroc, et d’après un récent rapport de l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT), l’engouement des citoyens pour les smartphones ne laisse aucun doute. En effet et comme indiqué par l’ANRT, un marocain sur trois en possède un. Ce nombre ne cesse d’augmenter chaque jour. Cette situation devrait interpeller les acteurs de la société civile et l’ensemble des forces vives de la nation, à multiplier les stratégies visant à sensibiliser les enfants, mais aussi leurs parents, aux dangers de l’exposition excessive aux écrans de smartphones, d’ordinateurs et même de télévision.

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