mercredi 23 août 2017

FMB Africa, 5ème édition

Fmb africa fertilizer 5eme edition marrakech fevrier 2014

Production agricole et croissance démographique, quel accompagnement?

Lors de la 5ème édition d’«Argus FMB Africa Fertilizer», organisé en février à Marrakech, le point a surtout été mis sur la nécessité pour l’Afrique d’accroître sa production agricole afin de pouvoir être en mesure d’accompagner sa croissance démographique rapide.

Les intervenants dans le cadre de cette rencontre, devenue un rendez-vous des industriels des engrais en Afrique (production et distribution), ont fait savoir que le continent importe actuellement les trois quarts des besoins alimentaires de ses habitants (600 millions habitants en 2000, contre plus de 1 milliard d’habitants en 2050), alors qu’il possède un énorme potentiel agricole à même de lui permettre l’augmentation de la production et réussir la «Révolution verte», à l’instar de certains pays asiatiques.
Dans son discours d’ouverture, Mustapha El Ouafi, directeur exécutif commercial du Groupe OCP, a appelé l’Afrique à emboîter le pas à des continents comme l’Asie, dont certains pays ont élaboré des politiques de transformation des agricultures fondées principalement sur l’intensification et l’utilisation de variétés de plants à haut potentiel de rendement. «Ces pays asiatiques ont réussi leur Révolution verte grâce notamment à l’augmentation de leur consommation des fertilisants», a souligné El Ouafi avant de préciser que l’Afrique doit croire en son potentiel agricole favorisé par une vaste étendue de terres fertiles.

Des aspirations et des contraintes

Pour sa part, Rob Groot, directeur de l’IFDC (International fertilizer developpement Center), division Afrique de l’Est et du Sud, a fait savoir que l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du Sud sont les régions les plus consommatrices d’engrais en Afrique. Cependant, le volume de la consommation des fertilisants demeure globalement faible en Afrique, comparativement aux autres continents. Une faiblesse de consommation qui s’explique d’ailleurs par plusieurs contraintes. Celles-ci sont notamment liées à une carence au niveau des infrastructures portuaires, un transport maritime limité, des barrières et droits douaniers élevés, une capacité d’emmagasinage réduite et des difficultés d’accès aux financements.
Rob Groot a aussi noté que les fertilisants sont davantage utilisés en Afrique dans les cultures et productions à forte valeur ajoutée, dont le café, le thé, le cacao et la canne à sucre.
Les autres intervenants ont souligné la nécessité d’élaboration d’une carte de fertilité des sols du continent africain, appelant à la collecte et à la diffusion des données relatives à la production et à la consommation d’engrais dans ce continent. Ils ont par ailleurs plaidé pour l’adaptation des fertilisants aux conditions locales de l’Afrique.

Une édition riche en débats

La 5ème édition d’Argus FMB Africa Fertilizer a connu la participation de plus de 300 représentants des sociétés industrielles de production et de distribution des fertilisants de plus de 40 pays. Trois jours durant, les participants ont abordé les moyens susceptibles d’augmenter la consommation des engrais en Afrique. Ils ont aussi débattu de thèmes se rapportant à «la situation actuelle de la consommation des fertilisants et les possibilités de croissance en Afrique», «les marchés d’engrais de l’Afrique subsaharienne», «l’évolution du marché des engrais en Afrique orientale et australe», «les défis logistiques», «les recommandations d’engrais appropriés pour l’Afrique», «un aperçu des applications d’engrais existants» et les «contraintes de nutriments et réponse à la demande d’engrais: Afrique occidentale, orientale et australe».
Plusieurs tables rondes d’experts ont parallèlement abordé diverses questions comme «le développement de l’utilisation des engrais en Afrique», «le problème de logistique», «l’impact des droits transfrontaliers» et «l’accès au financement».

L’OCP au cœur de l’événement

Le groupe OCP, en tant qu’acteur de premier plan de l’industrie des phosphates et des engrais, s’est associé dès la première conférence de l’organisme FMB Argus qui s’est tenue cette année pour la 4ème fois consécutive au Maroc. L’objectif est évidemment de lancer le débat sur les mécanismes de développement de l’agriculture africaine. Ce processus passe en outre par le déploiement d’un processus intégré de la fertilisation raisonnée, clé d’une première révolution verte en Afrique. Afin de préserver la sécurité alimentaire, les engrais industriels sont devenus incontournables. Ils sont à l’évidence le seul moyen dont dispose l’humanité pour augmenter substantiellement le rendement à l’hectare et donc pour limiter l’extension des terres agricoles au détriment d’un couvert forestier déjà mis à mal. L’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et l’Asie consomment les quatre cinquièmes de la totalité des engrais épandus dans le monde. Selon une étude présentée par l’OCP, la Révolution verte a fortement augmenté la production des trois principales cultures alimentaires de base (riz, blé et maïs) dans les pays d’Asie qui l’ont appliquée.

DNES à Marrakech, Hamid Dades
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Evénement
Une annonce phare


Dans le discours d’ouverture de la 5ème édition d’«Argus FMB Africa Fertilizer», Mustapha El Ouafi a fait une annonce d’une très grande importance et longuement applaudie par les participants. Il s’agissait d’une unité de production d’engrais que l’OCP montera à Jorf Lasfar et dont la production sera entièrement dédiée au marché africain. L’unité sera opérationnelle dans quatre mois.
En effet, en marge du Forum économique maroco-malien, tenu à Bamako dans le cadre de la visite royale au Mali, le PDG du Groupe OCP, Mostafa Terrab, avait souligné: «Sur instructions de Sa Majesté Mohammed VI, le Groupe OCP procédera prochainement au lancement à Jorf Lasfar d’une usine d’engrais dédiée entièrement au marché africain». Qualifiant cette action de «première à l’échelle mondiale», Terrab a indiqué que l’objectif est de produire un million de tonnes d’engrais par an qui sera exporté en direction exclusive de l’Afrique. Cette initiative vise à accompagner la croissance que connaît le marché africain. Il s’agit ainsi d’assurer un approvisionnement continu et régulier aux distributeurs afin de satisfaire les besoins du marché. Le coût d’investissement pour la réalisation de cette usine à Jorf Lasfar, dont les travaux ont débuté il y a deux ans, représente quelque 600 millions de dollars. C’est Sa Majesté le Roi qui a tenu à ce que la production de l’usine soit réservée exclusivement à l’Afrique, a affirmé le patron du leader mondial des phosphates et dérivés.

HD

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