
Mardi 15 septembre 2026, à New York se tenait une importante rencontre diplomatique, réunissant le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, son homologue israélien Gideon Saar, l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, ainsi que d’autres représentants de pays signataires des accords d’Abraham. Les nouveaux engagements que le Maroc et Israël y ont pris ne sont pas passés inaperçus.
Rien de cet événement ne pouvait passer inaperçu. Ni la présence des ministres des Affaires étrangères du Maroc et d’Israël réunis autour de l’ambassadeur américain auprès de l’ONU; ni le contexte dans lequel se tenait la rencontre; ni les décisions qui y ont été prises; et encore moins la déclaration tripartite qui a acté les nouvelles intentions des parties concernées.
La rencontre s’est tenue au lendemain d’une réception donnée par l’ambassadeur Waltz pour marquer le sixième anniversaire des accords d’Abraham, à laquelle étaient présents, outre les représentants des États-Unis, du Maroc et d’Israël, ceux des Émirats arabes unis, de Bahreïn et du Kazakhstan.
Organisée sous l’égide des États-Unis, elle était dédiée aux relations bilatérales maroco-israéliennes, qui à cette occasion devaient être élevées à un plus haut niveau. C’est ainsi que dans la Déclaration paraphée par les 3 pays, le Maroc et Israël ont annoncé que leurs bureaux de liaison actuellement en place à Rabat et Tel-Aviv seront remplacés par des ambassades et qu’ils procéderont à la nomination de leurs ambassadeurs respectifs.
De même qu’ils se sont engagés à mettre en œuvre une série de décisions prises à cette occasion. Sur le volet économique, notamment, ils sont convenus de boucler, d’ici fin 2026, deux accords-clés. Le premier portant sur la protection des investissements, le deuxième sur la double imposition, afin de donner un nouvel élan aux échanges commerciaux entre les deux pays.
L’objectif étant de faciliter les investissements réciproques et de développer les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays. Engagement également pour un élargissement du trafic aérien. Les liaisons aériennes seront complètement rétablies après trois années d’interruption. Des vols directs entre le Maroc et Israël recommenceront à être assurés dans les prochaines semaines.
Les deux pays se sont par ailleurs entendus sur un calendrier à établir pour l’organisation de visites réciproques de hauts responsables au cours des prochains mois. Israël a remercié les États-Unis pour leur rôle dans l’organisation de cette rencontre et leur contribution au renforcement des relations avec le Maroc.
Gideon Saar a tenu à rappeler la profondeur historique du lien entre les deux peuples: «L’amitié entre les peuples marocain et juif est ancrée profondément dans l’histoire», a-t-il affirmé, ajoutant: «La déclaration que nous avons signée aujourd’hui détaille des mesures concrètes pour renforcer les relations entre Israël et le Maroc au bénéfice des deux peuples ; et nous travaillerons à sa mise en œuvre».
Plus tard dans la journée, Gideon Saar et Nasser Bourita devaient s’entretenir en tête-à-tête. Cette rencontre, qui a pris tout le monde par surprise, en a inquiété plus d’un, notamment dans la région… Et pour cause ! Elle intervient juste à 5 semaines d’une nouvelle réunion et Résolution onusiennes sur le dossier du Sahara. Elle intervient sous l’égide des États-Unis et sur initiative de l’ambassadeur américain à l’ONU par ailleurs Pen Holder de toute résolution sur le Sahara.
Elle rebat les cartes de ceux qui se sont épuisés à contrecarrer la Résolution 2797 du Conseil de Sécurité, du 31 octobre 2025, suivant laquelle le Plan d’autonomie proposé par le Maroc devenait désormais la seule base des négociations devant mettre fin au différend autour du Sahara… Elle relativise, substantiellement, les provocations et menaces des parties espagnoles qui se sont acharnées sur le Maroc depuis plus un mois et demi.
Quant à ceux qui ont pour logique et devise «ou vous êtes avec nous, ou vous êtes contre nous» dans le dossier palestinien, Nasser Bourita leur a répondu dans une interview accordée à Fox News, qu’au contraire, la relation du Maroc avec Israël permettra une meilleure médiation.
Telle est la conviction du Maroc depuis toujours. Si l’on veut avoir un rôle utile et positif auprès de deux parties qui s’affrontent, il ne faut couper les relations avec aucune■
BA
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