SM Mohammed VI | 22 ans de règne

SM Mohammed VI,Fête du Trône 2021

Politique, géopolitique et Souveraineté

S’il est un mot que l’on peut mettre au cœur de l’action royale, sous toutes ses formes, en cette année 2021, c’est bien le mot «Souveraineté».

Et c’est cette aspiration à une Souveraineté pleine et entière –centrale dans la vision et l’approche du Roi Mohammed VI- qui vaut au Maroc aussi bien les succès de sa politique intérieure que les tirs groupés qui le ciblent pour les réussites de sa politique extérieure.

Souveraineté et politique intérieure

Il y a un «b.a.-ba» qu’aucun Etat ne peut ignorer: toute Souveraineté commence  par les choix faits d’abord en interne.

Au Maroc, SM Mohammed VI l’avait dit dans un de ses rares entretiens accordés à la presse et la Constitution du pays le garantit, la Monarchie marocaine est «une Monarchie exécutive». Le Roi règne et gouverne. Et sa gouvernance est déterminante dans les grandes orientations du pays.

Le principe est que la gouvernance royale procède d’une vision à long terme qui fixe un cap avec des fondamentaux que les gouvernements successifs, quelle que soit la couleur du parti qui les dirige, n’ébranlent pas.

Il apparaît aujourd’hui très clairement, à travers les choix, décisions et initiatives de SM Mohammed VI, que le cap fixé par le Souverain et le point cardinal de sa gouvernance est: la Souveraineté.

Une quête de Souveraineté à tous les niveaux.

Les choix économiques et financiers vont dans ce sens. Les directives royales, lors de l’examen de la Loi de Finances en Conseil des ministres (que préside le Roi), s’inscrivent dans le souci de garder ce cap.

Ne jamais oublier la bérézina des années 80 où la Souveraineté du Maroc prenait un sacré coup, le pays passant sous la tutelle des institutions financières internationales, dans le cadre du PAS (Programme d’Ajustement Structurel).

Et donc, veiller au maintien des grands équilibres dans le budget de l’Etat. Réduire les inégalités sociales et disparités territoriales sans creuser le déficit à en plomber les comptes. Mener de grands chantiers d’infrastructure dont le retour sur investissement, même long, est garanti (exemple du Port Tanger Med). Faire des choix proactifs avec parfois une anticipation de plusieurs mois, voire plusieurs années, misant sur un résultat final qui porterait ses fruits et attesterait du bien-fondé de ces choix (dernier exemple en date, celui des accords passés avec la Chine dès l’apparition de la crise sanitaire, qui ont consisté à participer aux essais cliniques en s’assurant la livraison des doses de vaccin et, plus tard, de sa production locale. L’autosuffisance sanitaire participant de cette quête de Souveraineté).

Le Maroc n’a pas les moyens des grandes puissances, mais l’ingéniosité de la gouvernance royale consiste précisément à chercher des solutions qui rapportent sans trop coûter ; parfois des solutions à portée de main.

Quand la pandémie s’est déployée obligeant à un confinement général de la population et que l’économie s’en est trouvée à l’arrêt, la démarche royale a consisté à mettre immédiatement sur pied un Comité de veille économique (CVE. Voir la suite de notre dossier) et à créer un «compte spécial Covid», d’abord alimenté par un don royal, puis faisant appel à la contribution de tous, banques et grands opérateurs économiques et financiers en premier.

De même, pour la relance de l’économie, le Roi a eu l’idée d’un Fonds d’investissement (Fonds Mohammed VI pour l’Investissement), faisant appel aux investisseurs institutionnels nationaux et étrangers, dont le démarrage est proche (texte adopté, participation de l’État avancée -soit 15 milliards de dirhams sur les 45 que le Fonds devrait rassembler- pourparlers avec les potentiels investisseurs entamés…).

L’appel aux investisseurs étrangers est un appel à des deals gagnant-gagnant. Le pays se donne les moyens de ses ambitions d’investissement dans le cadre de sa pleine Souveraineté et les investisseurs font des affaires dans le cadre de leurs habituelles activités.

Ce sont là quelques ingrédients du succès que connaît le Maroc, en interne, dans la préservation de sa Souveraineté.

Le philosophe Sénèque disait: «Il n’est point de vent favorable pour qui ne sait en quel port se rendre». Le navire Maroc sait vers quel port il a résolument mis les voiles. C’est là le point fort de la gouvernance royale.

Souveraineté et géopolitique

Puis il y a le second volet, affirmer et préserver la Souveraineté du pays, à l’international. Ce qui n’est pas une mince affaire, pour deux raisons au moins.

La 1ère tient au conflit artificiel du Sahara, créé par l’Algérie et qu’entretient hargneusement et perfidement ce voisin de l’Est du Maroc, depuis un demi-siècle.

Le Maroc a tout essayé pour mettre fin à ce conflit et faire reconnaître sa Souveraineté sur ces provinces du Sud qui sont partie intégrante de son territoire national. Accepter de confier le dossier à l’ONU qui s’en charge à ce jour. Accepter d’organiser un referendum qui s’est révélé irréalisable, le recensement des votants ayant été saboté par la partie adverse. Proposer une solution d’autonomie élargie, comme ont choisi de le faire les pays occidentaux qui ont eu à gérer des velléités de séparatisme (l’Espagne, pour ne prendre que l’exemple le plus proche)…

Rien n’y a fait.

Au lieu d’un dialogue civilisé, autour d’une table, entre parties concernées, qui aurait réglé le problème il y a longtemps déjà et permis de passer à une construction régionale espérée par tous les peuples du Maghreb, l’Algérie a choisi d’internationaliser le différend, d’en faire sa (consternante) priorité diplomatique et d’entretenir cinq décennies durant, un haineux antagonisme entre des voisins qui auraient pu être complémentaires.

Après une longue patience et la main tendue plus d’une fois à ce régime fossilisé d’Alger, le Maroc, par la volonté de son Roi, a changé de stratégie.

Continuer d’espérer que le Pouvoir d’Alger (Généraux et classe politique adoubée) revienne à la raison n’était plus possible. 50 ans d’attente, ce n’est plus une attente, c’est une paralysie.

Même 14 ans d’attente, si l’on ne compte que les années écoulées depuis la proposition d’autonomie élargie faite en 2007 et que l’ONU qualifie chaque année, depuis, de «sérieuse et crédible», c’est une éternité !   

Ce qu’a entrepris alors SM Mohammed VI, illustre la volonté du Souverain de sortir le dossier du Sahara du double statuquo dans lequel il s’était enfoncé: le statuquo imposé par l’acharnement du Pouvoir algérien et le statuquo maintenu par le prétendu soutien des partenaires européens, qui ne contestent rien ouvertement au Maroc, mais ne lui accordent rien non plus qui pourrait véritablement faire évoluer ce dossier…

La stratégie royale a consisté à défendre la Souveraineté du Maroc sur son Sahara de façon constructive. Une cinquantaine de visites dans les pays subsahariens, même ceux qui ne soutiennent pas la cause du Maroc ; un millier d’accords bilatéraux signés, dont le Roi suit régulièrement l’exécution (quitte à revenir à la charge, de chef d’Etat à chef d’Etat, comme pour le gazoduc Nigéria–Maroc) ; un retour spectaculaire à l’OUA… Et hors Afrique, une diversification des alliances, une diplomatie multiforme allant de la coopération classique à celle axée sur la lutte anti-terroriste ; des rapprochements discrets et patients…   

On en voit aujourd’hui les résultats. Alors que plus de 50 Etats ont retiré leur reconnaissance au Polisario, le Maroc, lui, a vu 25 pays –dont le Malawi cette semaine- ouvrir leur Consulat au Sahara, dans la ville de Laâyoune, ou celle de Dakhla, l’ouverture d’un Consulat équivalant reconnaissance de Souveraineté. Et, cerise sur le gâteau, le Maroc a vu la 1ère puissance mondiale -les Etats Unis- reconnaître sa Souveraineté sur son Sahara… Cerise qui est restée en travers du gosier de ses ennemis, comme de ses supposés amis et partenaires…

En effet, contre toute attente, ces amis et partenaires sont aujourd’hui la 2ème raison pour laquelle le Maroc a fort à faire pour affirmer et préserver sa Souveraineté à l’international.

La reconnaissance par l’administration Trump de la Souveraineté marocaine sur le Sahara a donné un véritable coup de pied dans la fourmilière, acculant lesdits «partenaires et amis» à révéler leur vraie posture vis-à-vis du Maroc et du dossier du Sahara.

La maladroite ex-ministre des Affaires étrangères espagnole, Arancha Gonzalez Laya a tout résumé dans une seule phrase, lorsqu’elle s’est écriée que cette région (du Sahara) était «une zone d’influence de la France et de l’Espagne». Puis ont suivi l’accueil secrètement organisé de Brahim Ghali Benbattouche en Espagne ; sa parodie de procès (la Justice espagnole vient d’ailleurs de confirmer cette parodie en prononçant un non-lieu en sa faveur) ; la montée en épingle de l’incident migratoire de Ceuta ; la mobilisation du Parlement européen… Au même moment, un rapport de l’Institut madrilène pour la sécurité et la culture (El Instituto de Seguridad y Cultura) révélait qu’étaient considérés comme une menace pour l’Espagne et son intégrité territoriale: les avancées du Maroc, son réarmement, sa Souveraineté sur son Sahara…   

Dans le même sillage, l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité (SWP) produisait une note intitulée «Rivalités maghrébines sur l’Afrique subsaharienne», appelant Berlin et l’Union européenne à freiner le développement du Maroc qui (aberration !) empêcherait «l’émergence de l’Algérie et de la Tunisie».

En France, ceux qui nourrissaient les mêmes desseins à l’encontre du Maroc lui ont réservé le meilleur: la Bronca nommée Pegasus ! C’est tout le service public qui s’en est emparé choisissant de tomber à bras raccourcis sur le seul Maroc parmi les 45 États mis en cause dans cette affaire. Et, observation qui intrigue: pourquoi le Président Macron a-t-il ajouté sa petite touche personnelle en réunissant d’urgence un Conseil de défense exceptionnel, comme si on lui annonçait un raid aérien sur la France ? Pourquoi a-t-il fait savoir publiquement -subtil appui aux accusations ?- qu’il changeait de téléphone…?

Au vu de ces tirs groupés et attaques tournantes plus ou moins frontales, les Marocains n’ont qu’une conclusion: leur pays dérange. Il dérange par ses acquis, par son assurance et par la défense de ses intérêts.

A cela deux réponses du Maroc que tout observateur peut constater. Celle des responsables marocains qui poursuivent leur bonhomme de chemin: coopération anti-terroriste avec l’Italie, la Grèce. Ouverture d’un nouveau Consulat au Sahara: celui du Malawi. Accueil du Secrétaire d’État adjoint américain pour le Proche-Orient, Joey Hood, annonçant qu’il n’y avait «pas de changement dans la politique américaine sur le Sahara, comparée avec la précédente Administration» (cette dernière partie de la phrase étant une clarification supplémentaire)…

Et celle du peuple marocain et de toutes les forces vives qui se rangent massivement et inconditionnellement derrière leur Roi, constituant un front uni interne, pied de nez à toutes les velléités de déstabilisation.

Bahia Amrani

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