vendredi 6 décembre 2019

Naoufal Bouamri, spécialiste des questions sahariennes

Naoufal Bouamri, spécialiste des questions sahariennes

La nouvelle résolution sur le Sahara, a insisté sur des points fondamentaux qui pourraient ouvrir la voie à une solution durable au conflit du Sahara. Dans cet entretien, le spécialiste des questions sahariennes, Naoufal Bouamri, revient sur les principaux points de la résolution 2494 adoptée le 30 octobre 2019, à une large majorité, par les membres du Conseil de sécurité de l’ONU.

«Le dossier du Sahara a franchi une nouvelle étape»

Le Conseil de sécurité a adopté, le 30 octobre 2019, la résolution 2494 sur le Sahara. Avez-vous décelé une quelconque différence par rapport à celles qui les ont précédées?

La résolution 2494 sur le Sahara dénote une ferme détermination de la communauté internationale, à trouver une solution définitive à ce conflit. Avec cette nouvelle résolution, on peut dire que le dossier du Sahara a franchi une nouvelle étape. Après avoir reconnu, dans ses précédentes résolutions, l’initiative marocaine d’autonomie comme étant une solution  politique réaliste et réalisable au différend autour du Sahara, le Conseil de sécurité considère aujourd’hui que le temps est enfin venu pour passer à la vitesse supérieure. A cette fin, la résolution 2494 a clairement consacré les tables rondes en tant que processus devant mener vers une solution de ce conflit qui dure depuis plus 44 ans.

L’Algérie a, une nouvelle fois, été désignée comme partie prenante au conflit du Sahara. Que faut-il comprendre par là?

La résolution 2494 a insisté sur le rôle que doivent jouer tous les protagonistes de ce dossier, dont l’Algérie. Je rappelle que le Maroc a de tout temps, réaffirmé que le conflit autour du Sahara n’est pas une affaire qui oppose un Etat qui s’appelle le Maroc à une entité fantoche nommée Polisario. Preuves à l’appui, la diplomatie marocaine a toujours démontré que le conflit sur le Sahara est d’ordre régional.  

L’Algérie a tenté par tous les moyens de se dérober à ses responsabilités dans cette affaire. Toutefois et comme le dit l’adage, le fil du mensonge est court! J’estime que le Conseil de sécurité est aujourd’hui conscient que la question du Sahara ne peut être résolue sans l’engagement de toutes les parties prenantes à ce différend. Il est clair pour tout le monde, que le Polisario a toujours été une marionnette  entre les mains du régime militaire algérien.

L’Algérie, depuis l’époque de Houari Boumediene, a mené une politique visant à étendre son hégémonie dans la région, en affaiblissant les pays du voisinage et à leur tête, le Maroc. A l’époque de l’ancien président algérien Houari Boumediene, l’objectif de l’Algérie était clair. Il était question de trouver une épine à mettre dans le pied du Maroc. Finalement, le Polisario a été cette épine.

D’aucuns voient en la prorogation du mandat de la Minurso pour douze mois, un retour à la normale. Partagez-vous cette manière de voir?

A mon sens, en prorogeant le mandat de la Minurso pour une durée de douze mois, le Conseil de sécurité a remis les choses dans leur ordre naturel. La résolution 2494 sur le Sahara a rappelé que le rôle principal de cette mission onusienne consiste d’abord et avant tout, à veiller au respect scrupuleux du cessez-le-feu de 1991 ; et prévenir tout conflit armé au Sahara.

Dans ce contexte, il y a lieu de préciser que la résolution 2494 du Conseil de sécurité,  a clairement identifié le Polisario, comme réticent à toute coopération avec la Minurso. En même temps, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est félicité des efforts faits dans ce sens, par le Maroc. Il apparait en définitive, que le processus visant  le règlement de la question du Sahara, sous l’égide des Nations unies est en passe d’amorcer un nouveau tournant. La situation politique qui prévaut en Algérie aura sans aucun doute, des répercussions sur  la position de l’Algérie par rapport au conflit du Sahara.

Propos recueillis par Mohcine Lourhzal

Tindouf

Il y a anguille sous «Ross»

Naoufal Bouamri, spécialiste des questions sahariennes

Quatre ans après avoir démissionné du poste d’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, qu’il a occupé de janvier 2009 à avril 2017, Christopher Ross s’est rendu du 29 octobre au 1er novembre 2019 dans les camps de Tindouf, en territoire algérien.

Lors de cette visite, pour le moins suspecte, Ross accompagnait une délégation de professeurs et d’étudiants de l’Université américaine de «Princeton» dans le New Jersey. Ce déplacement, effectué par celui qui a également été ancien ambassadeur des Etats-Unis à Alger de 1988 à 1991, est de nature à confirmer la thèse de nombreux observateurs qui accusaient Ross d’avoir toujours eu un penchant clair pour le Polisario.

Si la visite de Christopher Ross a eu un quelconque mérite, c’est qu’elle a permis aux séquestrés de Tindouf de rendre audibles leurs souffrances. C’est le cas de Sid’Ahmed Abdy Achleychil, ancien détenu du Polisario, qui a envoyé une lettre ouverte à Christopher Ross. Dans ce courrier, Achleychil a rappelé que «le Front Polisario a exercé d’abominables violations des droits de l’Homme dans ces camps. Une terreur noire des pires régimes dictatoriaux s’y est installée. Malheureusement, des centaines de personnes ont été liquidées, séquestrées, torturées et emprisonnées, pendant des années, dans les terribles prisons noires d’Errachid, Guewnit Beila, Rabouni et le centre du 12 octobre».

Après avoir précisé que «des dizaines voire des centaines de victimes ont témoigné de leurs atroces expériences dans ces mouroirs qui ont été cachés à l’opinion publique locale et internationale», l’ex-détenu a ajouté: «je tiens à vous informer que vos principaux interlocuteurs du Front Polisario ont les mains souillées de sang de centaines de victimes».

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Un commentaire

  1. Il y’a que la fermeté rien que la fermeté qui compte avec les vendus et leurs maîtres dictateurs Harki

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