lundi 23 septembre 2019

Larbi Habchi, membre du Bureau exécutif de la Fédération Démocratique des Travailleurs.

Voici les raisons de l’échec du dialogue social…

Selon Habchi, le gouvernement a démontré que le dialogue social n’est pas une priorité. L’échec du dialogue fait suite à la volonté du gouvernement de le vider de sa substance et de le transformer en simples séances d’écoute ou de consultation.

Larbi Habchi

Pourquoi le dialogue social a-t-il échoué?

Le dialogue social a échoué parce que le gouvernement n’a pas respecté plusieurs de ses engagements, dont la mise en application de l’institutionnalisation du dialogue social prévu au début des mois de septembre et d’avril sur la base d’un ordre du jour précis et clair, ainsi que la non mise en œuvre des dispositions de l’accord du 26 avril 2011.

En plus du non-respect de l’accord international N° 87 relatif aux libertés syndicales, suite à la répression des grévistes et aux prélèvements effectués sur leurs salaires. Il y a aussi la non abrogation de l’article 288 du Code pénal qui punit d’emprisonnement pour «atteinte à la liberté de travail». Autre raison qui a fait échouer le dialogue social, c’est la volonté du gouvernement de vider le dialogue de sa substance et de le transformer en simples séances d’écoute ou de consultation, contrairement aux normes internationales reconnues qui insistent sur des négociations collectives tripartites, productives, positives et fructueuses. C’est pour cela d’ailleurs qu’on a boycotté le dialogue. L’actuel gouvernement veut gagner du temps. Mais on n’a pas besoin de dialoguer sur des choses acquises. L’accord du 26 avril 2001 nécessite d’être exécuté et non d’être discuté. Donc, le gouvernement a démontré que le dialogue social n’est pas une priorité.

Quels sont vos revendications?

Suite à la situation actuelle de crise économique, note syndicat n’a donc pas demandé d’augmentation des salaires. Cependant, il a présenté des revendications qui ne nécessitent pas un sou du budget de l’Etat, comme la promulgation d’une loi relative aux affaires sociales dans la Fonction publique, le respect des libertés syndicales, la refonte du statut de la fonction publique et d’autres revendications…

Selon vous, dans quel contexte se fête le 1er Mai?

La Fête du travail se célèbre cette année sur fond de crise économique et financière. Donc, c’est une situation des plus critiques, aggravée par un gouvernement qui ne dispose pas des règles minimales d’encadrement et de gestion de la chose publique. Il n’y a pas de visibilité, les affaires publiques sont gérées au jour le jour. Plus que cela, il y a eu des atteintes aux libertés syndicales, des prélèvements sur les salaires des grévistes et l’utilisation de la force contre les sit-in et les manifestations des ouvriers. Ce gouvernement a échoué dans tous les domaines, parce qu’il travaille avec une conception unilatérale. La conception participative est un élément central de tout dialogue social. L’unité syndicale est donc l’unique voie pour défendre les droits des ouvriers et réaliser la justice sociale. La FDT et la CDT ont mené des actions communes, dont deux marches nationales, des sit-in, des grèves, etc. Nous souhaitons que les autres centrales syndicales y adhèrent aussi. Ceci est un choix stratégique et non conjoncturel.

Que pensez-vous du Pacte social signé par la CGEM et les 3 syndicats UNTM, UGTM et UMT

Signer ce pacte n’est pas un problème, surtout si on le fait sur un pied d’égalité et si on fait en sorte de préserver les droits fondamentaux des travailleurs.

Voir aussi

Mohamed Madimi, président du Centre national des droits de l’Homme

«Etre différent ne veut pas dire perdre ses droits» Le Centre national des droits de …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer des services, contenus ou publicités adaptés selon vos centres d'intérêts. En savoir plus.