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Examens du Bac | Cinq questions au directeur de l’AREF

Examens du Bac | Cinq questions au directeur de l’AREF

Dans un entretien accordé à la MAP, le directeur de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation (AREF) de Rabat-Salé-Kénitra, Mohamed Aderdour, revient sur les derniers développements concernant les examens du baccalauréat au titre de l’année scolaire 2020, ainsi que sur les aspects autour de l’enseignement à distance, à la lumière de la Covid-19.

1 – Quelles nouveautés concernant l’examen du baccalauréat pour 2020 ?

Compte tenu des circonstances exceptionnelles induites par la propagation du Coronavirus et de ses répercussions, plusieurs nouveautés sont à l’ordre du jour, notamment l’ajournement des examens au mois de juillet, après une longue réflexion de la part du ministère de tutelle, en coordination avec les départements gouvernementaux concernés.

Plusieurs pays ont annulé l’épreuve du baccalauréat cette année. Le maintien de ces épreuves au Royaume pose un nouveau défi, qui s’ajoute à nombreux d’autres relevés par le Maroc en matière d’anticipation dans la circonscription de la pandémie et la limitation de ses répercussions sociales, à travers l’adoption de mesures visant à compenser la perte d’emploi et qui priorisent l’intérêt de l’individu au lieu de l’intérêt économique, concrétisant ainsi le slogan “l’humain avant l’économie”.

Afin d’éviter la forte affluence à l’intérieur des centres d’examens et pour favoriser les conditions de distanciation sociale, l’examen sera organisé cette année en deux temps. La première étape concerne les élèves relevant des filières littéraires, des sciences humaines et de l’enseignement traditionnel, qui passeront les épreuves les 3 et 4 juillet, tandis que la seconde étape concernera les élèves des filières scientifiques, techniques et du baccalauréat professionnel, du 6 au 8 juillet. Les résultats de la session normale du baccalauréat seront annoncés au plus tard le 15 juillet, avant la préparation de la session de rattrapage, qui aura lieu du 22 au 24 juillet toutes filières confondues. L’annonce des résultats finaux est prévue le 29 juillet.

Une autre nouveauté concerne l’aménagement de gymnases pour la passation des examens du baccalauréat, une décision prise par le ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en coordination avec le département de la Jeunesse et des Sports, visant à prémunir les candidats contre les risques de contamination, car ces espaces sont propices au respect des conditions de prévention en terme de superficie et de ventilation.

De grandes mesures de précaution seront également mises en place, comprenant le respect du protocole sanitaire relatif à la stérilisation et à la distribution des masques, ainsi que tous les moyens nécessaires à la protection, l’objectif étant le déroulement des examens dans les meilleures conditions, afin de garantir la sécurité de l’ensemble des cadres chargés de la supervision, ainsi que des 62.000 candidats au baccalauréat. Les amphithéâtres universitaires seront également mobilisés à cet effet, en plus des salles d’examens qui seront limitées à 10 élèves au lieu de 20, comme il était d’usage dans le passé.

Le dernier point concerne l’équipe technique chargée de l’impression et de la reproduction des épreuves. Les membres de cette équipe, qui rompt avec le monde extérieur lors de l’exercice de sa fonction pour une durée de deux à trois semaines, sera exceptionnellement soumise à un diagnostic sanitaire, en coordination avec le ministère la Santé et les autorités, et seront maintenus chez eux pour une certaine durée de façon à ce qu’ils rejoignent directement le lieu dédié à l’isolement pour l’accomplissement de leurs missions. Une autre équipe sera mobilisée par précaution et isolée séparément afin de pallier à une éventuelle contamination d’un des membres de l’équipe principale.

2 – Quid de la mobilisation de l’académie régionale pour la réussite de l’enseignement à distance ?

A l’instar de toutes académies régionales à travers le Royaume, l’AREF Rabat-Salé-Kénitra a produit plusieurs ressources numériques et mis en place des studios d’enregistrement dans la plupart des villes de la région, afin d’éviter aux enseignants le déplacement entre provinces. Ces studios ont permis la production de ressources numériques qui ont été diffusées via les chaines de télévision publiques et sur la plateforme d’enseignement à distance TelmidTICE.

3 – Existe-t-il une évaluation du processus d’enseignement à distance dans la région ?

Évidemment, l’Académie a adhéré à l’effort national d’évaluation du processus d’enseignement à distance, non pour recenser le nombre de bénéficiaires, mais surtout pour apprécier la qualité de cette prestation.

L’intérêt de cette évaluation tient au fait qu’elle servira de base au ministère de tutelle pour traiter de l’enseignement à distance, en tant qu’option future imposée par le recours aux nouvelles technologies au sein des administrations.

L’ensemble de la société est désormais qualifié pour traiter par voie numérique, et l’école étant en avant-garde des institutions sociales et sociétales, devait accorder la plus haute importance à l’enseignement à distance.

4 – Avez-vous une vision de l’avenir de l’enseignement à distance au niveau de la région ? La région est-elle préparée à ce type d’enseignement ?

Nous ne pouvons pas dire que la région est prête à cent pour cent. Il est vrai que nous disposons d’infrastructures technologiques au sein des établissements, mais cela ne suffit pas pour autant. Ce projet doit être abordé sous plusieurs angles. Il faudrait d’abord étendre les moyens de connexion à l’ensemble zones, y compris celles qui ne disposent de couverture internet. Ensuite, les acteurs du domaine des télécommunications devraient redoubler d’efforts, en plus de la nécessité d’investir dans les appareils, car aujourd’hui il a été démontré le besoin d’une mobilisation de ressources financières supplémentaires, afin de doter les élèves des outils de travail nécessaires et de former les enseignants à l’enseignement à distance.

Il faudrait tirer profit de l’enseignement à distance, en lui garantissant toutes les conditions qu’il requiert afin de promouvoir l’école marocaine dans la période post-Covid, et apporter un changement majeur dans l’action éducative et l’approche pédagogique.

5 – Quelles perspectives pour l’enseignement à distance au Maroc ?

L’enseignement à distance au Maroc offre des perspectives prometteuses, car il y aura des investissements dans ce domaine. Si nous parlions auparavant de l’université virtuelle comme d’une chose imaginaire et impossible à réaliser, nous constatons aujourd’hui la nécessité d’abandonner le caractère physique d’un certain nombre de procédures en place, y compris l’utilisation de documents en papier dans les administrations ou encore les écoles.

Aujourd’hui, le numérique s’impose de lui-même, et le domaine de l’éducation est appelé à s’engager dans cette transformation plus que tout autre domaine, d’autant plus que les étudiants ont fait montre d’une interaction positive et croissante avec cette réalité technologique. Cette situation favorable nous incite à dire “Oui ! nous avons gagné le pari, et les enseignements tirés de la pandémie du Coronavirus doivent être capitalisés”.

LR/MAP

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