vendredi 28 avril 2017

Ahmed Bentouhami, DG de l’ONSSA

«Il faut modifier nos lois pour renforcer l’efficacité de l’ONSSA»

Pour commencer, quel sera le programme de l’ONSSA au SIAM 2017 ?

Nous allons y participer avec un stand au sein du grand stand du ministère de l’agriculture. Comme vous le savez les principales activités et missions de l’ONSSA sont en relation avec la sécurité sanitaire des produits alimentaires. L’objectif de notre participation c’est d’abord d’expliquer aux visiteurs l’étendue de ces missions et leur importance pour la sécurité sanitaire ainsi que pour la santé du consommateur. Cette année, nous allons signer pas mal de conventions avec les pays amis, comme, par exemple, l’Italie et la Hongrie. A l’occasion du SIAM 2017, nous allons aussi recevoir plusieurs délégations d’Afrique. Et comme lors de chaque édition, nous allons organiser des séminaires pour nos propres cadres et personnels en marge de cette manifestation. Voilà, d’une manière très synthétique ce que nous avons programmé pour cette édition.

Quel sujet prioritaire pour vous lors de ce Salon ?

Le sujet prioritaire pour nous, c’est d’informer la population sur tous les aspects de la sécurité sanitaire. Nous voulons que les consommateurs s’intéressent à l’étiquetage. Avant d’acheter un produit, les consommateurs doivent lire l’étiquetage. Ils doivent vérifier que le produit qu’ils achètent dispose de l’autorisation de l’ONSSA. Aujourd’hui, c’est une obligation pour tous les opérateurs que leurs produits soient étiquetés. Pour nous, en tant qu’ONSSA, c’est cela notre objectif à travers notre participation au SIAM.

Sur nos marchés, on trouve beaucoup de produits qui ne sont pas étiquetés et dont on ignore même la provenance. Comment  allez-vous vous  attaquer à ce problème ?

Malheureusement, beaucoup de produits ne sont pas encore étiquetés. C’est là en effet un problème. Mais il faut savoir qu’on travaille progressivement sur ce sujet. Aujourd’hui, toutes les unités agroalimentaires, qui mettent sur le marché un produit, sont tenues par la loi d’étiqueter leurs produits. Elles sont obligées de le faire. L’ONSSA travaille actuellement avec les opérateurs pour régler cette question. A noter qu’à ce jour on a pu agréer quelque 5.200 unités. L’objectif c’est d’atteindre 7.000 unités à la fin de 2018. Après cette date, tous les produits doivent être étiquetés. Cela veut dire que la marchandise qui n’est pas étiquetée, ce sera soit une marchandise de production agricole directe, comme les céréales – produits non transformés issus de l’agriculture- ou une marchandise de contrebande. Une fois cette question des agréments terminée, on ne doit retrouver sur le marché que des marchandises étiquetées avec le logo de l’ONSSA. Tout ce qui n’est pas étiqueté sera détruit. Sachant que nous avons déjà des propositions pour lutter contre toutes les marchandises de contrebande et de l’informel que l’on retrouve encore sur nos marchés.

En 2010, l’ONSSA a été créée dans le cadre du plan Maroc vert, quelle évaluation pouvez-vous nous faire de l’action de l’ONSSA depuis sa création?

Je pense que l’ONSSA devient de plus en plus crédible. C’est très important pour nous et c’est d’ailleurs l’un des objectifs prioritaires de notre action. Nous devons être crédibles. Tout d’abord vis-à-vis du consommateur marocain. Mais également vis-à-vis de nos clients étrangers. Comme vous le savez, nous avons beaucoup de produits agricoles et des produits agroalimentaires exportés. Tous ces produits partent avec notre certificat. Aujourd’hui, on doit être content, car notre service et notre système de certification est validé et il est accepté par tous les pays du monde (USA, UE, Russie, Chine, etc). Par ailleurs, nous avons mis en place des équipes pour faire face aux problèmes d’urgence, comme par exemple, la maladie de la fièvre aphteuse, laquelle a touché la volaille récemment ; et la maladie ayant dernièrement touché le cactus. C’est très important d’avoir des équipes mobilisables à tout moment et je pense que l’ONSSA et ses équipes ont acquis beaucoup d’expérience. Notre système de certification et de contrôle sanitaire est performant. Mais nous sommes encore en train de l’améliorer.

Des projets en perspective?

Notre objectif c’est de modifier nos lois. En 2017, nous allons proposer la modification de nos lois. C’est-à-dire, la loi qui a créé l’ONSSA et la loi sur la sécurité sanitaire, pour donner plus de prérogatives à l’Office. L’objectif est que l’ONSSA soit le seul interlocuteur, avec des outils et des prérogatives fortes, afin qu’il puisse intervenir avec encore plus d’efficacité. C’est très important pour l’avenir de l’ONSSA, de ses activités et de son intervention dans ce système de sécurité sanitaire.

Propos recueillis par Naîma Cherii

Ce que fera l’ONSSA pendant le SIAM

Les équipes de contrôle de l’ONSSA auront du pain sur la planche pendant le SIAM 2017. En effet, ils vont intervenir également au niveau de la sécurité sanitaire de tous les produits alimentaires, d’origine animale et végétale, qui seront exposés à ce Salon international de l’agriculture. «Rien ne peut entrer au Salon sans qu’il dispose d’un certificat sanitaire, lequel est délivré par les contrôleurs de l’Office», nous déclare Ahmed Bentouhami, DG de l’ONSSA. Cependant, celui-ci reconnaît qu’une petite indulgence est toutefois accordée aux petites coopératives qui ne remplissent pas toutes les conditions exigées par la réglementation. «On ferme un peu les yeux sur un certain nombre d’aspects, pour laisser à ces petites coopératives la possibilité de participer à cette grande messe agricole», précise le responsable, avant de conclure: «avec toujours un engagement: que l’année prochaine, ces coopératives seront meilleures».

NC

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