samedi 23 septembre 2017

Gouvernement et «Manifs» : Eviter le mauvais signal…

Il est réjouissant de voir, aux infos télévisés du soir, les membres du gouvernement se relayer sur le terrain d’Al Hoceïma, aller à la rencontre des citoyens, se réunir avec les décideurs et opérateurs, déployer des plans d’action et jurer une mobilisation sans faille jusqu’à l’exécution de ces plans…

Tous les anciens chantiers semblent aujourd’hui relancés et de nouveaux sont ouverts.

Le secteur du tourisme fait l’objet d’une attention particulière. Il s’agit, expliquent tous les intervenants et protagonistes de ce secteur, de sauver la saison. Même si l’on s’y prend avec quelque retard. D’ailleurs, ce n’est pas seulement la saison qu’ils comptent sauver, mais le tourisme à Al Hoceïma en général. Notamment en dehors de la haute saison d’été. Les paysages magnifiques de la région et les rivages maritimes enchanteurs sont encore plus attrayants en automne, plaident-ils…

Au niveau du tourisme, l’opération semble réussir. D’autant que la RAM y a mis du sien en ouvrant des lignes intérieures reliant Al Hoceïma à Casablanca et à Tanger, à des prix abordables.

Quant aux autres chantiers, s’ils semblent également avancer et que la télévision les montre en effervescence, il est évident qu’il leur faudra beaucoup plus de temps pour aboutir et présenter des résultats palpables.
Pour le moment, les ministres s’activent.

Leur zèle fait plaisir à voir. Mais que n’a-t-il fallu pour en arriver là !

Maintenant, une question reste posée. Non, il ne s’agit pas de leur demander s’il faudra toujours 9 mois de manifestations et une injonction royale pour qu’ils déploient leurs efforts dans une région… Ce serait remuer le couteau dans la plaie.

La bonne question est: la leçon a-t-elle été retenue pour les autres régions du Maroc ? En d’autres termes, le gouvernement va-t-il déployer les mêmes efforts dans les autres régions, de sa propre initiative et conformément au devoir qui est le sien ? Ou bien, se concentrera-t-il sur le Rif seulement, parce qu’il y a été forcé par les grands moyens, en laissant le reste de la population du Maroc se débattre dans ses problèmes ?

Faire cela, consisterait à donner aux citoyens un bien mauvais signal. Ils seraient amenés à penser qu’il leur faudra faire comme Al Hoceïma pour obtenir ce qu’a obtenu Al Hoceïma… C’est-à-dire, descendre dans la rue et y rester jusqu’à devenir audible et visible.

Ce n’est certainement pas ce moteur-là que les gouvernements souhaitent à leur politique nationale, au Maroc pas plus qu’ailleurs.

Ceux qui dirigent les affaires publiques devront donc veiller à anticiper les situations de désespoir.

Aujourd’hui plus que jamais, il leur faut se mettre au service du citoyen, qui est désormais conscient de ses droits en tant que citoyen et de leurs devoirs en tant que gouvernants.

Certes, les moyens du Maroc ne sont pas infinis. Mais les citoyens savent reconnaître la compétence, la sincérité, les efforts de justice sociale, les comportements qui respectent leur dignité. De même qu’ils réalisent vite l’absence de tout ou partie de cela… Et ils ne se contentent plus d’encaisser, en silence…

Bahia Amrani

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