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Dr. Simon Mamosi Lelo, directeur général du CAFRAD

«Les gouvernements sont là pour servir les peuples»

Simon Mamosi Lelo

Pour le Dr. Simon Mamosi Lelo, directeur général du Centre Africain de Formation et de Recherche Administrative pour le Développement (CAFRAD), l’administration est là pour servir les citoyens et donner des réponses concrètes aux questions et demandes.

Où en sont les efforts de l’Afrique pour asseoir les bases d’une bonne gouvernance de l’administration publique?

Nous avons tenu à Rabat, les 10-11 juin 2013, le 9ème Forum panafricain sur la modernisation des services publics. C’était une manifestation très importante.

Dans quel contexte et pourquoi?

Vous savez, en Afrique, comme un peu partout dans le monde, les gens aspirent à plus de dignité, exigent aussi de savoir comment ils sont gouvernés, avoir accès à l’information et participer à la gestion des affaires publiques.

Que fait le CAFRAD dans ce sens?

La mission du CAFRAD est d’accompagner les Etats africains dans leurs efforts de réformes, d’innovation et de modernisation des institutions publiques et de celles de l’Etat.

Quelle thématique pour cette rencontre africaine de Rabat?

Une thématique d’actualité: créer les conditions du gouvernement ouvert dans les pays africains et permettre la mise en place d’une gouvernance ouverte ; des services publics ouverts où règne la transparence ; l’accès rapide à l’information et aux services où il y a des compétences et de la participation et où les citoyens se sentent chez eux, parce que l’administration est là pour servir et rendre service aux citoyens.

Une administration qui fonctionne et offre des réponses concrètes?

Oui. Nous avons débattu lors de ce Forum de la façon et des moyens de mettre en place ce système pour plus d’efficacité et pour répondre aux besoins des populations. Si nous exigeons aujourd’hui des services ouverts. C’est justement pour répondre aux différentes, demandes des citoyens pressantes et légitimes. Les peuples élisent les dirigeants et veulent savoir comment ils sont dirigés.

Il y a les peuples qui exigent la transparence, le savoir-faire et la bonne gouvernance… Et c’est aussi une exigence à l’international?

Absolument. Il y a aussi les partenaires internationaux. Ceux qui investissent chez-nous, en Afrique, sont en droit d’exiger de savoir comment leurs fonds et investissements sont utilisés. Donc, une gouvernance ouverte, une information disponible, une administration innovante et créative et de nouvelles approches de gestion, c’est important pour le devenir des pays africains.

Pourquoi avoir attendu tout ce temps? A-t-il fallu attendre que les peuples exercent leur pression pour aborder cette thématique?

Ce n’est pas que nous avons attendu que les peuples manifestent leur désir de bonne gouvernance. Au niveau du CAFRAD, nous nous adaptons aux réalités nationales et aussi internationales. Actuellement, le monde entier -et pas seulement l’Afrique- connaît ce que nous appelons les révolutions et les revendications. Au CAFRAD, nous nous attelons à créer les conditions des débats et de la recherche des solutions. Nous sommes donc réunis aujourd’hui dans la capitale du Maroc pour voir avec les Etats d’Afrique ce qu’il faut faire pour répondre favorablement aux demandes des populations.

Sont-elles là, ces demandes et exigences?

Non seulement elles sont là, mais elles sont aussi fondées. Il faut être ouvert et répertorier les besoins.

Y a-t-il des limites à l’accès à l’information?

Bien sûr, nous devons mesurer entre ce qu’ils appellent l’ouverture et les secrets d’Etat, entre l’ouverture et la protection de l’intérêt national, entre l’ouverture et ce que nous appelons aussi le respect des droits privés des individus.

Cela ne risque-t-il pas de limiter l’accès à l’information?

Il faut à mon humble avis trouver l’équilibre et je pense que le moment est propice pour débattre de ces problématiques qui nous interpellent.

Est-ce que l’administration publique et l’Afrique sont prêtes à ce grand débat avec tout ce que cela impose comme prise de conscience, introduction et utilisation des nouvelles technologies et des nouvelles approches de gestion?

C’est pour tout cela que nous parlons de créer les conditions nécessaires. Si nous fermons les yeux, nous ne ferons rien. En Afrique, tous les pays ne sont pas au même niveau. Cependant, il faut que chaque Etat, là où il se trouve, s’attelle à créer les conditions favorables sur les plans des technologies de l’information, des facilités de l’infrastructure et de la formation du personnel. Il faut créer les bonnes conditions.

A condition d’avoir un Etat ouvert qui donne le ton au changement, qui encourage le changement de l’état d’esprit et des pratiques des gestionnaires…

Quand on dit gouvernement ouvert, cela veut dire qu’il doit être doté et épaulé de compétences pour encourager et soutenir l’innovation recherchée, l’objectif étant, l’efficacité. Il faut que nous arrivions à mettre en œuvre des gouvernances crédibles et tout aussi efficaces.

Ne faudrait-il peut-être pas aussi mettre en place des constitutions ou amender celles qui existent pour les adapter aux nouvelles donnes?

Nous voulons que nos systèmes soient conformes aux réalités parce que les gouvernements en place sont là pour servir les peuples. Il faut qu’ils s’adaptent et collent aux réalités. Les textes devraient donc être amendés pour mieux s’adapter aux exigences.

Mais aussi au nouveau contexte…

Absolument. Aujourd’hui, nous sommes dans un nouveau contexte. Le CAFRAD aura 50 ans en 2013. Le contexte de 1960 était différent de celui d’aujourd’hui. Aussi, sommes-nous en train de voir quelles sont les nouvelles missions du CAFRAD de demain. Il faut donc adapter les règlements, les statuts, les constitutions, les pratiques aussi. Tout devra s’adapter aux nouvelles réalités. Si nous n’arrivons pas à nous adapter, nous serons dépassés.

Qu’attendez-vous du Maroc, dans cette perspective de créer les conditions de gouvernements ouverts dans les pays africains?

Le Maroc est le pays hôte du CAFRAD et de ce Forum. Nous estimons qu’il a beaucoup de choses à donner. Nous avons suivi attentivement, à travers les communications qu’il a faites, ses réalisations dans ce domaine de gouvernements ouverts. Il y a eu des débats à la hauteur, dont les Africains devront bénéficier et tirer profit.

Quelles seront les conclusions de cette rencontre africaine de Rabat?

Nous voulons que les conclusions, les résolutions et les recommandations de ce débat de haut niveau soient mises en application et qu’elles ne se limitent pas au fait d’avoir été soulevées au cours des nombreuses interactions.

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