Collecte de dons, falsification de documents… | Dr. Hassan Tazi, victime ou escroc ?

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Dr. Hassan Tazi en compagnie de son épouse

C’est une affaire qui a permis de rouvrir le débat autour de la collecte de dons et sur la réglementation des appels à la générosité publique.

Stupeur et incompréhension dans la sphère médicale au Maroc, suite à l’interpellation d’un célèbre chirurgien plasticien.  Cinq personnes en lien avec la clinique du célèbre chirurgien esthétique, Hassan Tazi, ont été interpellées début avril 2022, dans le cadre d’une grosse affaire d’escroquerie. L’épouse du médecin est également mise en cause.

De lourdes charges pèsent sur les accusés

Dans les faits, les accusés dans cette affaire, auraient tiré profit de la situation de faiblesse des victimes en commettant des actes criminels en bande organisée. Les accusations sont encore aggravées par le fait qu’elles concernent des mineurs de moins de 18 ans et souffrant de maladies. En outre, les accusés sont poursuivis pour falsification de documents commerciaux en groupe organisé, et utilisation de ces faux pour des certificats et l’augmentation des factures. Par ailleurs, ce groupe de personnes sont accusées d’avoir filmé et partagé les images de personnes sans leur consentement. Le réseau démantelé était spécialisé dans l’extorsion de fonds aux bienfaiteurs qui pensaient financer de vraies opérations chirurgicales (cœur, rein…) en faveur de malades démunis. La manœuvre visait à utiliser leurs photos à des fins de collecte de dons auprès de la communauté des bienfaiteurs. En tout cas, cette affaire troublante porte un coup dur à l’image du Dr. Tazi que l’on surnommait «médecin des pauvres». Une réputation qu’il a acquise en soignant gracieusement les patients issus des couches démunies et en mettant sa clinique à la disposition des malades atteints du Coronavirus  (Covid-19). Aux dernières nouvelles, Dr H. Tazi et son épouse, resteront en détention, malgré les demandes de liberté provisoire formulées par la défense. C’est ce qu’a décidé le juge d’instruction, jeudi 21 avril 2022.

Collecte de dons: L’Etat veut resserrer la vis

A ce jour, au Maroc, les appels à la générosité publique sont encadrés par la loi 004-71. Le texte stipule qu’il ne peut être organisé, effectué ni annoncé d’appel à la générosité publique sur la voie et dans les lieux publics ou chez les particuliers par quelques personnes et sous quelque forme que ce soit, sans autorisation du Secrétaire général du gouvernement. Le même texte précise que «par appel à la générosité publique, il faut entendre toute sollicitation adressée au public en vue d’obtenir au profit total ou partiel d’une œuvre, d’un groupement ou de tiers bénéficiaires, des fonds, des objets ou produits, par un moyen quelconque (notamment quête, collecte, souscription, vente d’insignes, fête, bal, kermesse, spectacle, audition) indépendamment des loteries qui sont régies par des textes qui leur sont propres».

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Un nouveau projet de loi régissant les opérations de collecte et de distribution des dons à des fins de bienfaisance est actuellement en discussions à la Chambre des conseillers. Présenté par le ministre de l’Intérieur, le texte vise à organiser les opérations de collecte de dons auprès du public et la distribution des aides à des fins caritatives. Il vient également combler le vide juridique dans ce domaine. Le texte oblige la partie qui organise la collecte de dons de transmettre aux pouvoirs publics, un rapport détaillé sur cette opération. Le texte précise, par ailleurs, que toute opération de collecte et de distribution de dons à des fins de bienfaisance doit être soumise à une déclaration préalable auprès du gouverneur de la préfecture ou de la province. Le projet de loi prévoit également que les dons collectés (argent ou en nature), doivent être consacrés strictement à l’objectif auquel la générosité publique a été sollicitée. Il interdit également toute opération de collecte de dons ayant pour but de réaliser des objectifs commerciaux, ou visant à promouvoir des produits, marchandises et services.

L’entraide et la solidarité sont deux qualités parmi d’autres, qui font la particularité du peuple marocain, surtout dans les situations difficiles. Profitant de cette disposition à aider, certains individus n’hésitent pas à en faire un véritable fonds de commerce, d’où la nécessité de renforcer l’arsenal juridique encadrant l’organisation des appels à la générosité publique et la distribution d’aides à des fins caritatives. En tout cas, l’affaire du Dr. Hassan Tazi est toujours devant la justice qui tranchera sur le sort de celui qui était également surnommé «star du bistouri».

M. Lourhzal

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