mardi 22 août 2017

Eté : Le temps de la réflexion sur l’état du monde

La fête du Trône au Maroc coïncide avec ce moment où, parfois, l’actualité donne le temps à un peu de recul. Ce n’est pas toujours le cas. Ce recul est de plus en plus indispensable dans un monde où tout va trop vite, notamment au niveau de l’information-communication.

Pour les Marocains, il convient de mettre en perspective leur situation propre, leurs objectifs par rapport à un contexte international instable.

La stabilité avec une volonté indiscutable de progrès dans le respect d’une forte identité, est la force du royaume.

La façon dont les troubles du Rif ont été traités dans certains pays et organes de presse prouve à quel point la marche en avant du modèle marocain est insupportable aux talibans internationaux du dénigrement du Maroc. Certes, la gestion de cette crise régionale économique et humaine n’a pas été parfaite, c’est le moins que l’on puisse écrire.

C’est aux Marocains d’en tirer les leçons sans oublier l’essentiel: les printemps auto-proclamés, fondés sur les désordres, débouchent toujours sur des lendemains d’hiver pour les libertés et la prospérité.

C’est pourquoi la stabilité du pays autour de son Roi est si insupportable aux envieux et donc indispensable.

Dans le monde arabo-musulman, le Maroc est resté une référence. Engagé dans la lutte contre Daech, Rabat a accentué son offensive diplomatique en Afrique et, dans la crise du Golfe, le royaume est incontournable pour faire baisser les tensions et éviter le scénario du pire.

Le Maroc sera consulté dans la délicate construction de l’après-«califat». Car, le problème est de reconstituer des Etats viables et acceptés par des populations diverses, en tenant compte des tensions régionales. Ce ne sera pas une mince affaire.

Et même après la fin de l’entité djihadiste, la menace terroriste ne sera pas écartée. L’axe contre le mal et pour les civilisations est agité par bien des questions. La Russie de Poutine et l’Amérique de Trump ne sont pas dans une relation apaisée, comme on le prévoyait. Un dirigeant de fer et un leader imprévisible se font face dans de nombreux dossiers. Celui de la Syrie, mais aussi celui de l’Ukraine.

On se demande également comment va évoluer le brexit britannique et l’Europe.

Mais il est une autre interrogation… qui concerne la France. Au-delà de l’exploit politique et de la fascination internationale, on peut se demander: de quoi Macron est-il le nom?

Le président français a entamé une fracture avec l’évolution des présidences de la Ve République française. Il renoue avec le caractère régalien d’une monarchie républicaine plus inspirée de Gaulle que de Hollande ou Sarkozy. Ce retour de l’apparat présidentiel plaît aux Français qui sont des révolutionnaires amoureux de l’autorité.

Mais ils ne supportent pas l’autoritarisme et la suffisance. La démission-limogeage du général de Villiers marque peut-être un tournant.

N’est pas Bonaparte qui veut et le côté premier consul du président dit jupitérien peut vite lui porter tort. Il n’en reste pas moins que le président français a su s’imposer et, surtout, imposer l’image d’une présidence française nouvelle dans le concert international. On s’en est rendu compte avec sa participation aux différents sommets, ses rapports avec Angela Merkel, ses premiers contacts réussis avec Trump et Poutine.

Macron, c’est sûr, veut imposer une certaine idée de la France qu’il prétend physiquement incarner. Mais sa France n’est plus celle des rois, de Bonaparte et même de De Gaulle.

La stratégie de l’image permet, cependant, de donner le change et le président français est un grand communiquant. Grand mais jeune, ce qui, parfois, lui fait commettre des erreurs.

L’été fera sans doute oublier le faux pas vis à vis du général de Villiers, mais le président sera face aux réalités sociales, fiscales et internationales.

Enfin, dernier point et non des moindres: il se méfie à juste titre des médias et tient les journalistes à l’écart. La presse, cependant, a fait beaucoup pour son élection et la macronmania, ça grince donc fort dans certaines rédactions.

Quand on joue la stratégie de l’image et de la communication, il n’est pas facile, ni prudent de repousser du pied la pirogue médiatique qui vous a permis de traverser le fleuve où rodent les crocodiles.

Patrice Zehr

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