dimanche 22 octobre 2017

Boko Haram : Contre-offensive

Boko haram milices

En l’espace de quelques jours, «l’Etat islamique [EI]-wilaya d’Afrique de l’Ouest», nouveau nom de Boko Haram depuis son allégeance en mars à l’EI, a démontré sa résilience après les offensives des armées de la région, en lançant trois attaques dans autant de pays différents: Nigeria, Tchad et Niger.
Cette intervention, coordonnée avec les armées du Tchad, du Cameroun et du Nigeria, a certes permis de chasser la secte islamiste des principales villes qu’elle occupait au nord du Nigeria et de briser son rêve de califat. Mais le groupe, bien qu’affaibli, constitue toujours une redoutable menace régionale pour les pays riverains du lac Tchad. Courant juin, Niamey a d’ailleurs demandé aux habitants des quelque 150 îles du lac de quitter la région, devenue une zone de repli des djihadistes, provoquant le brusque afflux de 50.000 personnes déplacées au Niger. En attaquant aussi le Tchad, qui se trouve en première ligne sur le front anti-Boko Haram au Nigeria, la secte a confirmé sa capacité à exporter la terreur par le biais d’attentats-suicides. Le nouveau président nigérian, Muhammadu Buhari, a érigé en priorité la lutte contre Boko Haram. «Pour le moment, nous notons un changement de discours très net par rapport à son prédécesseur, mais nous ne constatons pas encore de changement sur le terrain où nous sommes déployés», regrettait M. Massaoudou, ministre nigérien de l’Intérieur.

La mise en place, prochainement à N’Djamena, de la force de la Commission du bassin du lac Tchad devrait améliorer la coordination entre les différents contingents et leur efficacité sur le terrain.
En attendant, la secte a ainsi multiplié les attaques depuis l’entrée en fonction de M. Buhari, faisant près de 580 victimes au Nigeria, selon un décompte de l’AFP. «Ce sera une lutte de longue haleine, une guerre asymétrique dans laquelle ils attaquent les villages par petits groupes, tuent tout le monde et disparaissent», avertissait le ministre de l’intérieur nigérien. Au total, l’insurrection et sa répression ont fait au moins 15.000 morts depuis 2009 et plus de 1,5 million de déplacés.

Patrice Zehr

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