
Le projet de budget du ministère de l’Intérieur au titre de l’année 2027 vise à accélérer la dynamique du développement humain et territorial dans toutes ses dimensions, a affirmé, jeudi à la Chambre des représentants, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit.
Lors de la présentation de ce projet devant la Commission de l’Intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat, de la politique de la ville et des affaires administratives, M. Laftit a précisé que ce budget s’inscrit dans le cadre des grandes orientations du programme gouvernemental et des perspectives qu’il dessine, à la lumière des Hautes Orientations Royales visant le renforcement de la souveraineté stratégique dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de l’alimentation et du numérique, ainsi que l’accélération de la mise en œuvre de la régionalisation avancée et de la déconcentration administrative.
Doté d’une enveloppe budgétaire globale de 58,7 milliards de dirhams, ce budget ambitionne également de mettre en œuvre la nouvelle génération de programmes de développement intégré, tout en poursuivant les réformes institutionnelles, les chantiers et les projets de modernisation engagés par le Royaume au cours des dernières années, a-t-il ajouté.
Dans ce cadre, M. Laftit a souligné que le ministère poursuit ses efforts en vue de mettre en œuvre les mesures juridiques et institutionnelles relatives à la régionalisation avancée, d’apporter un appui financier et technique aux instances territoriales et de développer les méthodes de gestion et de gouvernance territoriales.
Ces efforts portent également sur la généralisation des mesures et des mécanismes opérationnels liés à la déconcentration administrative, en vue de poursuivre le transfert progressif des compétences et du pouvoir décisionnel vers l’échelon territorial, a-t-il poursuivi.
S’agissant de l’accompagnement législatif de la mise en œuvre des programmes de développement territorial intégré, le ministre a indiqué que la loi organique relative aux régions a été modifiée afin de clarifier et de redistribuer les compétences propres et partagées de la région, tout en mettant l’accent sur son rôle en tant que principal moteur du développement économique.
Cette réforme a également constitué une occasion de renforcer les capacités financières des régions, à travers le relèvement du plafond des transferts financiers de l’État vers leurs budgets, qui passe de 10 à 12 milliards de dirhams par an à partir de 2027, a-t-il relevé.
Par ailleurs, le ministre a fait état du bilan positif des quatre programmes de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) à fin juin dernier, qui a notamment permis de déployer le programme de rattrapage des déficits en matière d’infrastructures et de services de base dans les territoires les moins équipés, grâce à la programmation d’une enveloppe globale d’environ 698 millions de dirhams dans les domaines liés aux structures sociales de base.
Il a également indiqué que l’accompagnement des personnes en situation de précarité a mobilisé une enveloppe globale de 500 millions de dirhams au profit des catégories ciblées, notamment les enfants abandonnés, les enfants de la rue, les jeunes sans-abri, les personnes en situation de handicap, les femmes en situation de précarité et les personnes âgées sans ressources.
En outre, 3.295 jeunes, filles et garçons, ont bénéficié de formations, tandis que 828 autres ont été accompagnés dans le cadre de programmes d’insertion professionnelle, a-t-il rappelé.
Concernant la valorisation des terres collectives au service du développement économique et social, le responsable a fait état de l’actualisation de la stratégie ministérielle pour la période 2026-2030, à même de soutenir les projets générateurs de revenus et de favoriser la création d’emplois, en mettant l’accent sur les jeunes et les femmes, ainsi que sur le renforcement des capacités.
Dans ce cadre, 340 projets et activités génératrices de revenus ont été programmés au titre de l’année 2026, au profit de 26.500 membres des communautés soulaliyates, a-t-il précisé.
Par ailleurs, le ministère poursuit la mise en œuvre de plusieurs projets de dématérialisation des procédures et formalités administratives au niveau des collectivités territoriales, dans le cadre des efforts visant à moderniser les modes de gestion et à renforcer la gouvernance, a-t-il fait savoir, ajoutant que ces initiatives ont pour objectif de simplifier l’accès des citoyens et des entreprises aux services administratifs et d’en réduire les délais de traitement.
Le ministre a également passé en revue les efforts déployés en matière de gouvernance sécuritaire, soulignant que la préservation de la sécurité et de la stabilité du Royaume, ainsi que la protection des citoyennes et des citoyens et de leurs biens, constituent une responsabilité fondamentale du ministère de l’Intérieur, assumée avec tout le sérieux et l’engagement requis, conformément aux Hautes Orientations Royales.
Il a, en outre, souligné que « la stabilité, la quiétude ainsi que le plein exercice des droits politiques, économiques et sociaux dont jouit le Royaume sont le fruit d’un travail soutenu, d’une vigilance constante et d’une mobilisation continue sur le terrain ».
Il a fait observer, dans ce sens, que « cette stabilité, aussi solides que soient ses fondements, ne signifie nullement la disparition des menaces », insistant sur le fait que la stabilité constitue une responsabilité collective et un acquis à consolider en permanence.
Le ministre a, à cet égard, averti que « la menace terroriste demeure persistante et requiert le maintien du plus haut niveau de vigilance, dans la mesure où l’absence d’actes terroristes ne saurait être synonyme d’absence de desseins visant à attenter à la sécurité du Maroc ».
Dans ce contexte, M. Laftit a expliqué que l’approche adoptée par les services du ministère de l’Intérieur repose sur une démarche proactive vis-à-vis des risques, avant qu’ils ne se concrétisent par des actes susceptibles de menacer la sécurité des personnes ou des installations, dans le strict respect de la loi et sous la supervision des autorités judiciaires compétentes.
Il a souligné que le sentiment de sécurité occupe une place centrale dans l’action du ministère, à travers la maîtrise des phénomènes criminels, le renforcement de l’efficacité des interventions sécuritaires, la consolidation de la proximité avec les citoyens et la célérité dans le traitement de leurs plaintes et préoccupations.
LR/MAP
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