Forum “Africa Forward” | L’industrie, un des piliers de la transformation économique au Maroc (M. Akhannouch)

Forum “Africa Forward” | L’industrie, un des piliers de la transformation économique au Maroc (M. Akhannouch)

Le Maroc, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a fait de l’industrie l’un des piliers centraux de sa transformation économique, a souligné, mardi à Nairobi, le Chef du gouvernement, M. Aziz Akhannouch.

Intervenant lors d’un Panel sur l’Architecture Financière organisé dans le cadre du Sommet “Africa Forward” en présence du président kényan, William Ruto et de son homologue français, Emmanuel Macron, de chefs d’État et de gouvernement africains, du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres ainsi que de présidents d’institutions internationales, M. Akhannouch a souligné que cette dynamique s’est traduite par une progression significative des exportations industrielles, une performance qui repose sur des filières structurées, notamment l’automobile et l’aéronautique.

M. Akhannouch a fait savoir que le Maroc se positionne également sur les industries de la prochaine décennie : batteries, hydrogène vert et valorisation industrielle des ressources naturelles, notant que cette expérience nourrit une conviction forte selon laquelle l’Afrique doit être regardée comme un continent d’opportunités, de solutions et d’investissement.

Et le Chef du gouvernement de souligner que pour transformer ce potentiel en puissance industrielle, quatre priorités apparaissent essentielles, à savoir, en premier lieu, le libre-échange qui s’avère plus nécessaire que jamais pour défendre l’ouverture, la coopération et les accords entre les nations.

Dans ce sillage, il a cité les accords du Maroc avec l’Union européenne, les États-Unis et l’Afrique à travers la ZLECAf, notant que le potentiel africain reste largement inexploité avec un commerce intra-africain qui ne représente que 16% des échanges, contre près de 60 % en Asie et en Europe. L’opérationnalisation effective de la ZLECAf est donc une condition majeure de l’industrialisation du continent, a-t-il dit.

La deuxième priorité est l’alignement productif avec les atouts naturels de chaque pays. Le continent dispose d’une jeunesse exceptionnelle, avec un âge médian d’environ 19 ans, et plus de 620 millions de personnes appelées à entrer sur le marché du travail d’ici 2050, a fait savoir le Chef du gouvernement, notant que l’Afrique dispose d’environ 60 % des meilleures ressources solaires mondiales, mais ne représente encore qu’environ 1% de la capacité solaire photovoltaïque installée.

Le chef du gouvernement a mis en avant la responsabilité collective de former les talents, de transformer localement les ressources et d’accélérer la production d’énergies renouvelables, du solaire à l’hydrogène vert, afin que l’Afrique ne soit plus seulement un fournisseur de matières premières, mais un acteur industriel de premier plan.

En ce qui concerne la troisième priorité, celle-ci se rapporte à l’amélioration des conditions d’accueil de l’investissement. M. Akhannouch a noté, à cet égard, que l’industrie ne se développe durablement que si elle s’appuie sur des infrastructures solides, une énergie compétitive, une logistique performante et un climat des affaires lisible, mettant en avant l’expérience pionnière du Maroc dans ce sens.

Le Royaume qui a déjà porté les énergies renouvelables à plus de 46 % du mix électrique en 2025, a lancé la première ligne à grande vitesse du continent africain et a consolidé Tanger Med comme plateforme industrielle et logistique majeure, a fait savoir M. Akhannouch, indiquant que cette dynamique s’accompagne de réformes structurantes à savoir: la réforme fiscale, la mobilisation du foncier, la déconcentration, la simplification des procédures ainsi que la réforme des marchés publics.

La quatrième priorité, a-t-il poursuivi, se rapporte à l’accès au financement dans la mesure où l’industrialisation suppose un secteur bancaire solide, capable d’accompagner les PME, les entreprises industrielles et les projets structurants ainsi que l’accès à des ressources de financement supplémentaires, conditionnées par un rating adéquat au niveau international reflétant le niveau de risque réel des projets industriels du continent.

Au Maroc, le financement des projets industriels est renforcé par la nouvelle Charte de l’investissement, ainsi que par le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, qui mobilisent le capital public comme levier de confiance, de partage du risque et d’attraction du capital privé, a fait observer M. Akhannouch.

Fidèle à son engagement pour une nouvelle approche internationale de développement, le Maroc souscrit à l’esprit et au contenu de l’appel à l’action, ainsi qu’à la déclaration conjointe sanctionnant les travaux de ce sommet comme une nouvelle feuille de route en faveur d’une approche de développement renouvelée et solidaire envers le continent africain, a-t-il soutenu.

Le Sommet “Africa Forward” réunit plusieurs chefs d’État et de gouvernement autour des perspectives de renforcement des partenariats entre l’Afrique et la France.

Les travaux de ce sommet portent notamment sur la promotion de partenariats équilibrés et concrets, avec un accent particulier sur les investissements croisés, le développement économique, la formation et les réponses communes aux défis globaux.

LR/MAP

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